‹ Mathurin RegnierChapitre 21 sur 168 · Lettre du 16 novembre · texte numérisé non relu

Lettre du 16 novembre

querelle des doctes et chatouilleux médecins français le fut sans doute peu après.

Si la Satire IV, où Patisson est cité comme l'imprimeur à la mode, ne peut être très postérieure à l’année 1604, date où disparaît sur les livres le nom de Patisson, la veuve de Mamert Patisson ayant probablement cessé de vivre, un trait décoché aux derniers vers contre dame Frédégonde, dont les « humeurs » font « gloser » tout le monde, en doit faire reculer la composition jusqu’au mois d'août 1605. Le nom de Frédégonde, « reine très impu-

dique », nous dit Brossette dans une note — et il nous donne cette hypothèse comme étant d'un homme « très habile » — cache celui de la reine Marguerite. Tout paraît

en effet ie démontrer. Les contemporains de Regnier aimaient fort à désigner leurs princes par des surnoms historiques. Sa froide cruauté avait fait donner à la mère de Margot celui de Brunehaut; rien d'étonnant que ses mauvaises mœurs aient valu à sa fille celui de Frédégonde. Il est d’ailleurs plusieurs fois question de Frédégonde dans les Muses gaillardes et dans le Cabinet satyrique. Voici comment Motin nous présente le personnage en raccourci :

N'’esperez plus me retenir :

Comment servir un momie,

Vos os n’ont plus de couverture...

Je t’adjure, esprit diabolique, D’abandonner ce corps étique

Et le laisser au monument.

On sait qu'en véritable fille des Médicis cette pauvre reine Margot était devenue tellement grosse qu'il fallut élargir les portes de son hôtel. Si le froid Motin qualifie d'étique ce corps opulent, c’est donc pour nous faire entendre qu'il crevait de graisse : il fait de l'ironie à la

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