Réponse, pièce imprimée dans les Muses gaillardes
sa musc', Regnier composa pour Henri IV toutes les. Élégies qui lui Hoi demandées; et ces Élégies tendaient à faire tout ce que le poète réprouvait autrefois avec tant de verve : « à détourner la foi » de quelque grande dame; à lui « montrer par vives raisons comme Amour fait les grandes maisons », et, « pour le faire court », à lui
Prouver quil n’est rien tel qu'aymer le roi de France ?
Regnier n’était-il donc pas sincère lorsqu'il refusait au début de sa vie une mission qu'il devait accepter-à la fin? Certainement si. Mais l'expérience lui avait appris qu’en voulant montrer «trop de cœur », un poète s’exposait à n'obtenir jamais ni pension, ni abbaye, ni cadeaux, ni honneurs, ni compliments du prince et de ses courtisans:
Dans une société dont l'élite affichait sa corruplion avec autant de cynisme, l’hypocrisie de la religion était-elle pos-. sible? On l'a nié. « Le seul vice que Regnier ait attaqué avec un peu de vigueur, écrit un crilique, est aussi le seul dont on ne trouve aucune trace de son temps *. » Voilà qui est bientôt dit. J'ai peine sans doute à me représenter Tartufe vivant à la cour dévergondée de Fontainebleau : le blasphème, le jeu, le liberlinage, et même la sodomie, y régnaient, d'après L'Estoile, si effrontément, que les prédicateurs n'osaient faire aucune remontrance au roi, de peur qu’on ne leur interdit la parole ‘. Mais à Paris, encore que bien des gens, surtout parmi les financiers et les