Acte III, sc. xvi
galant un billet doux de son amoureuse’. Voilà Zefiro transporté de joie. « Il est encore plus à vous, dit l'Hypocrite à la belle en lui rendant compte de sa mission, que je ne suis à la charité ?. » Au reste tout se terminera pour le mieux, Zefiro étant aussi honnête homme qu’il est riche, et personne ne sera moins surpris à la nouvelle de ce mariage que l'Hypocrite : « par la voie de la charité 1l avait pénétré dans le cœur des deux amants et ne leur avait rendu service qu'afin qu’il advint ce qui advient ». La belle chose, s’écrie un valet moqueur, d'avoir affaire avec les prophètes! L'on pense bien que notre prophète, pour offrir aux autres l’occasion d'exercer la charité, ne refuse pas les petits cadeaux. « Les charités que vous me faites, dit-il, seront d’un bon exemple. » Que si du reste on oublie de donner à son profit un exemple de ce genre, il saura insinuer « que l’avarice est une: grande infamie, que donner à ceux qui ont besoin est une œuvre méritoire, que donner à qui en est digne, c’est faire un bon placement *. » Ceux qui usent de ses bons offices ne l’ignorent pas, ni qu’il connaît merveilleusement l'art de les encourager à la luxure en alléguant que septies in die cadit justus *. Aussi est-1l rare qu'ils ne mettent pas spontanément leur bourse à sa disposition. Parfois même
ils exigent que leur bon conseiller prenne chez eux une
petite collation : il l'accepte par esprit de mortification, car « qui obéit se sanctifie * ».
La Commère et la Nanna sont plus semblables encore à Macette qu'Alvigia et l’'Hypocrite. Elles sont plus vraies en effet : car dans ses Dialogues, l'Arétin ne pousse pas ses portraits jusqu'à la caricature comme dans ses Comédies. Écoutons la Commère faisant à la Nanna et à la Pippa