Bernard, De i'AphcuU, Paris, 1S89, p
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séparer et à les distioguer. Tel autre malade déclarera qu'il perçoit les paroles de la conversation, mais comme un bruit confus '. Enfin le sujet qui a perdu l'intelligence de la parole entendue la récupère si on lui répète le mot à plusieurs reprises et surtout si on le prononce en le scandant, syllabe par syllabe '^ Ce dernier fait, constaté dans plusieurs cas absoluloenl nets de surdité verbale avec conservation des souvenirs acoustiques, n'est-il pas particulièrement significatif ?
L'erreur de Stricker ' a été de croire à une répétition intérieure intégrale de la parole entendue. Sa tbëse serait déjà réfutée par ce simple fait qu'on ne connaît pas un seul cas d'aphasie motrice ayant entraîné de la surdité verbale. Mais tous les faits concourent à démontrer l'existence d'une tendance motrice à désarticuler les sons, à en établir le scbëme. Cette tendance automatique ne va d'ailleurs pas — nous le disions plus haut — sans un certain travail intellectuel rudimentaire : sinon, comment pourrions-nous identifier ensemble, et par conséquent suivre avec le même schème, des paroles semblables prononcées à des hauteurs difiérentes avec des timbres de voix différents? Ces mouvements intérieurs de répétition et de reconnaissance sont comme un prélude à l'attention volontaire. Ils marquent la limite entre la volonté et l'automatisme. Par eux se préparent et se décident, comme nous le faisions pressentir, les phénomènes caractéristiques de la reconnaissance intellectuelle. Mais qu'est-ce que cette
1. B&llet, Le langage intérieur, Pari», 1888, p. 85. (Félix Alcan, éditeur.)
2. Voir les trois cas citéa par Arnaud dans les Arckivet de Neurologie, 1886, p. 366 et suiv. {Conlrib. cliTtiqjie à l'élude de la «urdilé verbale, 2' article). — Cf. le cas Ae Schmidt, Gehôrs- und SprachstSmng in Folgt von Apoplexie (AUg. Zeitschr. f. Psychiatrie, 1871, t. XXVII, p. 304.)