‹ Mathurin RegnierChapitre 72 sur 168 · Satire XI, vers 20 et suiv. 8. L. V, chap. xvi · texte numérisé non relu

Satire XI, vers 20 et suiv. 8. L. V, chap. xvi

près qu'une seule fois, Regnier lui est plus redevable encore qu'à Rabelais, si la Macette du poète français n’a pas, comme je le crois, d’ascendants plus immédiats que l'Alvigia, l'Hypocrite, la Nanna et la Commère du conteur italien.

Le plan de la Satire XII est celui de la huitième Élégie du premier livre des Amours. Regnier en a traduit une vingtaine de vers. Nous avons vu qu’il en avait pris quelques autres dans une Ælégie de Desportes et que ses malédictions contre Macette resemblaient étrangement à celles qui se lisent dans la quatorzième et dans la vingthuitième Élégies de Ronsard . Il n’est pas impossible d’allonger la liste de ces imitations de détail. Ce que Regnier fait dire à Macette contre l'honneur, Desportes l'avait fait dire en termes fort voisins au duc d'Anjou dans un Sonnet adressé à la belle Chateauneuf :

C’est une vieille erreur qui aux femmes se treuve : Car tout ce bel honneur gist en l’opinion ?.

Tout ce que la vieille insinue sur l'hypocrisie habituelle des femmes, le sieur Ambrois l'avait soutenu avant elle dans une MVouvelle de Boccace, la neuvième de la troisième journée : « Quand est de la honte et perte de leur honneur, cela ne consiste sinon aux choses qui sont sceües : parquoy ne fay aucun doute que quand elles le peuvent faire secrettement, elles le font, ou bien que si elles s’en abstiennent, c’est soltise, et tien cecy pour tout certain que celle seule est chaste laquelle n’a jamais esté priée de personne, ou si elle a prié qu'elle ayt été esconduite *. » Le vers :

Si j'en avois un cent, ils n’en auroient pas un,

4. On en trouve de semblables chez Mellin de Saint-Gellais : Œuvres poétiques de Mellin de Saint-Gelais (Paris, 1719), p. 56.

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