LEÇON VIII
M0SCHU8.
L'ordi-e d^s Huniiuants nous t'ouniU le Musc, qui est obtaiiw du Moschus moschilerus , ou daim musqué. On le trouvé dans un sac immédiatement en arrière de rombilic, il consiste pro bablement en uno sécrétion des glancU's prépuliales.
Le second mot, Moschiferus, est mie qualification nécessaire, car plusieurs des daims musqués, comme le Tvfujalus lavmiicus, et le Meminna Indica, sont dépourvus de la poche porU* musc.
L'odeur de cette substance est si pénétranlo, ([u'on a grand'peine à la chasser d'une pièce, même après des nettoyages cl des changements soigneux.
Moschus a de la valeur dans les affections nerveuses, et aussi dans beaucoup de formes graves de maladies. Injecté dans les veines des animaux, il a produit le narcotisme avec spasme musculaire, selles sanglantes, et finalement .la mort. Wood ix;garde son action sur l'homme comme faible et incertaine, quoiqu'il admette son emploi clinique quand le système nerveux est déprimé, avec accompagnement d'agitation, etc. Riuger le considère comme appliqué à tort à la médecine en raison do son odeur nauséeuse. Barlholow, Flint, llanmiond et Rosenthal ne l'emploient pas dans l'hystérie. Comme certaines autorités américaines, ils l'emploient avec plus de confiance dans la pneumonie et le spasme de la glotte. Trousseau, avec son conservatisme caractéristique, rejette les louanges déjà citées des anciens auteurs, et procède, selon son unique manière, en définissant son application exacte aux maladies.
Dans notre école, la précision de prescriptions a eu son influence en définissant plus clairement les pouvoirs du musc, et ainsi en limitant son action dans les bornes raisonnables. Les expériences de Jœrg et Sunderlin, qu'Allen a jugées dignes d'être incorpK)rées dans V Encyclopédie, sont considérées par certains comme contradictoires. Cependant elles ne sont pas
^fATIÈRE MÉDICAi^ GLINCQUE 99
opposées à d'autres expériences obtenues avec des diiutions ou par inhalation, et ainsi sont précieuses et mériieot d*être retenues.
Donné faomœopathiquement, Moêchue est à employer dans des affections variées quand les symptômes nerveux prédominent. La maladie, en conséquence, né doit pas suivre son cours normal, mais reste sans se guérir, ou donne des symptômes sérieux, indiquant une dépression nerveuse. Il est aussi quelquefois indiqué dans Thystérie et riiypochoudrie.
Moschus produit aussi de nombreux symptômes se rapporlanl au système nerveux. Les suivants sont particulièrement dignes d'être notés. La malade est excitée comme par de Talcool; pouls plein et plus fréquent ; température légèrement élevée, congestion au cerveau ; divague, parle rapidement et confusément ; se fâche, jusqu'à ce que les lèvres soient bleues, la face pâle, et qu'elle tombe dans l'inconscience ; anxiété, tiessaillc au moindre bruit; angoisse de la mort, anxiété, avec défaillances ; faiblesses, avec refroidissement, laoe pôle, inconscience complète : hystérie, délire comme par de Talcool ; insomnie ; tressaillement musculaire ; ataxie ; la face présente une expression de surprise ; convulsions, plus ioniques que cloniques.
Hystérie, spécialement pour les paroxysmes, même si la malade est insensible. Crie à un moment, puis se met à rire de façon inconsidérée.
Accompagnements : palpitation de coeur, comme par une attente anxieuse. Nerveuse, affairée, mais faible ; laisse tomber les objets. Nervosité très trémulante. Faiblesses, avec face pâle et refroidissement. Somnolence pendant le jour. Flux de sang à la tête, a^ec yeux brillants. Instabilité vertigineuse, comme si quelque chose se mouvait rapidement de haut en bas. Vertige. Mal de tête et douleurs dans le dos et les membres, qui s'expriment par une sensation de tension, de raideiir, de pression, ou de tirement. Les muscles et la peau sont fortement tendus (spasme tonique). La malade se plaint souvent de nausée, et il y a une crampe à Tombilic, ou un pincement, comme par une sangle. Malaise dans les jambes, piro quand elle est assise. Grand tympanisme, avec faiblesses. Abondante urine aqueuse. Spasme de la glotte. Les règles sont trop précoces et trop profuses, précédées par des sensations de tension, et aussi des tensions et des tiraillements dans les parties génitales. Augmentation de l'appétit sexuel avec titillation locale.
