‹ Mathurin RegnierChapitre 112 sur 168 · Salire II, vers 163 et suiv · texte numérisé non relu

Salire II, vers 163 et suiv

des dieux », de « compagnon de Minerve », et vous forcera enfin à lui concéder qu'il est une des « lumières de la France’ ». Aussi trouve-t-il « honteux » que le roi ne lui donne rien. Les temps sont bien changés, ajoutera-t-1l; Ronsard et du Bellay ont eu du bien, la muse de Desportes lui a donné une bonne table et dix mille écus de rente; mais l'ingrat siècle où nous sommes, aussi hostile au talent qu’à la vaillance,

Au pris de la vertu n’estime point les hommes?,

et nous laisse mourir à l'hôpital, après nous avoir contraints de vivre au cabaret et dans les mauvais lieux!

C’est, en effet, dans un de ces deux endroits que les poètes d'alors sont le plus souvent réunis; et ce qu'ils y font, ce qu'ils y disent, c’est encore Regnier qui vous l’expliquera, si toutefois vous complétez ses Satires par les différentes pièces de lui et de ses amis qu’on a recueillies dans les éditions successives du Cabinet satyrique. Voulez-vous assister aux repas que ces poètes font en commun à la Pomme de Pin? Regnier les a excellemment décrits en un seul vers : il les compare aux festins des moineaux, où les convives s’affament les uns les autres*. Désirez-vous entendre les propos qu’ils échangent? Ils sont aisés à deviner d’après un vers de la Satire IV : ils consistent à faire librement ce que Regnier n’ose faire en ce passage, « gloser les humeurs de dame Frédégonde‘ » et de la « divine Macette »; et avec quelle propriété de termes ils savent en parler, c’est ce que vous apprendra la première pièce venue des Muses gaillardes. Êtes-vous curieux de savoir comment ils vident leurs querelles? Le Combat de

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