‹ Mathurin RegnierChapitre 92 sur 168 · Salire V, vers 205 et suiv., éd. Courbet, p · texte numérisé non relu

Salire V, vers 205 et suiv., éd. Courbet, p

Mauvissier sur la fin de la comédie représentée à Fontainebleau :

Le monde est le théâtre, et les hommes acteurs :

La Fortune, qui est maîtresse de la Sceine,

Appreste les habits et de la vie humaine

Les Cieux et les Destins en sont les spectateurs.

En gestes différens, en différens langages,

Roys, Princes et Bergers jouent leurs personnages Devant les yeux de tous sur l’eschaffaut commun, etc. !.

Pour la pensée, pour l’expression même, c’est déjà du Regnier ; pour la facture du vers, ce n’en est pas encore :

Non plus que de farceurs ? je n’en ? puis faire conte : Ainsi que l’un descend, on voit que l’autre monte, Selon ou plus ou moins que dure le roollet,

Et l’habit faict, sans plus, le maistre ou le vallet #.

Ou bien prenons la quatorzième Élégie de Ronsard :

Il n’est (ce disent-ils) que d’aimer choses grandes, Que d’aimer en grand lieu. Au diable la grandeur Qui toujours s'accompagne et de crainte et de peur! Bien! une grand’Princesse a tousjours plus de pages D’escuyers, de suyvants, de pompeux équipages; Hé! de quoy sert cela? Car quand on vient au poinct Du plaisir amoureux, certes il n’en faut point;

Il faut se cacher d’eux : en cela l'abondance

De trop de serviteurs porte grande nuisance.

Où, quand on aime bas, jamais on n’est épris (Pour estre seul à seul) de crainte d’estre pris, etc. 5.

La pensée est de plus en plus digne de Regnier; la forme l’est de moins en moins; ce n’est pas seulement la fermeté du contour qui manque au vers, c'est la poésie qui fait défaut à l'expression :

Aymer en trop haut lieu une Dame hautaine, C’est aimer en soucy le travail et la peine;

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