‹ Mathilde, ou, Les anglais en ItalieChapitre 35 sur 88 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

flatteries , et en lui faisant des complimens moins voilés, qu'elle n'aurait osé le risquer, si elle ne s'était pas assurée combien son goût était peu délicat sur ces matières.

^ Comme sir James ne pouvait s'empêcher de reconnaître qu'il serait entièrement contraire à l'hospitalité de laisser lord Ormsby seul dans de semblables circonstances, et qu'il pourrait être accusé d'ingratitude , l'expédient qui se présenta naturellement à son esprit et à celui de son amie, mistriss Mechlin, fut que Mathilde resterait pour lui tenir compagnie. Notre héroïne s'opposa d'abord à ceprojet par un sentiment, qui paraîtra peutêtre singulier aux yeux du monde, et qui certainement prouvait, qu'il se

passait en eliequelquechosed'exlraordinaire. Cependant, à la lin , un peu piquée contre mistriss Mechlin qui lui donna à entendre d'une manière fort douce, mais pourtant très-claire, qu'ils pouvaient bien tous deux se passer d'elle, et touchée du triste état d'Ormsby, elle se trouva presqu'involontairernent engagée à rendre des soins journaliers, et à prodiguer les attentions les plus tendres dont le cœur d'une femme soit capable , à celui , qu'elle voyait avec effroi que la maladie et les souffrances rendaient plus dangereux pour elle et plus intéressant à ses yeux.

Cette manière de vivre durait depuis plusieur jours quand iady Ormsby et Emilie arrivèrent : il y avait

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