‹ Mathurin RegnierChapitre 41 sur 168 · Satire X · texte numérisé non relu

Satire X

Non saprei piu cha qli immortali Dei Render honor con le ginocchia inchine À piu ingiusti che sian, fallaci et rei,

Non saprei nel parlar coprir le spine Con simulati fior…….

Non saprei, no, dove ’L contrario intendo.

I malvagi consigli usar per buoni Davanti al vero honor l'util ponendo…..

Jo non suprei ingannar gli uomini et Dio Con giuramenti el con promesse false, Ne far saprei quel ch'e d'un allro mio.

Questo e cagion che non mi cal, ne calse Anchor gia mai, di segquilar coloro Ne quai fortuna piu che’l senno valse.

Questo fa che’ l mio regno, el mio thesoro Son gli inchiostri et le carte et piu ch'altrove Hoggi in Provenza volentier dimoro.

2. Allais, Malherbe et la poésie française à la fin du XVI° siècle (Paris, 1891), p. 145-148; Lemercier, p. 204-208.

C'est dans la Satire à Bertaut, dit-on, que Vauquelin « a fait l’'énumération lamentable des maladies qui travaillent la France. Tous les crimes, tous les vices se sont donné rendez-vous dans ce malheureux pays ‘ ». Voici la vérité : si vous exceptez les huit premiers vers et les huit derniers, cette longue Satire, qui n’occupe pas moins de quatorze pages dans l'édition Travers, est traduite, j'entends traduite mot à mot, de la deuxième Satire de Vinciguerra.

Que Vinciguerra donc et Sansovino, que Dolce et Bentivoglio, que Nelli et l’Arioste, qu'Horace et Juvénal reprennent chacun son bien dans les Satires de Vauquelin, il ne lui restera pas une idée, même de détail. Semblable au Ménippe de La Bruyère, « il ne sent pas, il ne pense pas; il répète les sentiments et les pensées d'autrui ». Il est vrai qu’il a cherché à les répéter à propos. IL a été assez avisé pour comprendre, par exemple, que les paroles adressées par l’Arioste à Bembo, cardinal et lettré, ne pouvaient s'appliquer à aucun autre Français mieux qu’à du Perron, également évêque et lettré, et que le chancelier de Chiverny pouvait être consulté sur le même sujet que le jurisconsulte Trebatius. Avouons donc, puisqu'ilse vante d'avoir « inventé », qu'il n’a pas été dépourvu de tout esprit d'invention : il en a eu assez pour savoir bien choisir ses correspondants.

Avec le même empressement, nous concéderons qu'il a poussé l’art de la composition (puisqu'il se glorifie aussi d’avoir « composé ? ») jusqu’à faire quelquefois des centons. Juvénal, Nelli et Alamanni peuvent revendiquer chacun sa part de la Satire à Ponthus de Thiard*, et dans la

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