LEÇON IX
Sepia.
II y a un animal, appartenant à la classe des Mollusque», qui s'appelle Sepia^ ou seiche. Une substance calcaire, dure, provenant de la seiche est, vous le savez, employée pour la nourriture des oiseaux. L'animal lui-même possède un petit sac ou poche, qui contient un liquide brun foncé, presque noir. Quand il est poursuivi par un poisson plus grand, il projette ce liquide, troublant ainsi Teau et se protégeant de son ennemi. Pendant longtemps on a supposé que ce liquide ne pouvait servir à autre cho&e. On pensait qu'il était absolument inerte quand on Tintroduisait dans Torgani&me humain. Depuis que les expériences de Hahnemann ont montré l'erreur de celle croyance, il est naturel de penser que la seiche l'emploie aussi pour tuer le [votit fretin dont elle fait elle-même sa proie. I^ nom de Sepia est le terme commun employé pour désigner ce remède dans notre matière médicale, le liquide ci-dessus mentionné étant la partie employée. Les artistes s'en servent beaucoup. Et voici l'histoire de l'introduction de cette substance dans notre matière médicale : Hahnemann avait un ami qui étfiit artiste, et qui devint si malade qu'il pouvait à peine s'occuper de ce qu'il avait à faire. En dépit dos soins les plus attentifs d'Hahnemann, il n'allait pas mieux. Un jour que, dans l'atelier de son ami, Hahnemann l'observait se servant du pigment fait avec Sepia, il remarqua que l'artiste mouillait souvent son pinceau dans sa bouche. Immédiatement lui vint h l'esprit l'idée que là pouvait être k cause de la maladie. Il sup:géra cette idée à l'artiste, qui déclara positivement que la couleur de Sepia était absolument inoffensive. CejXîndant, sur le conseil du médecin, le i)eintre cessa de mouiller son pinceau dans sa bouche, et son obscure maladie guérit rapidement. Alors Hahnemann enl reprit des expériences avec le Sepia? suc cufi. Tous les symptômes observés par lui ont depuis été cx>n~ firmes. En 1874, l'Institut américain d'Homœopathie, agissant
MATIÈRE MÉDICALE CUNIQUE 107
avec l'idée que nos vieux remèdes devaient être réexpérimenlés, entreprit cette tâche pour Sepia, On fit environ 25 essais du inédicament de la 3* à la 20(>* puissance. Il en fut rendu compte à la réunion de TAssociatîon en 1875. Ils apportent la preuve que les expériences qui nous ont été transmises par Hatmemaim n*ont pas à être révisées.
Sepia est un remède d'une valeur inestimable. Il agit spécialement sur l'organisme féminin, quoiqu'il ait aussi une action sur l'homme, Il est particulièrement adapté aux femmes délicates avec une peau plutôt fine, sensibles à toutes les impressions; ordinairement avec une chevelure sombre, quoique non forcément ainsi ; la face est plutôt bl^me, et les yeux entourés de cercles sombres.
Il agit sur les forces vitales aussi bien cjuo sur les substances organiques du corps. Il impressionne Ir^s vile la circulalioTiy qui devient de plus en plus troublcV à mesure que l'expérience s'a\ance. Môme dès lu quatrième heure se développent des boulfées h la lêle et de l'effervescence. Ces flux se terminent par de la sueur, avec une sensation de faiblesse, d'anéaniissement. Tout mouvement ou exercice est suiri de moments de chaleur et de sueurs abondantes.
Avec cet état coexiste un éréthinnie du système nerveux causant l'agitation, l'anxiété, etc.
Ces deux séries de symptômes indiquent rinfluence troublante du médicament sur le système nerveux de la vie animale, et aussi sur les nerfs vaso-moteurs. De là la production de maux de tête, de congestions locales variées, etc.
