‹ Mathilde, ou, Les anglais en ItalieChapitre 50 sur 88 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

délicieux poinis de vue de ces jardin»» Jamais Mathilde n'avait paru plus charmante aux yeux de son amant.

Le simple vêtement que le goût du statuaire lui avait fait choisir pour sa séauce, semblait ajouter une grâce toute nouvelle à ses formes parfaites-; tandis que, se livrant sans contrainte aux plus doux senlimens de son cœur, ses traits angéliques avaient pris l'expression de la tendresse la plus innocente; mais, lorsqu'elle leva les yeux vers celui qui occupait toutes ses pensées, et rencontra son regard passionné, elle se sentit tout à coup frappée du changement que sa cruelle maladie avait produit sur son beau et mâle visage, Elle fut distraite des douces jouissan-

ces que lui procurait leur réunion actuelle, pour se rappeler avec plus de force, que si, depuis quelque temps ils avaient eu de nombreuses occasions de se voir, on ne pouvait en attribuer la cause qu'aux souffrances et au danger d'Orsmbyj et, en regardant ses joues pâles et ses yeux éteints, elle vit bien que les traces du funeste accident qui leur avait procuré Un plaisir passager, devaient survivre long-temps aux avantages qu'ils avaient tirés tous deux d'un si triste événement.

Touchée de ces réflexions , elle s'appuya sur la balustrade de marbre ; et^ détournant sa tête pour tâcher de se remettre un peu, quelques larmes qu'elle voulait en vain retenir, s'é-

Page 1