‹ Mathurin RegnierChapitre 15 sur 168 · PEN · texte numérisé non relu

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cour de Henri III, on conviendra sans doute que jamais prince ne fut représenté par de plus braves gens et de

meilleurs diplomates que ce triste roi.

Un biographe de Regnier croirait manquer à tous ses devoirs, si, après avoir comparé le chanoine de Chartres au curé de Meudon, il n’établissait pas entre le secrétaire du cardinal de Joyeuse et le secrétaire du cardinal du Bellay un autre piquant parallèle commençant par ces mots : « Les choses n'avaient pas beaucoup changé à Rome depuis que du Bellay y prenait soin du ménage, se délassait de ses prosaïques fonctions dans l’aimable compagnie de la Marthe et de la Victoire, ou contemplait d’un œil moqueur les cardinaux promenant dans leurs carrosses les dames de l’aristocratie romaine. »

Je ne nie pas qu'une certaine communauté de goûts, plus encore que l’analogie de leurs destinées, rende presque inséparables les noms des deux poètes. Si du Bellay était plus fin, plus délicat, plus artiste, plus accessible aux sentiments élevés, plus capable de comprendre la majesté des ruines romaines, bien qu'il s’en soit moqué plus d’une fois; s’il avait plus de fierté dans l'âme; s’il souffrit davantage dans sa dignité d'homme d’être asservi à des occupations assez souvent voisines deladomesticité; s’il souffrit davantage dans sa dignité de poète d'être obligé de sacrifier la muse aux soins du ménage : n’avaient-ils pas tous les deux le même amour du naturel, le même don de saisir les ridicules au passage et, dans leur malice, la même bonté d'âme?

Bizet, j'aymerois mieux faire un bœuf d’un formy Ou faire d’une mousche un Indique éléphant

Que le bonheur d'autruy par mes vers estoufant,

Me faire d’un chascun le publiq ennemy.

Souvent por un bon mot on perd un bon amy t.

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