Suivant bientôt ces symptômes sont ceux qui sont marqué? par le relâchement des tissus et la faiblesse nerveuse. Le sujet devient languissant, prostré, abattu, l-es jointures sont senties plus faibles, comme si elles allaient facilement se dislo((uer. IjQS viecères sont languissants, d'où l'anéantissement bien connu, etc., etc. Les congestions veineuses se prolongent, et. natuivllemenl, en rai&on de la faiblesse dos vaso-moteurs, augmentent. L'utérus prolabé devient de plus en plus eongestioimé, l;i filase-porte augmente, et le (oie est lourd H pnresseux.Le» vaisseaux sanguins sont pleins, et les membres, en conséqueno?. ont une sensation douloureuse de brisement et de tiraillement, l/iafluence générale déprimante sur les puissances vitales aboutit dans la suite à de la faiblesse, des défaillances, du tremblo ment. Les membres semblent lourds, comme s'ils étaient paralysés: raideur et pesanteur des jambes, spécialement après le mmmeiL
Les sphincters, aussi bien que tous les tissus dont le pouvoir
lOS MATIÈRE MÉDICALE CLINIQUE
dépend des mufic^ lisses, sont {aibles. Aussi le rectum se pro labe, les évacuations des intestins et de la vessie sont tardives et paresseuses, etc., et cependant il n'y a pas paralysie complète.
Des changements organiques se produisent dans le teint, qui est jaune, terreux ; dans les sécrétions, qui sont fétides, sûres, excoriantes, etc.; dans Tétat de la peau qui a des exhalaisons {élides, et a une disposition aux éruptions, à la décoloration, la desquamation, les ulcères, etc.
Parmi les conditions qui modifient le cas de Sepia, aucune n'est si importante que Ye[[el du mouvement. Deux ou trois expérimentateurs ont trouvé un soulagement marqué des symptômes (l'un d'eux exceptant l'équitation), par un violent exercice. Mais beaucoup de symptômes sont empires par l'exercice. Comment donc pouvons-nous les discerner ? Comme beaucoup des symptômes viennent de la laxité des tissus, avec de la torpidité, et par dessus tout avec de l'engorgement des veines, l'exercice soulage en favorisant le retour du sang vers le cœur. L'aggravation par l'équitation ou par le mouvement d'un na> vire, heurtant les parties sensibles et tendant à accroître la plénitude veineuse, augmente nécessairement les troubles. Mais le mal de tête, l'état de dépression et de défaillance, les douleurs sacro-lombaires, et aussi souvent le prolapsus utérin, sont naturelfement augmentés par là marche.
En un mot, on a trouva que Sepia agit bien chez les hommes, ou plus souvent chez les femmes qui sont bouffis et flasques, moins fréquemment émaciés; qui ont la peau jaune, ou couverte de taches jaune-brun d'aspect sale ; qui ont tendance à transpirer, spécialement autour des organes génitaux, dans l'aisselle ou le dos, souffrent d'afflux de chaleur, de mal de lête le matin, se réveillent gênés et fatigués, et sont sujets à des maladies des organes sexuels. L'homme a de l'éréthisme sexuel, mais sans énergie ; et le coït cause une grande fatigue (neurasthénie). La femme a de l'éréthisme, avec de l'hystérie, ou un utérus prolabé, des palpitations, des flux de sang, des défaillances, etc. Dans les deux cas, il peut y avoir stase porte, avec foie agissant imparfaitement, dyspepsie atonique, intestins paresseux, dépôt diacide urique dans Vurine, avec des signes concomitants de désordres de la digestion et de l'assimilation. L'attiude générale n'est jamais de force ou de bienêtre, de bonne santé, mais plutôt de laxité du tissu conjonetif, de langueur, et de paralysie facile.
Nous rappellerons plus loin que les symptômes de Sepia sont notablement empires la matinée et le soir^ Paprèa-midi
amenant un temps (ïamélioraiion générale. Il y a beaucoup de confirmations de ce fait.