Sensation soudaine dans la partie «upéricune du larynx, wmme s'il se fermait sur la respiration. Une sorte de crampe
dans le poumon, commençant par une inclination à tousser, augmentant graduellement, et mettant le malade complètement au désespoir. Constriction suffocante dans la poitrine.
Les symptômes hystériques les plus importants de Moschus sont: attaques jusqu'à tomber en faiblesse ou sans connaissance ; refroidissement de la surface ; face pâle, paroxysmes de suffocation ; criaille jusqu'à bomber sans connaissance.
Comparer Cdsioreum, Nux moschata, Asa (œtida, Ammoniac^ Valeriana, Igiuilia, Magnesia muriaiica.
Camphov, antidote beaucoup de ses symtpômes, particulièrement s'il y a l'inconscience et le refroidissement.
Castoreum provient des sacs préputiaux du castor. Comiiiu le musc, il cause le nervosisme, le tressaillement, et le dérangement des règles. Mais il est plus adapté aux symptômes nerveux qui précèdent l'hystérie complètement développée. Il convient aux femmes qui souffrent de faiblesse irritable, avec prédominance des symptômes abdominaux.
Chargé, par exemple, l'employait chez les femmes qui, durant la convalescence d'une maladie donnant de la prostration, comme la fièvre typhoïde, souffrent d'affections spasmodiques, de tiraillements des muscles, avec extrême épuisement. Aussi le manque de réaction nerveuse tend à prolonger la convalescence anormalement, et Castoreum, en fortifiant les nerfs, hâte le rétablissement.
Trousseau emploie ce remède pour les coliques nerveuses avec pâleur, sueur froide, et perte soudaine de forces, causée par des émotions, lé froid au pieds, etc. Aussi pour l'aménorrhée, avec tympanisme douloureux ; le sang menstruel, à cause du ténesme utérin, s'échappe seulement par gouttes. Teste s'en félicite dans ees cas.
Les expériences développent un ensemble de symptômes tout à fait concordants avec ces effets cliniques. Les femmes sont nerveuses, anxieuses et tristes, devenant de mauvaise humeur pendant les règles. Douleurs déchirantes, améliorées par la pression ou le frottement. Sensation de pression déchirante en différentes régions, pendant les règles.
L'abdomen est distendu avec flatulence; tiraillement dans les aines, avec besoin d'aller à la selle pendant les règles. Sensations coupantes vers l'ombilic.
Selles de mucus sanglant ; ou d'eau blanchâtre, avec brûlure à l'anus. Selles muqueuses vertes, qui semblent brûler. Coliques coupantes avant la selle, améliorées par la pression ou quand on se courbe en deux.
\ Un médecin espagnol a confirmé la circonstance de Casio-
reum, soulagement des douleurs par la pression. Et nous pouvons profiter des autorités françaises et espagnoles dans leur traitement des affections nerveuses, car, en raison de leurs particularités nationales, ils ont souvent occasion de traiter des cas semblables.
Les ressemblances entre Musc et Castoreum sont plutôt pour l'espèce des affections dans lesquelles ils sont indiqués que pour leurs symptômes spéciaux.Cependant Trousseau les place ensemble dans les attaques nerveuses, quand l'aura part des viscères abdominaux. Mais le musc seulement a manifestement produit des attaques liystériques, avec spasmes pulmonaires et laryngés et de la perte de connaissance.
Et nous pouvons dire, en passant, que Castoreum a guéri la présence de selles muqueuses, aqueuses ou vertes chez les enfants délicats, nerveux, qui se réveillent par la chaleur de l'été ou pendant la dentition, et qui ne répondraient pas aux remèdes habituels.
