‹ Mathurin RégnierChapitre 4 sur 9 · UN PO ET I BEAU CE HON · texte numérisé non relu

UN PO ET I BEAU CE HON

Tellement le premier au cabaret de la Pomme de Pin, et s'est installé avec le second à l'abbaye de Thélème, où il a compromis sa muse sans songer à mal. Il a péché en somme par oubli plutôt que par calcul, et cette naïveté seule est la révélation d'un caractère. Ajoutez qu'il ne brave jamais l'honnêteté; il l'ignore seulement, et la faute en est bien un peu à son siècle, dont la moralité est fort contestable : on ne revient pas à l'adoration de la nature sans lui sacrifier quelque peu les convenances. Mais ce relâchement n'est pas seulement dans les mœurs ; il est partout dans les écrits du temps. Les écrivains en tous genres semblent s'accorder avec Régnier pour

Sçavoir que le bon vin ne peut être sans lie...

Régnier, d'ailleurs, a senti la pente dangereuse sur laquelle il glissait, et avec sa sincérité ordinaire, il n'a pas craint de nous faire les aveux les plus sincères, mais qui par leur franchise même attestent une fois de plus son inconscience du mal. Il se déclare donc coupable, mais, par une déplorable faiblesse de caractère, il affirme aussi qu'il est impénitent et incapable de mettre fin aux désordres de sa vie. Sans doute, il a parfois de fugitifs accents de repentir, mais ne sont-ils pas les cris d'angoisse d'un malade mortellement atteint, plutôt que les larmes d'un cœur résolu à guérir?

Aussi, quelque sévérité que mérite la faiblesse morale de Régnier, un peut lui pardonner beaucoup.

MATHURIN Kl

parce qui! a eu au plus haut point trois qui qu'on trouve rarement réunies dans le même homme: la fierté, l'indépendance et la franchise du caractère.

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