Nous Mmmes maintenant préparés à passer en revue les symptômes en détail, et à déterminer s*ils vont de pair avec les assertions produites ci-dessus.
Pour comprendre la symptomatologie d*uu remède si vaste que Sepia, qui a dans sa pathogénésie quelque 2.000 symptômes de plus ou moins d'importance, nous considérerons Taclion de cette substance selon les différents tissus qu'elle affecte. Et avant tout ce sera pour le sang. Sepia cause un grand trouble dans la circulation ; beaucoup de ses symptômes semblent dépendre d'une congestion veineuse et c'est spécialement notable pour la circulaiion- porte. Passant en revue certains des symptômes basés s-ur cet état pathologique, nous trouvons des boudées de chaleur qui semblait commencer dans le tronc el remontent à la tête, avec de l'anxiété et, naturellement, une sensation d'oppression, finissant par de la transpiration ; des battements par tout le corps, et particulièrement à l'épigastre, dans les régions hépatique, utérine, le bas des reins. Ce symptôme est très commun dans l'hystérie et la chlorose. Saignement de nez (nommé épistaxis), par des causes mécaniques comme un coup ou une chute, ou par la présence dans une pièce très chaude, ou par la suppression des règles. Douleur battante dans l'utérus ; quand on l'examine, on le trouve gonflé, gorgé de sang, sensible au loucher, et, nous le verrons en parlant des symptômes locaux, déplacé. Les mains sont chaudes et les pieds froids; ou, dès que les pieds deviennent chauds, les mains sont {roides. C'est un excellent symptôme indiquant Sepia.
Considérons maintenant les symptômes de la peau. Nous trouvons encore que son action est due à une circulation veineuse défectueuse. Nous savons que, lorsque les nerfs vasomoteurs sont inactifs, la peau est plus susceptible aux effets de l'irritation, et particulièrement aux éruptions herpétiques, et c'est particulièrement les éruptions herpétiques que Sepia guérit. De petites vésicules se forment, particulièrement vers le coude et les genoux. Les ulcérations peu vont se former autour des jointures, particulièrement à celles des doigts. Avec Sepia, elles sont généralement indolores. Je ne connais que deux autres remèdes qui aient ce symptôme, ce sont : Borax el Mercurius. Sepia a été suggéré comme remède d^ns l'herpès circiné.
Sepia cause ainsi des taches jaune-brun, de la démangeaison, de la rougeur, de l'humidité et de l'ulcération, des pustu-
110 MATIÈRE MÉDICALE CUNIQUE
l-es écailleuses. L'urticaire du malade est amélioré quand il est dans une pièce chaude, mais la chaleur du lit aggrave le jûcotement de la peau.
Sepia réussit dans le traitement du psoriasis, bien qu'il soil inférieur à Arsenic, et à Ars, iodé.
Les taches jaune-brun ont été aussi guéries par Lycopod.; Nux vomica, et Sulphur, Le curare est employé par le D* Baruch, de New-York.
A côté de Sepia, Calcatea oslr\, Baî-yta corb., et Telluriitm, ont été recommandés pour rimi)éligo, Baryta carb,^ n'a jamais réussi entre mes mains. Tellurium est utile quand Timpéligo atteint une grande partie du corps en plaques entrecroisées.
Dans la gale. Sepia est indiqué après Sulphur, quand des pustules sont dissémiïKk^s au milieu des xésicules démangeantes.
SejtKi a une action marquée sur le tissu conlonctil laffaiblissanl et jiroduit ainsi une grande variété de symptômes. Ainsi, il y a {aihlesse des jointures, qui se dérobent rapidement quand on marche ; faiblesse au creux de l'estomac, qui n'*est pas soulagée en mangeant. Cet effet de Sepia peut être utilisé dans les cas dans lesquels les articulations sont facilement disloquées.
