CHAPITRE V
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CHÀPÏTJRE V.
C'était avec trop de raison que lady Ormsby avait prévu les dangers sans cesse renaissans de la situation de sa jeune amie. A mesure qu'Auguste se rétablissait, il devenait de plus en plus difficile à Mathilde de voir, sans en être émue, l'expression plus vive et plus tendre de ces yeux qui semblaient ne s'ouvrir de nouveau à la lumière que pour se fixer
sur elle, ou d'entendre, sans en être touchée , les sons plus affermis de cette voix mélodieuse , qui ne paraissaient reprendre quelque force que pour ajouter à l'ardeur de ses paroles passionnées. 11 était bien cruel de renoncer à tout cela, pour retrouver la mauvaise humeur de celui qu'elle devait seul écouter avec plaisir, ou le regard insignifiant de ce visage immobile, le seul qu'elle dût contempler avec amour.
Le rêve de bonheur auquel Mathiide et Ormsby se livraient, en ce moment, était délicieux ; cependant ils n'osaient jamais s'en rappeler l'origine, ni en prévoir la fin. Mais ils devaient être bientôt réveillés de ce songe enchanteur par la chose même