Regnier, Satire IT, 115 et suiv.; éd. Courbet, p
“par exemple ceux d’« art », de « talent », d’ « habileté », et l’on fait un si étrange abus de ce terme
. qu'il n’est crocheteur ny courtault de boutique Qui n'estime à vertu l'art où sa main s’aplique, Et qui, paraphrasant sa gloire et son renom, Entre les vertueux ne veuille avoir du nom.
De là la nécessilé de distinguer les diese vertus et l'habitude d’en donner des définitions. L'ami de Regnier n'y manque pas :
Il vint à definir que c’estoit qu'Amitié
Et tant d’autres Vertus que c’en estoit pitié; Mais il ne definit, tant il estoit novice,
Que l’Indiscrétion est un si facheux vice
Que ?
Plus novice encore, le baron de Fœneste ne saurait définir quoi que ce soit. Il se vante de discourir de la vertu tout comme un autre; mais quand on lui demaude si les vertus dont il discourt sont morales ou intellectuelles « j’ay vien ouy dire ces mouts là », répond-il; puis, éludant aussitôt la question et se tirant avec adresse de ce mauvais pas : « Bous boulez saboir de quoi sont nos discours : ils sont des duels ». Pour ce Gascon, la seule vertu est la valeur, et l'honneur la seule divinité.
L'honneur! les gentilshommes l'avaient toujours adoré en France; mais jamais ils n’en avaient observé le culte