Maintenant, prenant les organes successivement, nous trouvons que Sepia a une action marquée sur Tesprit. Il produit un ÉTAT MENTAL lout à fait caraclérîstique, et qu'on devrait trouver quand Sepia est indiqué comme remède. Le patient, ordinairement une femme, est déprimé, triste, et crie facîleemnt. Cette tristesse est ordinairement associée à de Tirritabilité. Cela ne fera pas blâmer la femme sujette à Sepia. A d'autres moments, elle manifeste un état de parfaite indifférence. Elle ne s'occupe pas des affaires de sa maison ou même de sa propre famille.
Cet état mental de Sepia doit être distingué de celui de Pul~ saiilia, de Natrum mur,, et de Causlicum, Puisai,, cependant, est Tanalogue le plus proche. Puis, et Sepia développent un état de pleurs, d'anxiété avec bouillonnement, de mauvaise humeur chagrine, de sollicitude pour sa santé. Mais Puisai, seule a la disposition douce, facile, s'attachant, cherchant des consolations ; et elle n'a pas Tirrilabilité colère et l'indifférence froide de Sepia,
Natrum muriai, est complémentaire de Sepia ; ils correspon dent entre eux en causant l'humeur pleureuse, la dépression mentale, le souvenir persistant des désagréments passés, l'irritabilité, l'indifférence, la perte de mémoire, et l'alternance des
MAîlÈRE MÉDICALE CLINIQUE 111
élals d'esprit. Le premier a surtout que le malade est pire quand on le console. Cliniquement, on peut dire la même chose de Sepia, Les deux remèdes, aussi, ont leurs maux aggravés par les vexations et la colère. Les deux sont évidemment semblables en causanl la faiblesse et l'irritabilité nerveuses, mais leur relation complémentaire consiste dans ce fait que Sepia cause Téréthisme le plus vasculaire ; de là ce fait qu'avec Sepia, des troubles de la sensibilité causent une congestion de la poitrine et de la tête, qu'une conversation animée donne de la chaleur de la face, et que des sueurs suivent l'excitation. Avec Noir, mur., les symptômes s'adressent plus à l'excitation ou à la faiblesse nerveuse seulement, ce qui fait que les émotions amènent un mal de tête, avec tension, une parole animée et un rodpessement de la colonne vertébrale, ot les pensées déplaisantes de la tristesse, de la faiblesse paralytique, ou de l'irritabilité sans bouillonnements. Si le malade est hypochondriaque, c'est mi état de mélancolie par dépression mentale, causé par l'inerlie des intestins, tandis qu'avec Sepia le même état déx)en(l de la stase-porte, et par conséquent, est plus persistant et associé à un tempérament plus irritable. Nairum mur, jjeut être indiqué quand l'état mental dépend d'une maladie utérine ou d'une iiTégularité menstruelle. Mais ce sera seulement un prolapsus, jamais l'engorgement utérin de Sepia, L'indifférence de Nairum maf\ vient du désespoir et de la langueur d'esprit; tandis que celle de Sepia contient une aversion non déguisée pour ceux qui sont les plus proches et naturellement les plus chers.
Causîicam donne de la tristesse, particulièrement avant les règles. La face est jaune ; mais l'anxiété est plutôt un état timide, craintif ; la malade est remplie de pressentiments. Elle redoute la possibilité d'accidents pour etle et pour les autres.
Lilium tigrinum a une place très rapprochée de Sepia. li aBede la circulation, particulièrement la circulation veineuse, et, comme réflexes produits par l'irritation utérine et ovarienne, il y a : irritabilité nerveuse, a besoin d'être occupée, et cependant ne peut faire grand'chose ; manières bourrues. Déprimée, pleine d'appréhension d'une maladie incurable. d'accidents,otc. Elle sent qu'elle va perdre la lète ; disposition à pleurer.
