‹ Matière et mémoire, essai sur la relation du corps a l'espritChapitre 68 sur 71 · RÉSUME I · texte numérisé non relu

RÉSUME I

I. — L'idée que Bons a^ par le raisoBQemeat est ç d'action, et d'action seuli sens, sous aucun aspect il expliquer une représentât!

rieure? Il n'y a qu'une d nature, entre les facultés < fonctions réflexes de la ma transforme les ébranleme moins nécessairement exé< avec des mécanismes moU sis ; mais ce qui s'expliqu fions, ce sont nos action suggérées, ce ne sont pas i du souvenir 7 Le corps con bles de jouer à nouveau 1( tudes où le passé a'insérerc de certains phénomèaes < ciennes perceptions, il four avec l'actuel, un moyeu de

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«58 RÉSUMÉ ET COKCLUSION

uie iofluence perdue : mais en aucun cas le cerveau Q'emmagasioera des souvenirs ou des images. Ainsi, ni dans la perlus la mémoire, ni, à plus forte raison, dans les ipérieures de l'esprit, le corps ne contribue i la représentation. En développant cette hypois multiples aspects,, en poussant ainsi le duaéme, nous paraissions creuser entre le corps et tme infranchissable. En réalité, nous indiquions 1 possible de les rapprocher et de les unir.

tes les difficultés que ce problème soulève, en is le dualisme vulgaire, soit dans le matérialisme ilisrae, viennent de ce que l'on considère, dans les de perception et de mémoire, le physique et ime des duplicata l'un de l'autre. Me placerai-je ne matérialiste de la conscience-épiphénomène ? inds pas du tout pourquoi certains phénomènes iccoœpagnent de conscience, c'est-à-dire à quoi lent se produit la répétition consciente de l'uni- 1 qu'on a posé d'abord. — Passerai-je à l'idéame donnerai alors que des perceptions, et mon une d'elles. Mais tandis que l'observation me es images perçues se bouleversent de fond en des variations très légères de celle que j'appelle uisqu'il me suffit de fermer les yeux pour que visuel s'évanouisse), la science m'assure que omènes doivent se succéder et se conditionner re déterminé, où les eSets sont rigoureusement i aux causes. Je vais donc être obligé de cherté image que j'appelle mon corps, et qui me suit changements qui soient les équivalents, cette

RËSUIIÉ ET RONCLUSIOH fois bien réglés et exactement mesurés les uns sur les ai des images qui se succèdent autour de moD corps : les i vements cérébraux, que je retrouve ainsi, vont redevei duplicat de mes perceptioas. Il est vrai que ces mouven seroQt des perceptions encore, des perceptions > possibi de sorte que cette seconde hypothèse est plus lutelligibb l'autre ; mais en revanche elle devra supposer à son touj inexplicable correspondance entre ma perception réell choses et ma perception possible de certains mouven cérébraux qui ne ressemblent à ces choses en aucune mao Qu'on y regarde de près : on verra que l'écueil de tout lisme est là ; il est dans ce passage de l'ordre qui nous i ratt dans la perception à l'ordre qui nous ritasit dai science, — ou, s'il s'agit plus particulièrement de l'idéal kantien, dans le passage de la sensibilité à rentendemen Resterait alors le dualisme vulgaire. Je vais mettre d'un la matière, de l'autre l'esprit, et supposer que les mouven cérébraux sont la cause ou l'occasion de ma représenti des objets. Mais s'ils en sont la cause, s'ils sufEsent à la duire, je vais retomber, de degré en d^ré, sur l'bypol matérialiste de la conscience-épiphénomène. S'ils n'en que l'occasion, c'est qu'ils n'y ressemblent en aucune man et dépouillant alors la matière de toutes les qualités q lui ai conférées dans ma représentation, c'est à l'idéal que je vais revenir. Idéalisme et matérialisme sont don deux pâles entre lesquels ce genre de dualisme oscillera jours ; et lorsque, pour maintenir la dualité des substai il se décidera à les mettre l'une et l'autre sur le même i il sera amené à voir en elles deux traductions d'un n original, deux développements parallèles, réglés à l'avi

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B» RÉSUMÉ ET CONCLUSIOB

d'uQ seul et ntea principe, à nier ainsi leur ioflueace réciproque, et, par une ecnséquence inévitable, à faire le sacrifice de la liberté.

