‹ Matière et mémoire, essai sur la relation du corps a l'espritChapitre 6 sur 71 · L'IMAGE ET LA SENSATION AFFECTIVE · texte numérisé non relu

L'IMAGE ET LA SENSATION AFFECTIVE

réelle propre, qui doit être de même genre que son action virtuelle sur les objets extérieurs qu'il perçoit ordinairement, de sorte qu'on comprendrait ainsi pourquoi chacun des nerfs sensitifs parait vibrer selon un mode déterminé de sensation. Mais, pour élucider ce point, il convient d'approfondir la nature de l'a&ection. Nous sommes conduits, par là même, au troisième et dernier argument que nous voulions examiner.

Ce troisième argument se tire de ce qu'on passe, par degrés insensibles, de l'état représentatif qui occupe de l'espace à l'état afiectif qui parait inétendu. De là on conclut à l'inextension naturelle et nécessaire de toute sensation, l'étendue s'ajoutant à la sensation, et le processus de la perception consistant dans une extériorisation d'états internes. Le psychologue part en eQet de son corps, et comme les impressions resues à la périphérie de ce corps lui semblent suffire à la reconstitution de l'univers matériel tout entier, c'est à son corps qu'il réduit d'abord l'univers. Mais cette première position n'est pas tenable ; son corps n'a et ne peut avoir ni plus ni moins de réalité que tous les autres corps. Il fautdooc aller plus loin, suivre jusqu'au bout l'application du principe, et après avoir rétréci l'univers à la surface du corps vivant, contracter ce corps lui-même en un centre qu'on finira par supposer inétendu. Alors, de ce centre on fera partir des sensations inextensives qui s'enfleront, pour ainsi dire, se grossiront en extension, et finiront par donner notre corps étendu d'abord, puis tous les autres objets matériels. Mais cette étrange supposition serait impossible, s'il n'y avait précisément entre les images et les idées, celles-ci inétendues et celles-là étendues, une série d'états intermédiaires, plus

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LE ROLE DD CORPS I mnina mnfugément localisés, qui sont les états affectifs, eut, cédant à soa illusion habituelle, pose ce ) chose est étendue ou ne l'est pas ; et comme rticipe yaguemeut de l'étendue, est impariai- , il en conclut que cet état est absolument B alors les degrés successifs de l'exteasion, -mAme, veut s'expliquer par je ne sais quelle se des états ioextensifs ; l'histoire de la peri- Dir celle d'états internes et inexteosifs s'étenstant au dehors. Veut-on mettre cette ai^uune autre forme ? Il n'y a guère de perception )ar un accroissement de l'action de son objet s, devenir afiectioni et plus particulièrement , on passe insensiblement du contact de liqùre. Inversement, la douleur décroissante peu avec la perception de sa cause et s'extéinsî dire, en représentation. Il semble donc une différence de degré, et non pas de nature, et la perception. Or la première est intime- D existence personnelle : que serait, en effet, tachée du sujet qui la ressent ? Il faut donc 1, qu'il en soit ainsi de la seconde, et que la rieure se constitue par la projection, dans lection devenue inoffensive. Réalistes et idéait à raisonner de cette manière. Ceux-ci ne ,re chose, dans l'univers matériel, qu'une 1 subjectifs et inextensifs ; ceux-là ajoutent ère celte synthèse, une réalité indépendante id; mais les uns et les autres concluent, du I de l'affection à la représentation, que la

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