RAPPORT DU PASSE AU PRËSENT
qu'il fait partie des images ; et c'est pourquoi l'entreprise ett chimérique de vouloir localiser les perceptions passées, ou mftme présentes, dans le cerveau : elles ne sont pas en lui ; c'est lui qui est en elles. Mais cette image toute particulière, qui persiste au milieu des autres et que j'appelle mon corps, constitue à chaque instant, comme nous le disions, une coupe transversale de l'universel duvnnir. C'mt. ^Inni^ It» Jtwi. dt p/». {gge des mou vement a regus et renvoyés, le trait d'union ^pt ra les c hoses qui agissent sur mo i et les chose s sur lesquelles j'agi s, le siège, en on mot, des phénomènes sensorimoteurs. Si je représente par un cône SAB la totalité des souveoirs accumulés dans ma mémoire, la base AB, assise dans le passé, demeure imrno- ' p, ^
bile, tandis que le sommet S, qui figure à tout moment mon présent, avance sans cesse, et sans cesse aussi touche le plan mobile P de ma représentatioo actuelle de l'univers. En S se concentre l'image du corps ; et, taisant partie du plan P, cette image se borne à recevoir et à rendre les actions émanées de toutes les images dooi le plan se compose.
La mémoire du corps, constituée par l'ensemble des systèmes sensori-moteurs que l'habitude a oi^anisés, est donc unemémoire quasi instantanée à laquelle la véritable mémoire du passé sert de base. Comme elles ne constituent pas deux choses séparées, comme la première n'est, disions-nous, que la pointe mobile insérée par la seconde dans le plan mouvant de l'expérience, il est naturel que ces deux ionctions se prêtent un mutuel appui. D'un côté, en effet, la mémoire du passé
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IM LA tlËUOIRE ET L'ESPRIT
préseQtB aux mécaDismes seasori-moteurs tous les souveoirs capables de les guider dans leur tâcbe et de diriger la réactiou motrice dans le sens suggéré par les leçons de l'expérience : en cela consistent précisément les associations par contiguïté et par similitude. Mais d'autre part les appareils sensorîmoteurs fournissent aux souvenirs impuissants, c'est-à-dire inconscients, le moyen de prendre un corps, de se matérialiser, enfla de devenir présents. Il faut en eflet, pour qu'un souvenir reparaisse à la conscience, qu'il descende des hau> teUTS de la mémoire pure jusqu'au point précis où s'accomplit l'action. ïn d'autres termes, c'est du présent que part l'appel lauqùefle souvenir répond, et c'est aux éléments sensori- I moteurs de l'action présente que le souvenir emprunte la / chaleur qui donne la vie.
' N'est-ce pas à la solidité de cet accord, à la précision avec laquelle ces deux mémoires complémentaires s'insèrent l'une dans l'autre, que nous reconnaissons les esprits > bien équilibrés », c'est-à-dire, au fond, les hommes parfaitement adaptés à la vie? Ce qui caractérise l'homme d'action, c'est la promptitude avec laquelle il appelle au secours d'une situation donnée tous les souvenirs qui s'y rapportent ; mais c'est aussi la barrière insurmontable que rencontrent chez lui, en se présentant au seuil de la conscience, les souvenirs inutiles ou indifférents. Vivre dans le présent tout pur, répondre à une excitation par une réaction immédiate qui la prolonge, d'un animal inférieur : l'homme qui procède tipuhif. Mais celui-là n'est guère mieux adapté vit dans le passé pour le plaisir d'y vivre, et luvenirs émergent à la lumière de la conscience ir la situation actuelle : ce n'est plus un impul-
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