‹ Matière et mémoire, essai sur la relation du corps a l'espritChapitre 7 sur 71 · HATURE DE LA SENSATION AFFECTIVE · texte numérisé non relu

HATURE DE LA SENSATION AFFECTIVE

représentation de l'univers matériel est relative, subjective, et, pour ainsi dire, qu'elle est sortie de nous, au lieu que nous nous soyons d'abord dégagés d'elle.

Avant de critiquer cette interprétation contestable d'un fait exact, montrons qu'elle n'aboutit à expliquer, qu'elle ne réussit même à éclaircir, ni la nature de la douleur ni celle de la perception. Que des états affectifs essentiellement liés à ma personne, et qui s'évanouiraient si je disparaissais, arrivent, par le seul effet d'une diminution d'intensité, à acquérir l'extension, à prendre une place déterminée dans l'espace, à constituer une expérience stable, toujours d'accord avec ellemême et avec l'expérience des autres hommes, c'est ce qu'on arrivera difficilement à nous faire comprendre. Quoi qu'on fasse, on sera amené à rendre aux sensations, sous une forme ou sous une autre, d'abord l'extension, puis l'indépendance dont on voulait se passer. Mais, d'autre part, l'affection ne sera guère plus claire, dans cette liypotbëse, que la représentation. Car si l'on ne voit pas comment des affections, en diminuant d'intensité, deviennent des représentations, on ne comprend pas davantage comment le même phénomène, qui était donné d'abord comme perception, devient affection par un accroissement d'intensité. 11 y a dans la douleur quelque chose de positif et d'actif, qu'on explique mal en disant, avec certains philosophes, qu'elle consiste dans une représentation confuse. Mais là n'est pas encore la difficulté principale. Que l'augmentation graduelle de l'excitant finisse par transformer la perception en douleur, c'est incontestable ; il n'en est pas moins vrai que la transformation se dessine à partir d'un moment précis : pourquoi ce moment plutôt qu'un au're? et quelle est la raison spéciale qui fait qu'un phénomène dont

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LE ROLE DU C&nPS

I que le spectateur indifléreat acquiert tout iD iotàrét vital? Je De saisis donc, dans cette irquoi, à tel moment détermiué, uoe dimi- ) dans le phéQomëDe lui coûtera un droit à ae apparente indépendance, ni comment un ntensité crée, à un moment plutôt qu'à un 'iété nouvelle, source d'action positive, qu'on

itenant à noire iiypothèse, et montrons comdoit, à un moment déterminé, surgir de nprendrons aussi comment on passe d'une iccupe de l'étendue, à une aflection qu'on Mais quelques remarques préliminaires sont ir la signification réelle de la douleur.

s étranger touche un des prolongements de mgemeat se rétracte ; chaque partie de la lique est donc également capable de recevoir •éagir contre elle ; perception et mouvement en une propriété unique qui est la contracure que l'organisme se complique, le travail ;tions se dillérencient, et les éléments ana- Dustitués aliènent leur indépendance. Dans que le ndtre, les fibres dites aensitives sont aidées de transmettre des excitations à une Qù l'ébranlement se propagera à des éléments le donc qu'elles aient renoncé à l'action indiicourir, en qualité de sentinelles avancées, I corps tout entier. Mais elles n'en demeurent es, isolément, aux mêmes causes de destruct l'organisme dans son ensemble; et tandis

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