‹ Mathurin RegnierChapitre 51 sur 168 · Éd. Blanchemain, t. VI, p · texte numérisé non relu

Éd. Blanchemain, t. VI, p

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Sans soing de l'avenir, je te laisse le bien

Qui vient à contrepoil alors qu'on ne sent rien... Aprenons à mentir, mais d’une autre facon

Que ne fait Caliope ombrageant sa chanson

Du voille d'une fable, afin que son mistere

Ne soit ouvert à tous ny congneu du vulguaire !;

car on lit dans le Discours de Ronsard à Jacques Grévin :

: mon art griefvement me tourmente, Encore qué, moy vif, je jouysse du bien Qu'on donne après la mort au mort qui ne sent rien. Quatre ou cinq seulement sont apparus au monde De Grecque nation, qui ont à la faconde Accouplé le mystere et d'un voile divers Par fables ont caché Le vray sens de leurs vers, A fin que le vulgaire, amy de l’ignorance, Ne comprit le mestier de leur belle science ?.

Avant que Regnier eût déclaré à Motin, dans cette même Satire IV, qu’il ne pâlirait plus désormais sur les livres « à l’apetit d'un bruit » qui nous honore seulement « quand nous sommes sous terre »,

Comme s’il importloit estans ombres là bas Que nostre nom vescust ou qu’il ne vescust pas,

Ronsard avait signifié à la Muse, presque dans les mêmes termes, qu'il abandonnait son service :

Que sert au vieil Homere, Ores qu’il n’est plus rien sous la tombe là bas, Si son renom fleurit ou s'il ne fleurit pas “?

Avant que Regnier eût dit, aux vers 113 et 114 de la Satire V :

Selon que le Soleil se loge en ses maisons Se tournent noz humeurs ainsi que noz saisons,

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