Nux moschata exerce une très nouvelle influence sur l'esprit. L*état varie entre un état d'égarement, dans lequel les choses environnantes paraissent étranges, chimériques ou fantastiques, à une condition d'absence d*esprit, de somnolence, et finalement de profonde stupeur, avec perte du mouvement et de la sensation. Les états mentaux peuvent alterner. Par moments la malade rit, comme si tout avait quelque chose de comique. Elle plaisante môme sur les sujets sérieux. Soudain son humeur tourne à la tristesse avec des pleurs et des cris à haute voix ; ou son expression devient stupide, toutes les idées s'évanouissent, et il semble qu'elle soit accablée de sommeil. Il y a, de même, des erreurs de perception ; il lui semble qu'un moment d'inconscience a eu une longue durée. Ses mains paraissent trop grandes ; les objets diminuent de grandeur quand elle les regarde fixement. Les fonctions corporelles tombent sous la même influence. Grande faiblesse et sensation de courbature du dos et des jambes : on sent ses genoux comme après un« longue marche ; prostration, tendance aux défaillances ; respiration oppressée, flux de sang au coeur ; peau froide et sèche. Il y a un tel relâchement que c'est à peine si l'on peut discerner le pouls et la respiration. La tête est tombante, en îivant, le menton reposant sur la poitrine. La tête roule comme une masse de côté et d'autre. Les intestins sont énormément distendus de gaz, comme si la digestion était faible. Même des selles molles sont évacuées avec difficulté. C'est celte atonie mentale et corporelle qui a amené à faire d'excellentes cures avec Nux moschata^ non seulement dans la faiblesse hystéri-
102 MATIÈRIC MÉDICALE CLINIQVE
que, mais aussi dans la fièvre typhoïde et le choléra infantile. Les symptômes hysléro-spasmodique» du médicament sont intimement unis aux symptôm'es €i-dessu£ ; tète tombante en avant ; mâ-cholre» tombantes ; cœur comme dans un étau ; oppression soudaine au cœur, avec sensation de choc ; spasme tonique, Suivi de spasme clonique ; inconscience ou faiblesses.
Les symptômes concomitants sont : grande sécheresse de la boUche et de la gorge, dont la malade, avec sa tendance à amplifier, se plaint extrêmement. La moindre excitation émotionnelle renouvelle les symptômes, accroît la distension de Tabdomen, etc. Peau sèche et froide, aucune disposition à la transpiration. Palpitation et instabilité des battements du cœur.
On a tant abusé de la Valériane que les homœopathes ont tendance à la négliger. Mais elle occupe sa pince définie dan« le traitement de l'hystérie, différente de Muac, Ann (œtida, et des autres nervins. Elle n'est p;is tant adaptée aux spasmes hystériques, avec inconscience, comme les drogues déjà considérées, qu'elle ne l'est à un état général d'excitation nerveuse et vaaculaire. L'esprit et le corps ^nt tous deux dans un étal d'irritation. La patiente est vive, joyeuse, parlant rapidemenl, passant vite d'une pensée à une autrç. Quelquefois, elle s'imagine qu'elle est exposée à des dangers, ou les objets qui l'entourent lui paraissent étranges. Elle souffre de mal de t^te. de vertige ou d'agitation. Son organisme munculaire est si irrité qu'elle ne peut rester tranquille; il faut qu'elle remue* Le même état influence ses douleurs. Les expériences produisent des douleurs pinçantes, tirantes, comme des crampes, piquantes, ou lancinantes, toutes pires quand la malade s'asseoit et améliorées quand elle se promène. Im circulation, aussi, est excitée ; elle sent sa tête pleine à en éclater : chaleur et malaise constants. La malade est très éveillée et agitée toute la nuil. tombant vers le matin dans un sommeil m^lé de rêves. T-a digestion est troublée. Avant le dîner elle a un goùl comme de suif fétide, tandis que de bonne heure le malin aU réveil, le goût est insipide, glaireux. Nausées, comme si un fil pendait dans la gorge, provenant de la région de l'ombilic, el montant graduellement à la gorge. Abdomen gonflé.
De l'ordre des Ombellifores, nous tirons de\ix gommes qui ont été «souvent employées dans les affeclions nerveuses. Nous parlons de la Gomme ammoniaque, et, s])écialement, de r.4.sa (œtida.
