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DE LA SURVIVANCE DES IMAGES LA MÉMOIRE ET L'ESPRIT

Résumons brièvement ce qui précède. Nous avons distingué trois termes, le souvenir pur, le souvenir-image et la perception, dont aucun ne se produit d’ailleurs, en fait, isolement. La perception n'est jamais un simple contact de l’esprit avec

. l'objet présent; elle est M

tout imprégnée des sou

ï Souvenir pur Souvenir image Pereeption plètent en l'interprétant. B Ô Ç LAND

venirs-images qui la com-

Le souvenir-image, à son | tour, participe du « sou- tes venir pur » qu'il Com- re mence à mmatérialiser et

de la perception où il tend à s’incarner : envisagé de ce dernier point de vue, il se définirait une perception naissante. Enfin le souveuir pur, indépendant sans doute en droit, ne se manifeste normalement que dans l’image colorée et vivante qui le révèle. En symbolisant ces trois termes par les segments

consécutifs AB, BC, CD d’une même ligne droite AD, on peut

dire que notre pensée décrit cette ligne d'un mouvement

continu qui va de À en D, et qu'il est impossible de dire avec précision où l’un des termes finit, où commence l’autre.

C'est d'ailleurs ce que la conscience constate sans peines toutes les fois qu’elle suit, pour analyser la mémoire, le mou-” vement même de la mémoire qui travaille. S'agit-il de retrouver un souvenir, d'évoquer une période de notre histoire ? Nous avons conscience d'un acte sui generis par lequel nous" nous détachons du présent pour nous replacer d’abord dans le passé en général, puis dans une certaine région du passé, travail de tâtonnement, analogue à la mise au point d’un appareil photographique. Mais notre souvenir reste encore à l'état virtuel; nous nous disposons simplement ainsi à le” recevoir en adoptant l’attitude appropriée. Peu à peu il appa- Ë raît comme une nébulosité qui se condenserait: de virtuel il ” passe à l'état actuel] ; et à mesure que ses contours se dessinent et que sa surface se colore, il tend à imiter la perception. Mais il demeure attaché au passé par ses racines profondes, et si, une fois réalisé, il ne se ressentait pas de sa virtualité originelle, s’il n'était pas, en même temps qu’un état présent, quelque chose qui tranche sur le présent, nous ne le reconpaîtrions jamais pour un souvenir.

L'erreur constante de l’associationnisme est de substituer à cette continuité de devenir, qui est la réalité vivante, une multiplicité discontinue d'éléments inertes et juxtaposés. Justement parce que chacun des éléments ainsi constitués contient, en raison de son origine, quelque chose de ce qui le précède et aussi de ce qui le suit, il devrait prendre à n0o8 yeux la fcrme d’un état mixte et en quelque sorte impur. Mais d’autre part le principe de l’associationnisme veut que tout état psychologique soit une espèce d’atome, un élément

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