Salire à Annibal Maleguccio, tercets 5 et
lière, il l’efface; une page vigoureuse, il l'énerve. Nul ne sait aussi bien accumuler les synonymes ou multiplier les équivalents. Pour traduire un vers, il lui en faut deux ou trois :
Si pour avoir tu suis la poesie Et si tu l’as pour le profit choisie, Docte Baïf, à vivre tu n’entends t.
Se tu eleggi per ben la poesia Giulio, tu intendi malamente il mondo ?.
Au lieu d’un mot, il en met trois ou quatre :
Quand on dit : « j'ai » toute la compagnie S'en éjouit; mais quand on dit : « je sai, Je suis savant et j'en ai fait l'essai »,
Cela ne plait.
Il dir «io ho » gli animi allrui consola; Ma il dir « io so », s’altro non hai, non giova.
C'est pilié de voir de quelle allure languissante Vauquelin fait marcher ces jolis contes si vivement enlevés par l’Arioste et quelle peine il se donne pour noyer dans son verbiage l’admirable concision d'Horace. Car, comment pense-t-on qu’il ait traduit cette demi-ligne : virtutem verba putas? En épuisant la liste des synonymes qu’on peut donner au mot « parole » :
Peut-estre penses {u que ce sont des paroles,
Que ce sont contes faux, que ce sont mots frivoles, Que les noms des vertus, que ce sont des discours : Qui ne peuvent donner à nos defauts secours ?.
Ce passage de Vauquelin nous donne une idée exacte de son talent d'écrivain. Trouver des synonymes aux termes d'autrui est en somme sa manière d'inventer; éteindre les