‹ Mathilde, ou, Les anglais en ItalieChapitre 39 sur 88 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

rne reprocher, quan t aux principesque j'ai tâché de vous donner, peut-être n'ai-je pas été exempte de blâme pour avoir montré trop d'indulgence dans quelques occasions. Je croyais bien faire $ mais, sans m'en douter moimême, il y avait peut-être un peu de personnalité dans ma conduite. Le désir le plus cher de mon cœur était de pouvoir, avant la fin de mes jours, voir l'union de deux êtres qui me sont presqu 'également chers, et qui semblaient formés l'un pour l'autre. ?»

Mathilde ne répondit rien , et n'osa même lever ses yeux qu'elle avait fixés vers la terre $ mais quelques larmes amères, qui s'échappaient le long de ses joues brûlantes , étaient des preuves muettes de la durée d'un

T. III. A

sentiment qui n'était pas effacé de son cœur.

Lady Ormsby, sans avoir l'air de remarquer l'émotion de Mathilde, lui serra tendrement la main, et continua ainsi : ce J'avoue que j'ai pu manquer de prudence quand j'ai encouragé une affection qui pouvait être pour tous deux (comme la suite ne l'a que trop prouvé) une source d'infortune, au lieu d'une source de félicité $ mais je vous paraîtrai peut-être plus excusable quand je vous dirai que j'avais connu moi-même tout le charme du bonheur domestique. 1) est vrai que ces heureux instans furent courts: il y a long- temps que j'ai perdu celui qui embellissait mon existence. Toutes mes jouissances ici-bas

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