Satire XIV, vers
2. Salyre Ménippée, éd. Labitte (Paris, 4880, Charpentier), p. 444.
il ait fait autre chose que traduire en alexandrins une partie du discours adressé par la vieille à Bel Accueil?
A doner aiés clos les poins,
Et à prendre les mains ouvertes.
Doner est grant folie certes,
Se n’est un poi por gens attraire, Quant l’en cuide son preu faire; Tel don puis-je bien consentir !,
Mais je ne puis admettre que pour transformer en bigote la sorcière antique, notre poète ait eu pour modèle unique ou principal le Faux Semblant du Roman de la Rose. Que ce faux ermite, qui prèche l’abstinence et emplit sa panse de bons morceaux; qui, riche « à planté », va conseillant la pauvreté; qui « affuble sa renardie du mentel de papelardie », et, valet de l’Antechrist, semble au dehors «agneau pitable », quand il est au dedans « loup ravissable » ; que cet imposteur, dis-je, ait pour lignée légitime tous les hypocrites des deux sexes qui pullulent dans la littérature italienne et dans la nôtre, le Fra Timoteo de la Wandragore, le Ser Ciappelleto de Boccace, les moines de Mauro, la Françoise des Contens, qui songe à le contester? Mais que Macette n’est pas issue immédiatement de lui, il est aisé de le prouver. Faux Semblant ne joue pas le rôle d’entremetteur; il est pour cela un trop grand personnage : muni d’une bulle du pape, il aspire à confesser les rois, les ducs et les comtes, et non pas à détourner de leur devoir les femmes du peuple. Mais l'Hypocrite de l'Arétin, leno de bas étage comme Macette ; mais son Alvigia, sa Commère, sa Nanna, qui s’adonnent toutes les trois sur leur déclin à l’art de « conseiller les jeunes filles », selon le mot de l’une d’elles, après avoir consacré leur bon temps à plaire aux jeunes gens, et qui toutes les trois, après avoir aidé les hommes à perdre leur âme, se consacrent, comme le