CHAPITRE VIII. l5û
qui a tout sacrifié à celui qu'elle aime , qui , d'après le parti qu'elle a pris volontairement , ne peut plus vivre dans la société, ni supporter la solitude , qui est évitée par les autres et qui s'évite ellemême | une femme qui a éprouvé un tel malheur doit être attachée à celui qui est devenu tout pour elle , par un lien bien plus fort que ceux qui unissent ordinairement les personnes mariées. Une épouse vertueuse fait le bonheur de celui dont la position est la plus brillante, et devient sa consolation s'il est obligé de vivre dans la retraite 3 mais une compagne déchue nous force à abandonner tous les plaisirs et une partie des devoirs de la vie active. Les
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obligations con tradictoires de son protecteur envers elle, sont telles qu'il lui est presqu'im possible de les remplir toutes également bien ; elle doit être tout pour lui , ou il vaudrait mieux pour elle qu'il ne lui fut rien. Malhilde, jusqu'à ce moment, avait été tout pour Ormsbyj mais lorsqu'en ouvrant le paquet de lettres, ses devoirs envers ia société se présentèrent à- la- fois devant ses yeux, qu'il ne put méconnaître les droits que le monde avait sur lui, et l'impossibilité où sa situation présente le mettait de remplir les obligations qu'il lui imposait, sa tranquillité et le bonheur dont il jouissait, et qui était dû en grande partie A l'oubli de tout ce qui n'était pas sa félicité ac-