Maintenant, en creusant au-dessoasdeces trgis bypotbëses, je leur découvre un fond commun : elles tiuinent les opérations élémentaires de l'esprit, perception et mémoire, pour des opérations de conaaissaoca pure. Ce qu'elles mettent à l'origine de la cODScience, c'est tantdt le duplicat inatite d'une réalité extérieure, tantôt la matière inerte d'une construction intellectuelle toute désintéressée : mais toujours elles négligent le rapport de la perception à l'action et du souvenir à la conduite. Or, on peut concevoir sans doute, comme une limite idéale, une mémoire et une perception désintéressées ; mais, en fait, c'est vers l'action que perception et mémoire sont tournées, c'est cette action que le corps prépare. S'agitîl de la perception ? La complexité croissante du système ner- I veux met l'ébranlement reçu en rapport avec une variété de plus en plus considérable d'appareils moteurs et fait esquisser simultanément ainsi un nombre de plus en plus grand d'actions possibles. Considère-t- on la mémoire? Elle a pour fonction première d'évoquer tontes les perceptions passées analogues à une perception présente, de nous rappeler ce qui a précédé et ce qui a suivi, de nous suggérer ainsi la décision la plus utile. Mais ce n'est pas tout. En nous faisant saisir dans une intuition unique des moments multiples de la durée, elle nous dégage du mouvement d'écoulement des cboses, ■ c'est à-dire du rythme de la nécessité. Plus elle pourra con- * tracter de ces moments en un seul, plus solide est la prise qu'elle nous donnera sur la matière ; de sorte que la mémoire d'un être vivant parait bien mesurer avant tout la puissance

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RÉSrMÉ ET CONCLUSION

de BOD action sur les choses, et n'en être que la réperci intellectuelle. Partons donc de cette force d'agir comi principe véritable; supposons que le corps est un i d'action, un centre d'action seulement, et voyons quelle séquences vont découler de là pour la perception, pt mémoire, et pour les rapports du corps avec l'esprit.

III. — Pour la perception d'abord. Voici mon corps av * centres perceptifs *. Ces centres sont ébranlés, et ; représentation des choses. D'autre part, j'ai supposé q\ ébranlements ne pouvaient ni produire ni traduire mi ception. Elle est d<>nc en dehors d'eux. Où est-elle? saurais hésiter : en posant mon corps, j'ai posé une cei image, mais, par là aussi, la totalité des autres in puisqu'il n'y a pas d'objet matériel qui ne doive ses quî ses déterminations, son existence enfin à la place qu'il oi dans l'ensemble de l'univers. Ma perception ne peut être que quelque chose de ces objets eux-mêmes; elle i eux plutôt qu'ils ne sont en elle., Mais qu'est-elle au ju< ces objets ? Je vois que ma perception parait suivre t( détail des ébranlements nerveux dits sensitifs, et d'autn je sais que le rôle de ces ébranlements est uniqueme préparer des réactions de mon corps sur les corps en^ nants, d'esquisser mes actions virtuelles. C'est donc qut cevoir consiste à détacher, de l'ensemble des objets, l's possible de mon corps sur eux. La perception n'est qu'une sélection. Elle ne crée rien; son rôle est au con d'éliminer de l'ensemble des images toutes celles su quelles je n'aurais aucune prise, puis, de chacune des ii retenues elles-mêmes, tout ce qui n'intéresse pas les be de l'image que j'appelle mon corps. Telle est du i

