Regrets, Sonnet CXLIII
Ces vers sont de du Bellay. Ne pourraient-ils pas être du poète
A qui le nom de bon alloit-on reprochant, D'autant qu'il n'avoit pas l'esprit d’estre meschant?
Mais, parce qu’une assez étroite parenté de génie associe leur mémoire dans notre souvenir, parce qu'ils furent l’un et l’autre exilés dans la même ville étrangère auprès d'un cardinal plus diplomate qu'hommede lettres, parce qu'ayant conçu tous deux de grandes espérances ils éprouvèrent de profondes déceptions, faut-il nous croire autorisés à compléter les lacunes de l’autobiographie de l’un par celle de l’autre? Ce serait nous exposer à avoir lidée la plus inexacte de la situation de Regnier, comme des spectacles qui s'offrirent à ses regards.
De poète qu’il était, transformé en intendant par son cousin, du Bellay fut du moins l’un des personnages les plus importants de l'ambassade après l'ambassadeur. Regnier, qui mangeait au tinel, c’est-à-dire à la salle à manger des domestiques et officiers inférieurs ‘, qui suivait son cardinal à toute heure, à la chambre, à la chapelle, à la table”, fut probablement une manière de valet de chambre ou de secrétaire infime. Il ne venaitqu’en troisième ordre, écrit M. Courbet, après d'Ossat, premier secrétaire et le sieur de Montereul, attaché laïc *. Qui sait s’il venait même au vingtième rang? Ce Montereul, qui resta vingtcinq ans attaché au service du prélat, nous a nommé quelques-uns des membres de cette cour ecclésiastique. Nous en connaissons par ailleurs quelques autres. Pour. comprendre quel rôle effacé pouvait jouer à côté d'eux un adolescent de quinze à vingt ans, il suffit de citer : le futur cardinal d’Ossat, premier secrétaire; Génébrard, docteur