‹ Mathurin RegnierChapitre 42 sur 168 · J'imite, je traduis, j’invente, je compose · texte numérisé non relu

J'imite, je traduis, j’invente, je compose

3. Édition Travers, p. 422. Comparez Juvénal, Salire I; Alamanni, Satire XIL; Pietro Nelli, Satire II

S'io havessi ‘l spirto di Pietro Aretino.

Vauquelin a traduit ce début dans la Salire au comte de Tillières : Si medisant un Arétin j'estois.

Satire au Roi, les vers qui ne sont pas imités de la première Lpitre d'Horace, et pour l’un desquels on a fait à Vauquelin l'honneur de le rapprocher de Musset :

Je sçay combien il faut de liqueur en mon vase !,

sont tirés de la première Satire de Vinciguerra :

Et so quanto empie 1 mio vaso.

Mais le travail de la mosaïque parait à notre poète trop difficile encore ou trop pénible. Le plus souvent il choisit un modèle unique, et, élaguant un peu, paraphrasant beaucoup, il suit pas à pas le chemin tracé. C'est ainsi, sans compter deux chapitres d'Épictète, qu'il a traduit six Satires d'Horace, trois de Sansovino, trois d’Alamanni, deux de Bentivoglio, une de Vinciguerra, une de Dolce, cinq de l'Arioste. Ou bien encore il fond deux ou trois œuvres ensemble, quand elles sont exactement sur le même sujet. Lorsque vous lisez ce début :

Depuis la mort du chantre Epinevaux, Sans pleurs n’ont point esté les bons frelaux ?,

vous vous rappelez aussitôt la Satire d'Horace : Ambubaiarum collegia. Mais l’imitation de Vauquelin vous paraît libre et originale *; car il a modifié le plan du modèle, et voici des traits nouveaux :

Combien de fois, Sibary, parfumé,

Peigné, mignard, d'amour tout alumé,

T'es tu trouvé faisant le pied de grue,

Long attendant en quelque coin de rue

En esperant de la grande approcher,

Que retournois éperdu te coucher,

N'ayant souvent chez toy de quoy repaistre ?

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