L’Estoile, éd. citée, t. VIII, -p
3. L’Estoile, 30 août 1608, éd. citée, t. IX, p. 122. Voir dans les Caquets de l’accouchée, 2° journée (éd. Fournier, p. 114), un récit piquant de fètes de la canonisation de la mère Thérèse.
4. « Estant de retour de Rome il apporta à Paris des indulgences sin-
Regnier, on 1e voit, est un excellent observateur. Il a peint telle qu’elle était la société à laquelle il fut mêlé. On regrettera sans doute qu'il ait uniquement coudoyé des courtisans, des hommes de lettres et des femmes de mauvaise vie. De quels bons originaux il eût pu enrichir sa collection, s’il eût pénétré dans un milieu qui paraît lui être demeuré fermé, le monde de la magistrature et de la basoche! Que de ridicules dignes du pinceau d’un grand maitre nous y signalent en 1622 les Caquets de l'accouchée, en nous faisant observer qu'ils existaient « depuis quinze ou seize ans en ça‘ », c’est-à-dire depuis assez longtemps pour que Regnier eût pu les voir croître et embellir! Avec quelle verve il se fût sans doute amusé aux dépens de ceslionnes pauvres, femmes de notaires, de procureurs, d'avocats, couvertes de soie des pieds à la tête et obligées pour entretenir cet état de se mal conduire ?! Comme je voudrais qu'il m’eût drapé en quelques vers cette bourgeoise poupine qui, la veille, fille de chambre au logis d’un puissant seigneur, portait le lendemain « autant d’atours que la plus
gulères qu’il fist imprimer en une feuille de papier, chez M. Patisson, desquelles les plus grands catholiques se moquoient. Elles portoient ce titre : « Indulgences octroiées par N. S. P. le pape Clement VIII aux «chapelels, grains, croisettes, rosaires, croix, crucifix, medailles et images « benistes, à l’instance de R. P. en Dieu messire Jacques Davi, evesque « d’Evreux, conseiller du Roy en ses conseils d’État et privé et son pre- « mier aumonier ». Les grains bénits sont seulement pour le royaume de France.» (L'Estoile, Journal, septembre 1595.) Sur ces indulgences octroyées à l’instance de du Perron, sur l'usage que les courtisans et les femmes de mauvaise vie faisaient des reliques et des grains bénits, voir (sans oublier que c’est un huguenot qui parle) la Confession de Sancy, liv. IL, chap. vu, Œuvres complètes de d'Aubigné, Ed. Réaume et de Caussade, t, II, p. 218-2871; voir notamment la p. 284.
1. Caquets de lV’accouchée, 5° journée, éd. Ed. Fournier (Paris, Jannet, 1855), p. 179.