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RËSUHË ET COHCLUSIon I très simplifiée, la description schématique de ons appelé la perception pure. Marquons tout tion que nous prenions ainsi entre le réalisme

ilité ait une parenté, une analogie, un rapport nscieoce, c'est ce que nous concédions à l'idéa- I même que nous appelions les choses des cune doctrine philosophique, pourvu qu'elle elle-même, ne peut d'ailleurs échapper à cette s si l'on réunissait tous les états de conscience, î et possibles, de tous les êtres conscients, on par là, selon nous, qu'une très petite partie de ielle, parce que les images débordent la pereepjarts. Ce sont précisément ces images que la étaphysique voudraient reconstituer, restauintégralité une chaîne dont notre perception elques anneaux. Mais pour établir ainsi entre la réalité le rapportée la partie au tout, it latperception son r61e véritable, qui est de préis. C'est ce que ne fait pas l'idéalisme. Pouril, comme nous le disions tout & l'heure, à « qui se manifeste dans la perception à l'ordre is la science, c'est-à-dire de la contingence os sensations paraissent se succéder au déteri les phénomènes de la nature? Précisément ibue à la conscience, dans la perception, un de sorte qu'on ne voit plus du tout quel intérêt saurait à laisser échapper entre deux sensapie, les intermédiaires par lesquels la seconde première. Ce sont ces intermédiaires et leur

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ordre rigoureux qui demeurent alors obscurs, suit qu'où érip;e ces latermédiaires eu « sessations possibles >, aeloa l'expressiOD de Mill, soit qu'on attribue cet ordre, comme le fait Kant, aux substructions établies par l'eQtendemeDt impersoQDel. Mais supposons que ma perception coosciente ait une destination toute pratique, qu'elle dessine simplement, dans l'eusemble des choses, ce qui intéresse mon action possible sur elles : je comprends que tout le reste m'é que tout le reste, cepeadaut, soit de même nature c je perçois. Ma connaissance de la matière n'est plus aiors ni subjective, comme elle l'est pour l'idéalisme anglais, ni relative, comme le veut l'idéalisme kautieu. Elle n'est pas subjective, parce qu'elle est dans les choses plutôt qu'en moi- Elle n'est pas relative, parce qu'il n'y a pas entre le < phénomène > et la « chose • le rapport de l'apparence à la réalité, mais simplement celui de la partie au tout.

Par là nous semblions revenir au réalisme. Rtais le réalisme, si on ne le corrige sur un point essentiel, est aussi inacceptable que l'idéalisme, et pour la même raison. L'idéalisme, disions-nous, ne peut passer de l'ordre qui se manifeste dans la perception à l'ordre qui réussit dans la science, c'està-dire à la réalité. Inversement, le réalisme échoue à tirer de la réalité la connaissance immédiate que nous avons d'elle. Se place-t-OQ en effet dans le réalisme vulgaire ? On a d'un cAtô une matière multiple, composée de parties plus ou moins indépendantes, diffuse dans l'espace, et de l'autre un esprit qui ne peut avoir aucun point de contact avec elle, à moins qu'il n'en soit, comme veulent les matérialistes, l'inintelligible épipbénomëne. Congidëre-t-oo de préférence le réalisme kantien ? Entre la chose en soi, c'est-à-dire le réel, et la diversité Bebcsom. Ualière et mémaire. 17

