‹ Mathurin RegnierChapitre 7 sur 168 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

seul M. Courbet, dans l’Introduction de son excellente édition, s’est refusé avec raison à accepter la date, jusqu'alors si arbitrairement fixée, des voyages du poète. Une notice de M. Lucien Merlet, antérieure à cette édition, avait détruit l'affirmation toute gratuite de Tallemant des Réaux sur la date du canonicat de Regnier ‘.

C'est aussi aux travaux de Brossette qu'en sont restés tous ceux qui ont parlé des sources de Regnier, sauf MM. Dezeimeris et Rathery. Celui-ci, qui n’a pas étudié sérieusement la question, a lancé à tout hasard cette conjecture que Macette pourrait bien être une descendante des courtisanes de l’Arétin ?. Celui-là, auquel l'éditeur critique de Regnier devra tant de réconnaissance, à constaté avec surprise qu'une ou deux tirades des Satires étaient traduites de Montaigne, et quelques autres imitées de Ronsard. Sans poursuivre ses recherches dans cette voie, où il aurait pu faire de curieuses découvertes, il à conclu que « pour éditer le grand poète chartrain il faudrait très bien connaître le grand poète vendômois * ».

Regnier a plus souvent inspiré les littérateurs que les érudits de notre siècle. La plupart se sont contentés, soit de discuter ses idées littéraires, sans soup-

4. Cette notice a été réimprimée dans les Notices sur les poètes beaucerons antérieurs au XIX° siècle (Chartres, imprimerie Durand, 1894), t. I, p: 1-18.

2. Influence de l’Ilalie sur les lettres françaises depuis le XIII siècle Jusqu'à Louis XIV (Paris, Didot, 1853), p. 125-126.

3. Dans les opuscules cités plus haut. — Aucun fait nouveau dans la dissertation suivante : Nather, Étude sur l'étendue de l'influence classique dans la poésie de Mathurin Regnier, Breslau, 1889.

INTRODUCTION x

çonner d’ailleurs l'étendue des emprunts que le défenseur de Ronsard avait faits aux poètes de la Pléiade, soit d'envisager dans l'auteur du Repas ridicule le peintre des mœurs et des caractères, sans contrôler par le témoignage de ses contemporains l'exactitude de sa peinture. Faites à ce double point de vue, et surtout au second, on lira toujours avec plaisir et profit les études de Robiou, Philarète Chasles, Garsonnet *. On n'essayera pas de refaire l’analvse si pénétrante que M. Lenient a donnée de la treizième Satire : ni le caractère de l'héroïne ne pouvait être mieux compris, ni la conduite de la scène mieux justifiée ?.

Sainte-Beuve doit être mis à part. En divers endroits bien connus de son Tableau de la poésie française au XVI siècle, il n’a pas seulement réussi mieux que personne, en réunissant les traits de mœurs épars dans les Satires, à faire revivre les grotesques qui servirent d’originaux à Regnier, mais il s’est montré curieux de

1. Robiou, Essai sur l’histoire de la littérature et des mœurs pendant lu première moitié du XVII siècle (Paris, Douniol, 2 vol., 1858), t. I, p. 189- 212; Philarète Chasles, Études sur le XVI° siècle en France (Paris, Amyot, 1848), p. 212-216; Garsonpet, Mathurin Regnier, étude publiée dans la Revue européenne du 15 juillet 1859 et reproduite dansles Essais de crilique et de littérature de l’auteur (Paris, Thorin, 1877), p. 247-292. Je signale, en outre, deux études sans grand intérêt, l’une de M. Philibert Soupé Sur les satires de Regnier, dans le Bulletin de l'Académie delphinale, 2° série, t. I, 1856-1860, p. 27-42, l’autre de M. James de Rothschild : Essai sur les satires de Mathurin Regnier, Paris, 1863, Aubry; et quelques dissertations dénuées de valeur : Szczepkowski, Essai critique et analytique sur Mathurin Regnier, Rostock, 1815; Laps, Analyse el critique des satires de Mathurin Regnier, Kônigsberg, 1880; Pleines, Untersuchungen über das Leben und die Satiren Mathurin Regniers, Rostock, 4883; Stechert, Mathurin Regnier und seine Satiren, Magdeburg, 1881; Niemann, Uber Mathurin Regniers Leben und Saliren, Berlin, 1888.

Page 1