CHAPITRE V
teur, elle ne crut pas nécessaire de chercher quelquçobjeclion imaginaire pour s'opposer à un arrangement pour lequel on ne lui avait pas demandé son opinion j ils se rendirent donc aux jardins de Pamphyli Doria , et ils eurent le loisir de rester seuls ensemble pendant très-long temps, le dernier jour où il leur était encore donné de jouir, sans contrainte, de cette intimité à laquelle les circonstances leur avaient permis, depuis quelques semaines, de se livrer.
Non-seulement le temps et le lieu semblaient particulièrement en harmonie avec leurs sentimens mutuels, mais ils pouvaient aussi être remblême des dangers cachés de leur situation. Pendant ces jours délicieux,
g2 3IATIIILDE.
où la nature elle-même paraît nouvelle; dans cette terre de prédilection , dont nous sommes portés â croire que les solitudes enchantées nous séparent entièrement des maux et des misères de ce monde , un brillant soleil vient nous séduire et nous donner le désir d'y rester le plus longtemps possible; et nous oublions tout, excepté le plaisir présent. Mais, hélas ! un poison mortel s'exhale de ce souffle embaumé qui semble ne nous apporter que l'amour; et la destruction secachesousces fleurs naissantes qui ne nous présentent que de douces et séduisantes images.
Mathildeet Ormsby s'étaient rendus près d'une de ces fontaines solitaires qui embellisent plusieurs des