‹ Mathurin RegnierChapitre 24 sur 168 · Satire XV, vers 63-64, éd. Courbet, p · texte numérisé non relu

Satire XV, vers 63-64, éd. Courbet, p

quelques gens de bien, qui, suivant l'expression de Motin, cherchèrent à « manger de bons potages » en se faisant les « artisans du vice étranger ! ». Présenté sans doute par eux à Henri IV, bientôt recommandé par l’éclatant succès de ses Satires, il obtint en 1609 un canonicat à Chartres *, abandonna presque immédiatement ce bénéfice, parce qu’il l'obligeait à la résidence, en reçut plusieurs autres ? et devint le plus considéré des poètes officiels : Marie de Médicis lui demanda de célébrer son entrée solennelle à Paris en 1610‘; Louis XIII, d'écrire un Hymne pour la nativité de Notre Seigneur *; Henri [V, de chanter ses maitresses f. C'était bien la peine de s’écrier si fièrement dans sa troisième Satire :

Puis, ma muse est trop chaste et j’ay trop de courage, Et ne puis pour autruy façonner un ouvrage!

Ayant réalisé le vœu de sa jeunesse, c’est-à-dire acquis assez de fortune pour qu’il vécût à l’aise et

De lui oster son bien que l’on eust conscience,

1. Response au Combat d'Ursine et de Perette, déjà citée dans une note précédente.

2. [1 fit sa profession de foi le 3 juillet 4609. On en trouvera le texte dans les Notices sur les poèles beaucerons antérieurs au XIXe siècle de M. Lucien Merlet (Chartres, 1895, imprimerie Durand), t. I, p. 11, et dans l’édition Courbet, Introduction, p. xrv. :

3. « Son humeur ne lui permit pas de fixer sa résidence à Chartres, ni de vivre aussi régulièrement que des chanoines sont obligez de le faire. J1 quitta done ce bénéfice; il en avoit plusieurs autres. » Ainsi s'exprime Pauteur de la note adressée au Mercure de France par la famille de Regnier pour contredire les assertions avancées par Dom Liron en sa Bibliothèque chartraine en 1719. Gette note a été publiée in extenso, en ce qui concerne Regnier, par M. Courbet, Introduction, p. xiv.

4. Les vers composés par Regnier pour célébrer l'entrée solennelle que la Reine devait faire à Paris en 1610, après son couronnement, et dont les préparatifs furent si tragiquement, interrompus, ont été publiés pour la première fois par M. Roy dans la Revue d'histoire littéraire de la France, 1894, p. 422,

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