Il y a cependant une différence essentielle en ceci, que la malade de Lilium trouve un soulagement en divertissant son esprit par les occupations ; tandis que la patiente de Sepia a beaucoup de symptômes nerveux soulagés par un exercice \iolent. C'est dans le premier cas un éréthisme sexuel qui est ainsi soulagé ; dans le second, c'est une amélioration générale venant de ce que la circulation veineuse est favorisée, l'éré-
thisme nerveux n'étant que léger, et associé à une diminution de la passion vénérienne.
Hepar développe une humeur qu'il peut ne pas être mal placé, d'envisager. Tristesse, avec retour à la pensée des événements désagréables ; soirées tristes, allont jusqu'à des pensées de suicide ; humeur chagrine ; la plus petite chose le fait se mettre en fureur ; il ne peut pas voir les membres de sa l)ropre famille.
Mais ce dernier état n'est pas semblable à l'indifférence de Sepia. Il provient plus d'une humeur contraire. Et, de plus, Ilepar seulement a de ces violents éclats de passion.
Platina est semblable dans sa dépression d'humeur. « Indifférence : il ne semble pas se soucier si sa femme, absente, est morte ou non. » Mais il en sort pour montrer de l'arrogance, ou de l'anxiété, avec peur d'une mort imminente ; ou cet état mental renfermé, qui est parent du sentiment d'une supériorité personnelle, dans lequel « tout semble trop mesquin, avec esprit chagrin ». Et, à côté, comme nous le verrons, les symptômes utérins diffèrent matériellement.
Considérons maintenant les symptômes de la tête, de Sepia. C'est une maladie de la tête appelée hémicrànie, pour laquelle Sepia est un de nos meilleurs remèdes. Les symptômes qui l'indiquent ici sont les suivants : douleurs sur un œil (ordinairement le gauche), d'un caractère battant ; douleurs profondes, piquantes, qui semblent siéger dans les membranes du cerveau, et ces douleurs presque toujours frappent vers la partie supérieure, ou de dedans en dehors. Le malade ne peut supporter la lumière, le bruit ni le mouvement. Ordinairement, chez les femmes, il y a sensibilité de la face ou trouble de la position de l'utérus, ou de la menstruation. Nous trouvons, aussi, que le malade peut avoir des secousses de la tête en arrière et en avant. Ceci a été utilisé chez les femmes nerveuses (hystériques par exemple), et aussi chez les enfants dont les fontanelles sont ouvertes. Dans ce cas, il ne faudrait pas donner Suiphur^ Calcarea, ou les remèdes de ce type. Sepia est aussi utile dans les maux de tête arthritiques, spécialement lorsque, comme ceux de Nux vomica, ils sont pires le matin, avec nausée et vomissement. Le foie, naturellement, est affecté, et l'urine est chargée diacide urique.
Dans l'hémicrûnie, on peut comparer Sepia avec Bellad^^San- (juinavia^ Iris, PuhuL, Nux vomica, et Theridion,
Bellad, doit être choisie dans l'hémicrânie quand il y a une violente hyperémie, avec battements des carotides, face rouge, intolérance du moindre choc, lumière, ou bruit. Elle est indi-
quée, vous le verrez, chez les pléthoriques, et non chez les cachectiques, comme avec Sepia.
Sanguinaria produit un mal de tête situé à droite, les douleurs venant de l'occiput. Elles accroissent et décroissent avec le cours du soleil, atteignant leur acmé vers midi. Les paroxysmes se terminent par une urination profuse (comme avec Silicea, Gelsemium, et Veratrum album). Ils reviennent tous les sept jours. Sanguinaria a aussi une céphalée menstruelle qui accompagne un flux prof us. Avec Sepia, les règles sont peu abondantes. Avec Sanguinaria les douleurs sont dans le côté droit, avec Sepia, elles peuvent apparaître d'un côté ou de laulre.
Vous emploierez Iris versicolor dans Thémicrânie, quand l'altaque commence par Tembrouillement de la vue, et que les paroxysmes sont accompagnés de vomissements surs, aqueux. Les douleurs envahissent les nerfs sous-orbitaires et dentaires avec une céphalée abrutissante ou étourdissante.
