‹ Mathurin RegnierChapitre 2 sur 168 · INTRODUCTION ; VIL · texte numérisé non relu

INTRODUCTION ; VIL

de tous points; si, dix ans et même trente ans après le Berger extravagant, lon n'avait pas cessé de lire, d'éditer, d'admirer Regnier, l'opinion publique l'avait cependant fait descendre du haut rang où elle l'avait tout d’abord placé.

Bien que personne n’eût plus fait que Despréaux pour renouveler la vogue un peu épuisée du vieux poète, soit en déclarant qu’il bornait ses vœux à « s'asseoir sur le Parnasse assez près de Regnier », soit en associant le nom de son « illustre devancier », comme il l'appelle dans une épigramme, aux noms de Juvénal, d'Horace et de Molière, personne n'eut plus à pâtir de cette popularité renaissante dont il était le principal auteur. Pendant près d’un demi-siècle le maître de Nicolas compta autant d’aveugles admirateurs que son disciple avait fait de victimes :

Regnier mieux que Lubin entendoit ce métier,

assure l’auteur du Jonas’. « Quelle différence entre le Festin de Regnier et celui de Boileau, s’écrie Pradon! On ne voit pas ces badineries dans Regnier. Il ne divague point en des fadaises d’écolier et de méchant goût comme fait notre homme”. » — « On est contraint d’avouer, observe malicieusement un autre, sans même nommer Boileau, que Regnier, qui a été presque le seul satyrique moderne jusqu'à présent, est

- 4. Le satyrique berné par L. D. I. (Vauteur du Jonas) (Paris, 1668), p. 31. 2, Le triomphe de Pradon sur les satires du sieur D., La Haye, 1686.

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