Salires IX, 227, 240, 243, 248; III
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taïller sa phrase juste à la mesure de l’alexandrin. Non qu’il füt de ceux qui sont obligés de comprimer leur pensée pour la faire entrer dans le moule du vers : la sienne n'avait pas tellement de force, ni d’ampleur; elle risquait bien plus d'y être trop à l’aise que trop à l'étroit. Aussi le poète a-t-il plus souvent besoin d’en délayer que d’en condenser l'expression. Il accumule les synonymes: il accouple les épithètes *; il allonge, s’il le faut, d'une préposition complaisante les verbes trop courts, comme les écoliers qui font des vers latins, employant, à la grande indignation de Malherbe, retomber au sens de tomber; et surtout il abuse de la périphrase, non de celle qui ennoblit la phrase, comme les pseudo-classiques, mais de celle qui l’étend. Combien de fois Malherbe n’a-t-il pas eu l’occasion de souligner chez lui celle qui substitue au verbe simple le verbe rendre accompagné d’un participe! Regnier n'offre de ce procédé commode que fort peu d'exemples : Aussi je les compare à ces femmes jolies Qui par les affiquets se rendent embelies.
C'est qu'il a plus de matière que Desportes, ce qui lui permet d'éviter plus souvent les chevilles. Aussi son défaut n’est-il pas de trop diluer, mais de trop sous-entendre.
Comme Desportes, mais beaucoup plus souvent que lui, Regnier « oublie » le pronom sujet dans les cas où Malherbe en juge la présence indispensable, oubli rare chez Bertaut; après la conjonction que :
Que si je n’eusse veu qu’esties un Financier ?; dans une proposition principale suivant une coordonnée :
Si tost que ceste Nimphe en son dire enflamée Pour finir son propos eut la bouche fermée, Ainsi comme un éclair disparut à nos yeux ÿ;
1. Hautain et généreux, par exemple, est un accouplement familier à.
esportes et que Regnier lui emprunta.
2, Satire XI, 81; voir Malherbe, Commentaire, éd. Lalanne, t IV, p. 365.