Pulsaiilla est très semblable à Sepia. Les deux sont indiquées quand il y a des règles parcimonieuses, des douleurs brisantes, battantes ou forantes, piquantes, sur un côté de la tête, obscurcissement de la vue, langue blanche, nausée et vomissement. Pulsaiilla a, au plus haut degré le vomissement, la langue couverte d'un épais enduit avec bouche pâteuse et soulagement par l'air froid. Les douleurs ont un caractère changeant, et sont associées à de la frilosité. Elles sont pires le soir. Avec Sepia, les douleurs reviennent par à-coups ou par flux, avec accroissement proportionnel de la chaleur de la tête : avec le trouble de la vue existe de la j>esanteur des paupières ; et quant à la face, quoiqu'elle soit rouge avec le mal de tête pour les deux remèdes, elle est ordinairement jaune avec Sepia et pâle avec Pulsaiilla.
Nux vom. est plus adapté aux hommes que Sepia. Elle guérit une sensation douloureuse de tiraillement, conune d'un clou enfoncé dans la tète, ou comme si le cerveau était brisé en morceaux. La face est pâle, blême, ou blafarde sur un fond rouge. Les attaques commencent de bonne heure le matin, et généralement augmentent jusqu'à un degré furieux. Comme avec Sepia, les causes excitantes peuvent être des hémorrhol- <ies, la pléthore abdominale, ou la fatigue cérébrale. En général, cependant, les deux drogues sont très différentes.
Arsenicum album causera un mal de tête avec battements, stupéfiant, sur l'œil gauche. Pour cette particularité, il ressemble à Sepia, mais la prostration et l'agitation des deux médicaments sont très différentes, comme est aussi l'intensité de
MAT. MÊD. CL. 8
'Ibi MATIKRIv MÉDICALE CLINIQUE
l'irritabilité colère, jusqu'à jurer, qu^ produit Arsenic, Le mal de tête (ÏArsenic. ressent exceptionnellement un soulagement temporaire par Tapplication d'eau froide sur la tête.
Theridion a, pour parler plus exactement, des choses voltigeant devant les yeux, ou des taches. La nausée de ce remède est empirée en fermant les yeux, ou aussi par le bruit. L'effet du bruit est plus intense qu'ayec Sepia, Il semble rendre plus intenses les douleurs, et, eemble-t-il, pénétrer dans les dents tellement les nerfs sout sensibles à cette sorte de vibration.
Sepia est très utile dans les maladies des yeux, Vous le trouverez indiqué dans Yasihénopie, accompagnant les maladies utérines. On peut différencier Sepia des autres rçmèdes par le moment de son aggravation, la patiente étant généralement pire le voir ; le matin et l'après-midi elle est généralement ccwnplètement bien.
Dans la conlonctivite^ vous trouverez Sepia indiquée quand rinflammalion est d'un type traînant, survenant généralement ohez des enfants scrofuleux. I^s symptômes sont subaigus. Il y a un écoulement mueo-purulent le matin. On sent les yeux relativement en bon état pendant le jour, tandis que le soir il y a une sécheresse désagréable des yeux.
Nous allons résumer les symptômes oculaii-es restants de Sepia, comme il suit : cataracte' ; trachome ; paupières écail leu»e», ou pustuleuses avec des éruptions sur la face ; les yeux sont irritables à la Imnière ; les paupières se ferment malgré lui ; paupières baissées ; douleurs piquantes, pires par le frottement. Causes : maladies de l'utérus ou du foie, scrofule, usage du thé. Pire le matin et Je soir, avec l'eau chaude, mieux par le lavage froid, et dans l'après-midi,
J^ai pendant des années em\yloyé. Sepia pour le trouble de la vue, etc., avec prolapsus utérin. (Voir aussi Ophtalmie Therapeutks, de Norton.) Je l'ai de même trouvée efficace dans Tïisthénopie, associée avec dépression dépendant de pertes séminales, survenant volontairement ou non. Sous ce jour, le médicament est semblable à ISlatruni mur,, Lilium tiffr. Jaborandi, Kali carb. Le premier d'entre eux surajoute la faiblesse musculaire (droit interne), la sensation raide dans les muscles des yeux en les remuant, etc. Il y a confusion des lettres et des points, mais non l'évanouissement soudain de la vue, ai marqué avec Sepia.
