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Ibid., p

3. Bastian, On different kinds of Aphasia (British Medicat Journal, oct. et nov. 1887, p. 935.)

+. Romberg, Lehrbuch der Nervenkrankheiten, 1853, t. IL.

9. Cité par Bateman, On Aphasia, London, 1890, P- 79. — Cf. Marcé, Mémoire sur quelques observations de physiologiepathologique (Mém. de la Soc. de Biologie, 2° série, t. III, p. 102).

6. Winslow, On obscure diseases of the Brain, London, 1861, p. 505. 7. Kussmaul, Les troubles de la parole, Paris, 1884, p. 69 et suiv.

di

Partant de là, quelques-uns ont supposé un mécanisme spécial qui relierait un centre acoustique des mots à un centre articulatoire de la parole ‘. La vérité paraît être intermédiaire entre ces deux hypothèses : il y a, dans ces divers phénomènes, plus que des actions absolument mécaniques, mais moins qu'un appel à la mémoire volontaire; ils témoignent

d’une tendance des impressions verbales auditives à se pro-

longer en mouvements d’articulation, tendanc* qui n’échappe sûrement pas au contrôle habituel de notre volonté, qui implique même peut-être un discernement rudimentaire, et qu se traduit, à l’état normal, par une répétition intérieure des traits saillants de la parole entendue. Or, notre schème moteur n’est pas autre chose.

En approfondissant cette hypothèse, on y trouverait peut-

être l'explication psychologique que nous demandions tout à

l'heure de certaines formes de la surdité verbale. On connaît quelques cas de surdité verbale avec survivance intégrale des souvenirs acoustiques. Le malade a conservé intacts et le sou-

venir auditif des mots et le sens de l’ouïe ; il ne reconnaît

pourtant aucun des mots qu’il entend prononcer *. On suppose ici une lésion sous-corticale qui empêcherait les impressions acoustiques d’aller retrouver les images verbales auditives dans ls centres de l’écorce où elles seraient déposées. Mais d’abord la question est précisément de savoir si le cerveau peut emmagasiner des images ; et ensuite la constatation

| 4. Arnaud, Contribution à l'étude clinique de la surdité verbale (Arch.

de Neurologie, 1886, p. 192). — Spamer, Ueber Asymbolie (Arch. f. Psychiatrie, t. VI, p. 597 et 524).

2. Voir en particulier : P. Sérieux, Sur un cas de surdité verbale pure (Revue de Médecine, 1893, p. 733 et suiv.); Lichtheim, arf. cité, p. 461 ; et Arnaud, Contrib. à l'étude de la sw-dité verbale (2° article), Arch. de Neurologie, 1886, p. 366.

même d’une lésion dans les voies conductrices de la perception ne nous dispenserait pas de chercher l'interprétation psychologique du phénomène. Par hypothèse, en effet, les souvenirs auditifs peuvent être rappelés à la conscience; par hypothèse aussi les impressions auditives arrivent à la conscience : il doit donc y avoir, dans la conscience même, une

lacune, une solution de continuité, quelque chose enfin qui .

s'oppose à la jonction de la perception et du souvenir. Or, le fait s’éclaircira si l’on remarque que la perception auditive

brute est véritablement celle d’une continuité sonore, et que

les connexions sensori-motrices établies par l’habitude doivent avoir pour rôle, à l’état normal, de la décomposer : une lésion de ces mécanismes conscients, en empêchant la décomposition de se faire, arrêterait net l'essor des souvenirs qui tendent à se poser sur les perceptions correspondantes. C’est donc sur le « schème moteur » que pourrait porter la lésion. Qu'on passe en revue les cas, assez rares d’ailleurs, de surdité verbale avec conservation des souvenirs acoustiques : on notera, Croyons-nous, certains détails caractéristiques à cet égard. Adler signale comme un fait remarquable dans la surdité verbale que les malades ne réagissent plus aux bruits,

même intenses, alors que l’ouïe a conservé chez eux la plus

grande finesse. En d’autres termes, le son ne trouve plus chez eux son écho moteur. Un malade de Charcot, atteint de surdité verbale passagère, raconte qu’il entendait bien le timbre de sa pendule, mais qu’il n’aurait pas pu compter les coups sonnés*. Il n’arrivait donc pas, probablement, à les

1. Adler. Beitrag zur Kenntniss der seltneren Formen von sensorischer

Aphasie (Neurol. Centralblatt, 1891, p. 296 et 297). 2. Bernard, De l’Aphasie, Paris, 1889, p. 143.

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séparer et à les distinguer. Tel autre malade déclarera qu’il perçoit les paroles de la conversation, mais comme un bruit confus ‘. Enfin le sujet qui a perdu l'intelligence de la parole entendue la récupère si on lui répète le mot à plusieurs re-

prises et surtout si on le prononce en le scandant, syllabe par

syllabe ?. Ce dernier fait, constaté dans plusieurs cas absolument nets de surdité verbale avec conservation des souvenirs acoustiques, n’est-il pas particulièrement significatif ? L'erreur de Stricker * a été de croire à une répétition intérieure intégrale de la parole entendue. Sa thèse serait déjà réfutée par ce simple fait qu’on ne connaît pas un seul cas d’aphasie motrice ayant entraîné de la surdité verbale. Mais tous les faits concourent à démontrer l'existence d’une tendance motrice à désarticuler les sons, à en établir le schème. Cette tendance automatique ne va d’ailleurs pas — nous le

disions plus haut — sans un certain travail intellectuel rudi-

mentaire : sinon, comment pourrions-nous identifier ensemble, et par conséquent suivre avec le même schème, des paroles semblables prononcées à des hauteurs différentes avec des timbres de voix difiérents? Ces mouvements intérieurs de répétition et de reconnaissance sont comme un prélude à l'attention volontaire. Ils marquent la limite entre la volonté et l’automatisme. Par eux se préparent et se décident, comme nous le faisions pressentir, les phénomènes caractéristiques de la reconnaissance intellectuelle. Mais qu'est-ce que cette

1. Ballet, Le langage intérieur, Paris, 1888, p. 85. (Félix Alcan, éditeur.)

2. Voir les trois cas cités par Arnaud dans les Archives de Neurologie, 1886, p. 366 et suiv. (Contrib. clinique à l’étude de la surdilé verbale, 2° article). — Cf. le cas de Schmidt, Gehôrs- und Sprachstôürung in Folge von Apoplexie (Allg. Zeitschr. f. Psychiatrie, 1871, t. XX VII, p. 304.)

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