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LES DIVERS PLANS DE CONSCIENCE

blance et à se distinguer ainsi d’un simple rapport de succesgion chronologique : c’est ainsi qu’on ne saurait dire des mots d’une langue étrangère, quand ils s’évoquent les uns les autres dans la mémoire, s'ils s'associent par ressemblance ou par contiguité. Au contraire, plus nous nous détachons de action réelle ou possible, plus l'association par contiguïté tend à reproduire purement et simplement les images consé- (cutives de notre vie passée. Il est impossible d’entrer ici dans une étude approfondie de ces divers systèmes. Il suffira de | faire remarquer que ces systèmes ne sont point formés de lsouvenirs juxtaposés comme autant d’atomes. Il y a toujours quelques souvenirs dominants, véritables points brillants autour desquels les autres forment une nébulosité vague. Ces points brillants se multiplient à mesure que se dilate notre | mémoire. Le processus de localisation d’un souvenir dans le passé, par exemple, ne consiste pas du tout, comme on l’a dit, à plonger dans la masse de nos souvenirs comme dans un sac, pour en retirer des souvenirs de plus en plus rapprochés “entre lesquels prendra place le souvenir à localiser. Par quelle heureuse chance mettrions-nous justement la main sur | un nombre croissant de souvenirs intercalaires ? Le travail de localisation consiste en réalité dans un eflort croissant d’ex- pansion, par lequel la mémoire, toujours présente tout entière à elle-même, étend ses souvenirs sur une surface de plus en plus large et finit par distinguer ainsi, dans un amas jusqueà confus, le souvenir qui ne retrouvait pas sa place. Ici encore, d’ailleurs, la pathologie de la mémoire nous fourni- ‘rait des renseignements instructifs. Dans l'amnésie rétrograde, les souvenirs qui disparaissent de la conscience sont vraisem- blablement conservés sur les plans extrêmes de la mémoire,

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et le sujet pourra les y retrouver par un effort exceptionnel, comme celui qu’il accomplit dans l'état d’hypnotisme. Mais, sur les plans inférieurs, ces souvenirs attendaient, en quelque sorte, l’image dominante à laquelle ils pussent s’adosser. Tel choc brusque, telle émotion violente, sera l'événement déci: sif auquel ils s’attacheront ; et si cet événement, en raison de son caractère soudain, se détache du reste de notre histoire, ils le suivront dans l’oubli. On conçoit donc que l’oubli con: sécutif à un choc, physique ou moral, comprenne les événements immédiatement antérieurs, — phénomène bien diffcile à expliquer dans toutes les autres conceptions de la mémoire. Remarquons-le en passant : si l'on refuse d’attri buer quelque attente de ce genre aux souvenirs récents, et même relativement éloignés, le travail nommal de la mémoire deviendra inintelligible. Car tout événement dont le souvenir s’est imprimé dans la mémoire, si simple qu’on le suppose, 4 occupé un certain temps. Les perceptions qui ont rempli la première période de cet intervalle, et qui forment maintenant avec les perceptions consécutives un souvenir indivisé, étaient donc véritablement « en l’air » tant que la partie décisive de l'événement n’était pas encore produite. Entre la disparition d’un souvenir avec ses divers détails préliminaires et l’abolition, par l’amnésie rétrograde, d’un nombre plus ou moins

and de souvenirs antérieurs à un événement donné, il ya

nc une simple difiérence de degré, et non pas de nature.

De ces diverses considérations sur la vie mentale inférieure découlerait une certaine conception de l’équilibre intellectuel. Cet équilibre ne sera évidemment faussé que par là

, perturbation des éléments qui lui servent de matière. Il n#

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