‹ Mathurin RegnierChapitre 110 sur 168 · Regnier, Satire IV, vers 144; Satire IT, vers 49 et · texte numérisé non relu

Regnier, Satire IV, vers 144; Satire IT, vers 49 et

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déjà les rires des passants le signalent à votre allenlion; tout le monde se retourne en le voyant aller « l'œil farouche et l'esprit à l'abandon », marmotlant des mots “entre ses dents et grimaçant comme quelqu'un « qui a la colique ». Le voici près de vous : il n’a ni souliers, ni ceinture, ni cordons; son rabat est sale et sa chausse rompuc; son pourpoint ne lui va qu’au coude; ses grègucs ne lui vont qu'aux genoux; sa pauvre mince et sa bizarre démarche lui servent de signalement :

Sans demander son nom, on le peut recognoistre; Car si ce n'est un Poële, au moins il le veut cstre !,.

Mais pour pou qu'il vous connaisse, ne vous arrêlez pas à le contempler; fuyez avant qu'il ne vous ait aperçu; autrement il vous accostera « comme une personne ivre », el, vous donnant aussitôt le titre de son poème, le nom

des criliques qui en ont parlé et surtout l'adresse de son éditeur, 1l

Vous dira pour bonjour : « Monsieur, je fais des livres; On les vent au Palais et les doctes du tans A les lire amusez n’ont autre passetans ? ».

Et dès lors vous serez prisonnier du monsieur; impossible de lui échapper, ni de le renvoyer : il faudra vous résigner à l'emmener chez vous. Que dis-je? C'est lui qui vous y conduira, lui qui commandera qu'on serve votre diner, qui vous priera de vous asscoir à volre table, et il s’y installera le « premier » avec la majesté d'un « prélat »: un poèle, comme un roi, se croit partout chez FN Et là, « le caquet lui manquant », il « discourra des dents, semblera avoir des yeux regret au demeurant », nil encore à boire après avoir bu le coup de grâce; puis, promenant

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