Satire X, vers
2. « Sur maint cousturier » a paru obscur à plusieurs éditeurs du xvu° siècle, qui ont proposé de lire « chez maint couturier. » Cette correction n’est pas absolument nécessaire. On peut supposer à la rigueur qu'avant de les vendre au pédant, ces couturiers se sont fait pour euxmêmes avec ces lisières diverses pièces de vêtement, par exemple, des jarretières, des ceintures, des sortes de bretelles, etc. : sur, dès lors, s’entend. Une confusion entre sur et chez était d’ailleurs difficile. Au contraire sur, à cause du jambage de s, était alors sans cesse confondu avec par. Au vers 95 de cette Satire X, par exemple, il a fallu substituer swr à par. Je crois qu’il faut faire ici la substitution inverse et que le sens est : = lizières, qui, grâce au travail de maints couturiers (par maint coulurier) jouèrent maints rôles chez maints individus, clients de ces couluriers ».
Un éditeur du xvn° siècle a supprimé d devant un drap. Le texte devient
Plus loin, dans la même Sutire, Regnier conte qu'un
chien galeux s’est couché à ses pieds et frotté à ses bas :
357 Ce rongneux las d’aller se frottoit à mes bas Et fust pour estriller ses galles ou ses crottes,
359 De sa grace il gressa mes chausses pour mes bottes En si digne façon que le fripier Martin
361 Avec sa malle-tache y perdroit son latin.
Tel est, y compris la ponctuation, le texte primitif des. vers 357-361. On lit dans l'édition de Brossette :
Et fust pour estriller ses galles ef ses crottes.
L'auteur de cette correction, qui a substitué ef à ou, s’est dit probablement, et avec raison, qu’en étrillant ses gales le chien étrillait nécessairement aussi ses crottes : il n’y a pas d’alternative. De là la correction. « Et fust pour étriller » ne peut plus dès lors s'entendre autrement qu'ainsi : « etilse mit en devoir d'étriller. », et le vers 359 commence une proposition nouvelle, coordonnée à celle du vers 358, sans y être liée par une conjonction. Or, si le mouvement de la phrase devient ainsi assez défectueux, le sens d'autre part n’est plus très satisfaisant. Est-ce que le contexte n'indique pas clairement que Regnier veut rire. Le chien étrille ses galles, c’est évident. Mais le poète, pour plaisanter, se demande si par hasard ce rogneux ne voudrait pas lui faire la gracieuseté de lui nettoyer ses bottes. Donc, en corrigeant, non pas ow en ef, mais ses en #”es entendons : « et, soit qu'il voulut étriller ses galles ou étriller mes crottes, de sa grâce il gressa mes chausses pour mes bottes » :
ainsi meilleur. Mais cette première correction, qui n’est pas nécessaire, entrainerait, ce me semble, le changement de de en des devant le mot lizières :
Furent un drap du seau, mais j'entends des lizieres
Qui...
Ce rongneux las d'aller se frottoit à mes bas,
Et, fust pour estriller ses galles ou mes crottes,
De sa grace il gressa mes chausses pour mes bottes En si digne façon que. . . dE TR
Les vers 217-222 de la Satire IX ont déjà subi deux corrections acceptées par tous les éditeurs. En voici le texte primitif :
217 O debille raison où est ores ta bride, Ou ce flambeau qui sert aux personnes de guide, Contre les passions trop foible est ton secours Et souvent courtisane apres elle tu cours
Et savourant l’apas qui {on ame ensorcelle Tu ne vis qu'à son goust et ne voys que par elle.
La correction exige qu’on mette au singulier l’antécédent de elle et de son, et le mouvement de la phrase exige, à son tour, qu’on substitue un où adverbe à un ow conjonction au vers 218 :
O debille raison, où est ores ta bride?
Où, ce flambeau qui sert aux personnes de guide? Contre la passion trop faible est ton secours
Et souvent courtisane apres elle tu cours.
Tel est le texte généralement adopté aujourd’hui. Mais n'est-il pas étrange que le poète ait prêté une dme à la raison?
Et, savourant l’apas qui ton dme ensorcelle, Tu ne vis qu’à son goust et ne voys que par elle.
Est-ce qu'on n'attendrait pas plutôt : « qui {a vue ensorcelle», Le mot vue peut aussi bien s’employer avec le verbe ensorceller que le mot âme :
Soit que sa belle veüe ensorcelle la mienne. t
Or, vue s’écrivait alors weue. Il suffisait donc que l’« initial fût pris pour un a et que le premier e, étant mal bouclé,