‹ Mathurin RegnierChapitre 20 sur 168 · Satire IL, vers 167, éd, Courbet, p · texte numérisé non relu

Satire IL, vers 167, éd, Courbet, p

2. IL s’embarqua à Marseille le 19 septembre 1601 (Lettres de Henri IV,

t. V, p. 487). Il quitta Rome avec le cardinal de Joyeuse après l'élection de

Paul V. | 3. Si Regnier a suivi Béthune comme secrétaire, c’est en 1601 qu’il a été M)

On ignore à quelle date il abandonna le service du prélat. Rien ne démontre même qu'il ait jamais cessé « d’être à lui », comme on disait alors. Le Combat de Regnier et de Berthelot poètes satiriques nous laisse entendre qu'après la mort de Desportes, Regnier avait encore la prétention d'appartenir au corps diplomatique :

Regnier ayant sur ses espaules

Satin, velous et taffetas

Meditoit pour le bien des Gaules

D'estre envoyé vers les Estats "Et meriter de la couronne

La pension qu'elle luy donne...

Il s’agit des États de Hollande, avec qui Henri IV eut des démêlés, au mois de décembre 1606, et l’auteur du Combat suppose plaisamment que cet excellent Mathurin convoite la succession difficile de M. de Buzenval, notre ambassadeur en Hollande ‘. Il résulte cependant de plusieurs passages de diverses Salires que vers 1605 Regnier se fixa définitivement en France et qu'il eut de grandes déceptions. Il en fait part à Motin dans la Satire IN et à Bertaut dans la Satire V : ni l’une ni l’autre ne peuvent être, à mon avis, antérieures à 1605.

Dans la Satire V, après une sortie vigoureuse contre un homme puissant qui l’a desservi,

Un traistre, un usurier, qui par misericorde, Par argent ou faveur s'est sauvé de la corde,

et qui est sans doute l’un de ces trésoriers généraux, Garrault, du Tremblay, Puget, Midorge, poursuivis, en

attaché à sa personne. Or, d’après Brosselte — et c’est encore une simple hypothèse de sa part, —il n'aurait quitté le cardinal qu’en 1603. La contradiction est frappante. Il y en a bien d'autres dans les notes de Brossette.

1. Desportes mourut le 6 octobre 1606. Sur les affaires des États, voir Malherbe, Lettres à Peiresc du 17 et du 22 décembre 1606, du 2 janvier 46017. Le Combat parut pour la première fois dans les Muses gaillardes de 1609 sous ce titre : Le combat de Bernier et de Matelot poèles satyri iques. Dans le Cabinet salyrique, les poètes sont appelés par leur nom.

1605, à la requête de Sully et si vite relâchés « par argent et faveur », Regnier fait une allusion beaucoup plus claire à un petit événement qui troubla à la même date la maison d'Hippocrate :

Et ce qui plus encore m’empoisonne de rage Est quand un charlatan releve son langage Et de coquin faisant le prince revestu

Bastit un Paranimphe à sa belle vertu,

c'est-à-dire à son beau talent.

Regnier vise, je crois, dans ces vers, l'éminent médecin genevois de Mayenne-Turquet, venu à Paris en 1602. Comme il n'avait pas conquis ses grades en France, ses confrères de Paris le traitèrent tout naturellement de charlatan. « Ils firent un décret, nous dit Guy Patin, de ne jamais consulter avec lui; il eut pourtant quelques amis de notre ordre qui voyoient les malades avec lui. » De cette querelle, ajoute Guy Patin, « provint une apologie du dit Théodore Mayenne-Turquet », que Regnier appelle spirituellement un «paranymphe », nom du discours officiel par lequel la Faculté de médecine de Paris félicitait les nouveaux licenciés et faisait l'éloge de leur « vertu ». « Il n’est non plus l’auteur de cette apologie, poursuit notre médecin littérateur, que vous ni moi. Deux doctes de notre compagnie y travaillèrent, Seguin, notre ancien, qui a toujours porté les charlatans, et son beau frère Akakia, qui mourut, l’an 4605, du mal français qu'il avoit rapporté d'Italie, où il étoit avec M. de Béthune ambassadeur à Rome *. » L'un des auteurs du « paranymphe » que Mayenne-Turquet fit « bâtir à sa vertu » n'étant rentré en France que vers le mois de mai 4605 et étant mort la même année, cette apologie fut donc composée dans les six derniers mois de 1605, et la Satire où Regnier épousa avec tant d’ardeur la

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