Lilium tigrinum cause de la cuissovi des yeux ; brouillard avec chaleur dans les paupières et les yeux ; douleurs aiguës sur l'œil gauche, ressemblant par ce symptôme à Sepia. Il a aussi le brûlement, la cuisson dane les yeux après la lecture,
M^TliillK MÉDICAUt CMNlQUiS }i5
améliorée à Tair libre, cornais Ptihatilla. Spasme de Taocommodatioli. (Voir JaboratidL)
Cyclamen, et Pulêatilla peuvent «us»! être envisagé^ àvee Sepia pour rév«iicmiss6m«nt coudai» de la vue ; le premier avec règles ppofuse» et eoinbreS} le second avec un flux rare et soRibiv. Mais la cécité de Cyclamen, accompagne un mal de lèfce unilatéral de la tempe gauche avec face pâle, nauaée rapportée à la gorge, et digeation faible.
Avec PuUatilla, qa'on peut aueei employer dana la conjonctivite, il y a un écoulement de mueo-pus, mais il n'est pas iv* rilant et est plue aceentué la nuit, avec agglutination dee paupières le matin. Il y a de fines granulations sur les paupières. Le patient est sujet à une répétition d*orgeoleis très enflammés.
Vous pouvez employer Graphites quand les commissures craquent et saignent, et quand les bords des paupières sont pftles et gonflées, ou écailleuses.
Thuya est indiqué dans les affections des yeux des buveurs de thé. Etes égailles brunes, comme du son, s'accumulent autour des cils, et H y a de petites tumeurs tarriennes comme des verrues (chalazion).
Nux vomica sera indiquée dans les affections des yeux^ associées à des maladies hépatiques. Les symptômes sont pires le matin et quelques-uns d'entre eux sont soulagés par le bain froid (des yeux).
Natrum mur. y comme Sepia, est indiqué dans les affections des yeux ayant pour cause un réflexe venu d'une maladie utérine ; les paupières s'abaissent. Mais avec Nairum mur^f il y a plut de fermeture spasmodique des paupières dana la eo5Jonctivite, les écoulenients sont peu abondants, et irritante ; il y a des craquements aux commissures et aussi aux angles de la bouche : douleurs sur les yeux, pires en regardant len bas,
Ahuninay de même^ a la chute des paupières, la sé<5her6sse h cuisson, )a vue faible.,' mais Alumina a l'aggravalion le soir et la nuit.' L'intérieur des paupières est atteint.
Passons iDaintemint à l'action de Sepia sur lea organet abdominaux : nous le trouvons indiqué dans la forme de dyspepi^ie mentionnée il y a quelques minutes, et aussi dane la dyspepsie ^rvenanl dans les maladies utérines^ quand elle est associée ^ un sentiment de défaillance, de vide à l'épigastre et dans '^abdomen, avec goût sur ou amer dans la bouche, et le désir 4e cboees acides, de condiments, la satisfaction de Tappétit V) ft le malade pour ces choses semblant soulager ee& srmp-
116 MATIÈRE MÉDICALE CUNIQUE
tomes. La langue est eauvertc d'un enduit blane, les intestins sont ordinairement sujets à de la constipation, les selles étant dures, sèches, et insuffisantes, ou, même si elles ne sont pas indurées, sont expulsées avec dilficulté. L'abdomen est gonflé et distendu de gaz, et il y a presque toujours de la sensibilité douloureuse dans la région hépatique. En faisant un examen physique, on trouve le foie augmenté, non par une dégénérescence graisseuse ou amyloîde, mais par la congestion.
