Ainsi la qualifie M. Travers, p
Détrompez-vous : ce pelit tableau appartient à Bentivoglio et le plan à Sansovino ‘. Quand Vauquelin semble s'affranchir de son modèle, c'est qu'il traduit servilement les imitations libres et originales que d’autres en ont faites.
Il ne lui reste donc que son style, et chacun s'accorde à le trouver terne et languissant. Ses traductions ne sont cependant pas toujours malheureuses. Inhabile à construire la plus courte période, il avait du moins appris de son ami Robert Garnier à ramasser sa pensée dans un vers solide. Cà et là, entre deux phrases embarrassées, on en voit de tels qui se détachent et qu'on croirait de Regnier ou de Rotrou :
Le pleur de l'héritier sous le masque est un ris ?.
Il faut convenir également que le vieil esprit gaulois l’a parfois bien inspiré :
.…J'ay dit plusieurs fois qu’en bonté Nul n’est parfait sans femme à son côté, Et qu'on ne peut jamais vivre sans blame, Ni sans peché, quand on vivra sans femme :
Car qui de soy n’en a point, il faut bien Qu'il emprunte à quelques gens de bien *.
L’Arioste avait dit moins heureusement : « Nul n’est parfait en bonté sans femme à ses côtés, ni ne peut être sans péché s’il est sans femme; car qui de soi n’a rien est forcé de chercher son bien au dehors, mendiant ou volant *. »
Mais de tels éclairs brillent rarement dans l’œuvre de Vauquelin. En général, s’il rencontre dans son modèle un
jeu de mots, il le rend inintelligible ; une expression fami-
1. Bentivoglio, Satire I, à Andrea Napolitano; Sansovino, Satire III, à Alessandro Campesano.
2. Haeredis fletus sub persona risus est (Publius Syrus); éd. Travers, p. 339.