XII INTRODUCTION
recueil des poètes bernesques, pour ne rien dire de l'Arioste. C'est donc dans la note de son docte correspondant qu’il a puisé de seconde main toute cette érudition, qui à rendu son nom inséparable du nom du satirique. Quand il qualifiait de « larcins » les imitations de son auteur, l’éditeur de Regnier pensait sans doute que les emprunts des poètes ne se mesuraient pas à la même aune que ceux des commentateurs.
Que le xvrr° siècle, fort peu soucieux des écrivains archaïques, on le sait de reste, n’ait consacré à Regnier,
en dehors de l'édition de Brossette, aucune étude qui
vaille la peine d’être citée, il n’y à pas lieu d’en être surpris. On est étonné, au contraire, que les érudits du xix° siècle aient à ce point négligé un poète qui semblait par tant de raisons s'imposer à leur attention : par son texte, d’abord, qui est encore aujourd’hui mal établi et par sa syntaxe, qui est souvent si embrouillée, par sa vie, qui reste en beaucoup de points si obscure et enfin par les emprunts qu’il a faits sans le dire à tant d'écrivains français et étrangers — et du nombre desquels on ne se doute pas.
Sa langue n’a intéressé personne autre que M. Antoine Benoist, qui en à fait l’objet d’une substantielle notice publiée dans les Annales de la Faculté des Lettres de Bor-
deaux en 1879 * : Des anacoluthes et de la phrase poétique de Regnier.
1. Pages 325-336. — La dissertation de Nordstrôm : Observations sur la
langue et la versification de Mathurin Regnier (Lund, 1810), est un travail d’écolier.
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Moins heureux que Malherbe, il attend toujours son édition critique. La tâche de son éditeur sera, il est
vrai, singulièrement facilitée par trois travaux : par
l'édition de M. Courbet, qui a reproduit le texte de chaque Sañire tel qu’il parut pour la première fois, avec son orthographe et sa ponctuation, a réuni toutes les variantes des éditions publiées du vivant de Regnier ou immédiatement après sa mort, et proposé deux ou trois excellentes corrections ‘; — par un article de M. Benoist, publié dans les Annales de la Faculté des Lettres de Bordeaux en 1879 ? : Notes sur le texte de Regnier, qui améliore le texte du poète en nombre de passages rien qu’en changeant la disposition des alinéas ; — enfin par deux opuscules de M. R. Dezeimeris, où il a été proposé au même texte des corrections plus nombreuses et plus importantes que dans toutes les éditions de Regnier réunies : Leçons nouvelles et remarques sur le texte de divers auteurs (Bordeaux, veuve Chaumas, 1876); Corrections et remarques sur le texte de divers auteurs (Bordeaux, Gounouilhou, 1880). Presque tous ceux qui ont esquissé la biographie de Regnier se sont bornés, à l'exception de M. Courbet, à reproduire sans contrôle les assertions de Brossette, dont les unes, inspirées par la famille du satirique, sont de la plus rigoureuse exactitude, mais dont toutes les autres ne sont que les hypothèses en l’air d’un homme qui n’avait pas toujours une érudition de bon aloi. Le
4 Œuvres complètes de Mathurin Regnier, accompagnées d’une notice par E. Courbet, Paris, 1815, Lemerre.