‹ Mathilde, ou, Les anglais en ItalieChapitre 51 sur 88 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

chappèrent de ses beaux yeux, et vinrent se mêler aux eaux de la cha limante fontaine, au-dessus de laquelle elle était placée.

Ni celte agitation , ni les efforts qu'elle fit pour la cacher, ne furent perdus pour Ormsby , et il lui dit , en lui serrant doucement la main, et en s 'avançant comme pour saisir l'exprès • siondeses traits, qu'elleessayait encore de lui dérober : c Ma ihilde peut-elle chercher de la sympathie à ses chagrins dans ces eaux bouillonnantes, et refuser sa confiance à celui dont elle ne peut prendre le silence pour de l'insensibilité? *>

Elle ne lui répondit qu'en tournant vers lui ses yeux humides, et, appuyant sa tète sur le bras d'Ormsby,

pJ MATHILIJE,

elle pleura amèrement: son amant, ne pouvant se contenir plus longtemps, s'ëcria :

« Chère Mathilde ! toute réserve est désormais impossible; ne croyez pas que j'aie pu rester témoin d'un malheur que vous méritez si peu , sans en être louché. Celui qui vous adore, celui qui sent le prix de tous ces charmes, dont l'imagination la plus vive croirait à peine la réunion possible , pourrait-il donc, de sang- froid, les voir profanés par un être aussi incapable de sentir leur valeur, qu'il est indigne de les avoir plus long-temps en son pouvoir ï Quand je croyais que toutes les peines de l'absence n'étaient senties que par moi, je supportais en silence le lourd fardeau de mon in-

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