Les hémorrhoïdes sont aussi une indication de Sepia quand il y a saignement en allant à la selle, avec une sensation de plénitude dans le rectum comme s'il était distendu par quelque corps étranger, qui semble exciter des besoins d'aller à la selle. L'urine a une odeur fétide particulière, et est très trouble. Au repos, elle dépose un sédiment d'acide urique qui adhère d'une façon très tenace aux parois du vase.
Lycopodium est un rival de içrande valeur de Sepia dans l'état que nous venons de décrire. La distinction entre les deux remèdes peut vous être donnée en peu de mots.
Une sensation de vide à Vépigasire est plus caractéristique de Sepia ; la réplélki& ;^près le repas, de Lycopod. En effet, avec ce dernier. 1» réplétion domine les autres symptômes, existant souvent san^ aucune altération dans l'apparence de la langue. Un goût sûr, et des éructations sûres ou brûlantes sont, cependant, très communs. L'abdomen est dans un état de fermentation. Après le repas, la circulation est troublée, avec un assoupissement irrésistible. L'urine contient un sédiment de sable rouge. Les intestins présentent de la constip)ation, avec besoins et constriction anale. L'urine, cependant, n'est pas si fétide qu'avec Sepia.
Sulphur ressemble à Sepia à beaucoup d'égards. Les deux sont indiqués dans les cas torpides avec manque de réaction. Il y a pléthore abdominale, congestion du foie, hémorrhoïdes, constipation, faim à 11 heures du matin ; goût amer ou sûr ; éructations sûres ou ayant le goût d'œufs pourris ; plénitude après avoir pris peu de nourriture, etc. Avec Sulphur^ la face est plus pustuleuse, rouge, et quelquefois avec des taches. La salive lui donne des nausées. Il vomit la nourriture. Il demande de l'eau-de-vie, ou de la bière, et des sucreries, mais ces choses lui font du mal. Il ressent de la faim à 11 heures du matin; tandis qu'avec Sepia c'est plus une sensation d'anéantissement, de défaillance. La constipation est associée à des besoins inefficaces, comme avec Nux vomica.
Pour la sensation de défaillance, de vide à l'épigastre, comparez Sepia avec Calcarea osireanxm^ CoccxUus, Kali carh.y
Stannum^ IgnatiHy Carbo an.^ SarsaparUla, Niccolum, Oleander, IpecaCjj Thea, Staphysagria, Aciœa rac.^ et Hydrastis.
Cocculus a la faiblesse s'étendant à tout Tabdomen et la poitrine. Parler fatigue la malade. La sensation est renouvelée' par l'abus d'exercioe et spécialement le manque de sommeil.
Kali carb, a la sensation de vide avant de manger, hors de porportion avec la sensation de vacuité causée par la faim,avec gonflement anormal après avoir mangé, surtout après avoir pris une petite quantité de soupe.
Avec Stcuinum, la sensation persiste après avoir mangé, et s'étend à toute la poitrine.
Avec Ignaiia, elle est accompagnée par des soupirs.
Avec Carho anim.y elle vient de la perte des liquides vitaux.
Pour Sarsaparilla^ c'est associé à des grondements dans l'ab"domen (borborygmes).
Niccolum^ sans désir de nourriture.
Oleander^ avec sensation de distension de l'abdomen; la poitrine est sentie comme vide et froide.
Actœa racemosa est excellente quand, avec la défaillance, la sensation de vide à Tépigastre, il y a du tremblement, une sensation ondoyante venant de l'estomac sur le corps.
Hydrastis soulage quand, il y a sensation d'affaiblissement, palpitations de cœur, et selles couvertes de mucus.
Thea produit une sensation de défaillance, d'anéantissement; mal de tète nauséeux irradiant d'un point, et douleurs dans l'ovaire gauche.