‹ Mathurin RegnierChapitre 49 sur 168 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

I, La Pléiade et les anciens, l’Ariosle. — I]. Les poètes bernesques. — III. Rabelais et l’Arétin. — IV. Ce que Regnier a voulu faire; ce qu'il a fait.

A quelles sources Regnier a-til puisé davantage? Si nous nous en rapportons uniquement aux impressions qu’aura éveillées en nous une première lecture des Satires, nous répondrons sans hésiter : il a recueilli l'héritage de nos vieux trouvères. Ses œuvres ont, en effet, une saveur toute gauloise. « Même quand elles sont traduites des anciens, dit avec raison M. Lenient, elles ont le goût du terroir »; sa Macette ressemble moins à une élégie d'Ovide qu'à un fabliau; les héros de son Repas ridicule et de son Mauvais gite ne rappellent pas tant les personnages des satires latines que ceux dont les aventures défrayent les contes pour rire de notre moyen âge.

Mais sinousinterrogeons le poète lui-même sur ses ascendants, il nous répondra qu'il s’est contenté de « glaner le reste des moissons que les poèles de la Pléiade avaient rapportées des champs de l'antiquité sur leurs fortes épaules ‘ ». Élevé, en effet, dans le culte de Ronsard, il s’est nourri l'esprit de ses poèmes; il n’a pas vu de’salut

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