‹ Mathurin RegnierChapitre 115 sur 168 · Satire · texte numérisé non relu

Satire

2, Satire. III, vers 121,132, 140.

3. Doumic, Histoire de la lilléralure française (Paris, Delaplanc), p. 203. 4. L’Estoile, Journal, décembre 160$, éd. de la Librairie des pi

t, IX, p. 187,

magistrats, suivissent les exemples. que donnaient Îles princes et les gentilshommes, on avait conservé les habibitudes de piété contractées pendant la Ligue. Jamais le peuple ne fut plus avide de sermons, ni plus assidu aux processions; jamais il ne dépensa plus d'argent en cierges, médailles, chapelets et feuilles dévotes venues de Rome; et jamais on ne vit tant de fils et filles de bonne maison bourgeoise s’interner dans des. couvents austères ‘. Quand don Pèdre de Tolède vint en France à la fin de 1608, il admira moins la beauté des édifices de Paris que la dévotion des fidèles qui se pressaient dans l’église des Cordeliers et il déclara qu’à l’ombre des clochers français il se sentait devenir homme de bien?. Serait-il vraisemblable que l'hypocrisie n’eùt pas germé quelquefois dans un sol si bien préparé pour elle? Non, sans doute, et L'Estoile, qui ne tarit pas sur les vices honteux de la cour, accuse formellement, et à plusieurs reprises, ses contemporains de bigotisme. Haïssant les sottes dévotions chez les autres, écrit-il le 28 mars 1610, je ne puis les aimer chez mes enfants et « je crains fort la tache de la superstition en ce temps plus hipocrite que religieux * ». Au reste, aussitôt après la mort du roi, cette épidémie de fausse piété gagna la cour. Il y eut alors une révolution dans les mœurs comme dans la littérature. La poussée de la sève gauloise avait été si forte pendant vingt ans que, écœurés par la grossièreté de leurs devanciers, les écrivains du règne de Louis XIII tombèrent dans tous les excès de la préciosité. Par une réaction semblable, la dévotion et l'hypocrisie à sa suite succédèrent naturellement au libertinage; et dix ans après la Satire XIII de Regnier, écrite du reste, elle aussi, après la mort de

1. L’Estoile, Journal, octobre 1606, éd. de la Librairie des bibliophiles, t. VIII, p. 249.

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