‹ Mathurin RegnierChapitre 75 sur 168 · Éd. F. Michel, t. Il, p · texte numérisé non relu

Éd. F. Michel, t. Il, p

dit encore l’une d'elles, au salut de la leur : voilà sans doute des personnages qui, par leur condition, par leur âge, par leur vie passée, j'ajoute par la vérité de leur caractère, ressemblent cent fois plus à Macette que le fameux ermite du vieux roman. Aussi bien est-il possible de déterminer avec précision par quelles circonstances Regnier fut amené à traiter le sujet de Macette, et à le traiter d’après l’Arétin.

En 1610 parut à Paris, chez Thomas Estoc, une nouvelle édition de l& Vieille courtisane romaine de du Bellay précédée d’une traduction française de la Vie de Laïs par l'Arétin.

L'année précédente, dans ces Muses gaillardes dont nous avons parlé déjà plus d’une fois, avaient été imprimées pour la première fois, à ma connaissance, des Gaillardises attribuées à Ronsard. L'une de ces Gaillardises est l’histoire d’une Macette nommée Catin ‘. Moins cupide d'argent que Macette, mais non moins avide de voluptés, Catin en sa jeunesse a scandalisé la cour et la ville. A la fin elle s’est repentie. Se voyant décolorée, « comme une image dédorée », elle a « couvert d’une hypocrisie son premier train effronté ». Le matin, le sacristain n’a pas plus tôt ouvert la porte de l’église qu'elle y va « marmoter, rebarboter et rebigoter »; le soir, elle n’en sort pas avant que le curé ait « sonné le couvre-feu ».

Ayant banni de sa pensée Le souvenir d’avoir esté L'exemple de meschanceté,

cette «insensée » entreprend de convertir une jeune fille aimée du poète, j'entends de la convertir à l'amour de Dieu, et non, comme on se l’imagine peut-être, à l'amour

Page 1