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su KËSUUÉ ET CONCLUSION

seDsible avec laquelle nous coDstruisous notre connaissance, ou ne trouve aucun rapport concevable, aucune commune mesure. Maintenant, en approfondissant ces deux forme» extrêmes du réalisme, on les voit convei^r vers un mémo e et l'autre dressent l'espace homogène comme une itre l'intelligence et les choses. Le réalisme naïf espace un milieu réel où les choses seraient en ; le réalisme kantien y voit un milieu idéal où la é des sensations se coordonne ; mais pour l'un et 'e ce milieu est donné d'abord, comme la condition de ce qui vieat s'y placer. Et en approfondissant lune hypothèse à son tour, on trouve qu'elle conibuer à l'espace homogène un rAle désintéresse, soit I à la réalité matérielle le service de la soutenir, it la fonction, toute spéculative encore, de fournir ions le moyen de se coordonner entre elles. De 'obscurité du réalisme, comme celle de l'idéalisme, ) qu'il oriente notre perceplion consciente, et les de notre perception consciente, vers la connais- , non vers l'action. — Mais supposons maintenant lace homogène ne soit pas logiquement antérieur, rieur aux choses matérielles et à la connaissance ous pouvonsavoir d'elles; supposons que l'étendue space; supposons que l'espace homogène concerne m, et notre action seulement, étant comme un filet divisé que nous tendons au-dessous de la conitérielie pour nous en rendre maîtres, pour la r dans la direction de nos activités et de nos besoins. D'y gagnons pas seulement de rejoindre la science, montre chaque chose exerçant son influence sur

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RËSUUË ET CONCLUUOH toat«8 l«8«atres, occupant par conséqqeaten un certaii la totalité â« l'étendue (bien que nous n'apercevions df chose que son emUre et que nous en arrêtions les limi point où notre corps cesserait d'avoir prise sur elle). No gagnons pas seulement, en métaphysique, de résoud d'att6nuer les contradictions que soulève la divisibilité l'espace, contradictions qui naissent toujours, comme l'avons montré, de ce qu'on ne dissocie pas les deux ] de vue de l'action et de la connaissance. Nous y gagnon tout de faire tomber l'insurmontable barrière que le réa élevait entre les choses étendues et la perception que m avons. Tandis, en eQet, qu'on posait d'un cAté une réalité Heure multiple et divisée, de l'autre des sensations étrai à l'étendue et sans contact possible avec elle, nous nous cevons que l'étendue concrète n'est pas divisée réelle pas plus que la perception immédiate n'est véritabli inexteosive. Partis du réalisme, nous revenons au même où l'idéalisme nous avait conduits; nous replaçons la pt lion dans les choses. Et nous voyons réalisme et idéa tout près de coïncider ensemble, â mesure que nous éc; le postulat, accepté sans discussion par l'un et par l'i qui leur servait de limite commune.

En résumé, si nous supposons une continuité étendi dans cette continuité même, le centre d'action réelle q figuré par notre corps, cette activité paraîtra éclairer lumière toutes les parties de la matière sur lesquei chaque instant elle aurait prise. Les mêmes besoii même puissance d'agir qui ont découpé notre corps di matière vont délimiter des corps distincts dans le milie nous environne. Tout se passera comme si nous laÎE

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nËSUUÉ ET CONCLUSION

1 réelle des choses extérieures pour en arrêter l'action virtuelle : cette action virtuelle des lotre corps et de ootre corps sur les choses ceptioQ même. Mais comme les ébranlements rps reçoit des corps environnants déterminent ans sa substance, des réactions naissantes, et vemeots intérieurs de la substance cérébrale à tout moment l'esquisse de notre action pos- :hoses, l'étal cérébral correspond exactement à , Il n'en est ni la cause, ni l'e&et, ni, en aucun icat : il la continue simplement, la perception action virtuelle et l'état cérébral notre action

s cette théorie de la * perception pure • devait et complétée tout à la fois sur deux points, ion pure, en eQet, qui serait comme un fragment uel de la réalité, appartiendrait à un être qui as â la perception des autres corps celle de son -dire ses afiections, ni à son intuition du mo- :elle des autres moments, c'est-à-dire ses sou- 'autres termes, nous avons d'abord, pour la e l'étude, traité le corps vivant comme un natique dans l'espace et la perception conss un instant mathématique dans le temps. II er au corps son étendue et à la perception sa nous réintégrions dans la conscience ses deux [ectifs, l'ailectivité et la mémoire, u'une afieclion ? Notre perception, disions-nous, }n possible de notre corps sur les autres corps, orps, étant étendu, est capable d'agir sur lul-

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