CHAPITRE IV
goûts, je partageai tous ses plaisirs sans négliger aucun de mes devoirs, jusqu'à ce que je fusse parvenue à obtenir sa confiance , et que j'eusse réussi à lui prouver qu'il n'était pas incompatible d'être à la fois gai et vertueux. Enfin , il prit, par degré , plus d'assurance et de confiance dans la religion ; et lorsque parvenue au comble du bouheur, une fièvre cruelle vint tout à coup me priver de sa présence adorée, j'eus au moins la consolation de penser que, grâce à mes efforts , son âme était aussi bien préparée pour sa fin prématurée, qu'aucun de nous, faibles mortels que nous sommes, pouvons oser y prétendre pour nousmêmes, ou l'espérer pour les autres !
Cette idée seule a pu me soutenir pen°
dant le triste pèlerinage qui succéda pour moi, aux courts instans de bonheur qu'il me fut permis de goûter $ et je la dois , je le répète encore , aux bienfaits de l'éducation religieuse que j'ai reçue depuis mon enfance. Cet avantage vous a été refusé, et j'avoue que., lorsque je considère les difficultés particulières que vous avez à vaincre dans votre union , la passion ardente d'Ormsby pour vous, et l'extrême tendresse qui remplit vos cœurs l'un pour l'autre, je tremble pour mes enfans. »
— « Oh ! chère lady Ormsby, dit Malhilde , ne croyez pas que je puisse jamais me rendre indigne de vous et d' Emilie.»
— « Ma bonne , ma tendre fdle ,