‹ Mathilde, ou, Les anglais en ItalieChapitre 42 sur 88 · chapitre iy · texte numérisé non relu

chapitre iy

nous quitter! Je suis sûre qu'il ne s'est pas dit un mot entre nous, que vous n'eussiez pu entendre; que nous n'avons pas exprimé un sentiment que vous puissiez désapprouver.»

— «Demandez à votre cœur , reprit lady Ormsby , si vous pouvez risquer ainsi de répondre des senti mens qu'il éprouve. Cependant vos paroles et vosactions sont innocentes ; mais vos pensées le sont-elles autant?

Cette excessive répugnance que vous avez à quitter Auguste ne prouve-t-elle pas que vous vous laissez al 1er pour lui à une préférence qui est incompatible avec vos devoirs d'épouse?»

— « D'épouse I dit Mathilde:

oui ! je suis épouse ! et tout ce que j'ai déjà souffert, tout ce que je souf-

jS MATHILDE.

fi irai désormais ne sera que la juste punition de celle qui , ayant aimé Auguste Arlingfort, a pu devenir la femme d'un autre. Pardonnez-moi, chère lady Ormsby, ajouta-i-elle en se reprenant tout à coup, j'ai grand tort de vous parler ainsi. Je n'ai pas le droit de me plaindre des conséquences de mes propres folies. Mais vous ne pouvez savoir toute la peine que j'ai ressentie, avant de me résoudre à trahir la foi que j'avais jurée à Auguste, et à faire mon propre malheur. La certitude qu'on m'avait donnée à dessein de sa prétendue in fidélité, le mécontentement de mon unique parent, l'absence de mes véritables amis, et l'adresse insidieuse d'une personne qui cachait ses prc-

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