Cette dernière agit principalement sur les ganglions abdominaux, et de le sur tout le système nerveux. Ses effets les plus caricléristiques sont les suivants: Renversement de l'action pé-
MATIÈRR MÉDICALE CLINIQUE 109
risialtique dans les intestins, Tesioinac, et particulièrement on haut à la gorge ; éructations ranoea, avec salive profuse, goûl graisseux ; la tête semble lourde, comprimée ; brûlure dans restomac et Toesophage ; énoniie météorisme de Testomac ; selles pulpeuaes, brunes, fétides ; raideur spasmodique de la poitrine, comme si les poumons ne pouvaient pas s'épandre largement ; oppression arrivant à un degré d*agonie ; cceur congestionné et distendu, avec pouls petit. Tirement, tension, de-ci et de-là ; pouls petit, contracté, avec frissonnement dans la région lombaire. Sensation de pression en des places variées, ordinairement de dedans en dehors. Gêne douloureuse coupante, comparable au travail, dans la région utérine. Urine brune, d'odeur acre. Puis, quand le malade s'affaiblit, il y a (lu malaise, du bâillement, du frissonnement de temps en temps, du vertige, et de Taffaiblissement de la vue ; sueur froide.
Cliniquement, on a déterminé que Asa {œtida est indiqué chez les nerveux, quand leur état est la conséquence directe de Tarrdt des évacuations habituelles, comme la guéridon par des moyens externes d'ulcères suintants, la suppression sou*^ daine d'une diarrhée, etc. De môme après l'abus du mercure, quand non seulemont le patient est nerveux, mais qu'il y a aussi des affections des os et du périoste, comme des caries. Il y a une extrême sensibilité dans la région de Tuleère dû à la carie, et des douleurs intenses la nuit. Les femmes sont souvent soulagées par VAsa lœiida, quand l'arrêt d'une expectoration habituelle est suivi de symptômes hystériques, en même temps que de l'oppression de la poitrine. Ici le médicament manifeste une ressemblance de famille avec Ammoniac, qui a été souvent donné f>our un état semblable des poumons.
I^e Muêc et YAaa fœtida se rapprochent dans la production du globe hystérique, le spasme de la poitrine, et les palpitations. I>e premier est bien adapté à un spasme hystérique très doux, avec défaillance ou inconscience, l^ dernier a des excrélions plus fétides, et le globe est une partie de l'extension du renversement du périslaltisme. La défaillance, n'es tpas notée, (excepté dan« un cas, quand l'intensité de la douleur Ta causée). Le tympanisme est aussi bien marqué.
Magneuia muriaiica ressemble à ce dernier remède et aussi au musc. Comme les autres préparations de maprnésie, il affecte IVstomac et les intestins et le système nerveux. Ainsi, le cnrhonafcs et le phosphate sont indiqués dans la névralgie, spécial^'ment dans les cas sujets à des attaques répétées en raison de la débilité nerveuse. I^ murialo,cependant,a été prouvé comme
émifiemment utile dans Thyslérie. Nous observons des symptômes nerveux prédominants ; nausées, avec accumulation d'eau dans la bouche ; foie agrandi, langue large, flasque, et jauiie ; la malade doit se précipiter pour aller à la selle, qui est émiettée, comme brûlée ; et, comme pour montrer une combinaison des symptômes abdominaux et nerveux, il y a des grondements dans l'abdomen avec sensation de tiraillement, de serrement, de tranchées, de tension, et enfin de douleur, comme si les intestins étaient coupés en morceaux ; sensation comme si une boule montait dans la gorge, à en empêcher la respiration, soulagement par des éructations.
Des gaz s'accumulent aussi dans Testomac et Tabdomen, causant des symptômes spasmodiques réflexes à travers les nerfs irrités.
Le médicament est, de plus, confirmé par les symptômes suivants : attaque de défaillance pendant le dîner, anxiété avec nausée et pâleur de la face, tremblement du corps, avec soulagement par des éructations. Ou, encore, soudaine lourdeur de la poitrine pendant le dîner, nausée, eau dans la bouche ; une chaleur monte à la face ; il esmble que des éructations ou des nausées soulageraient la malade.
On observe des illusions de l'imagination. 1j& mal de tête est très important : constriction violenle dans les deux tempes, sensation comme s'il allait y avoir du vertige, et perte de la conscience, disparaissant en pressant la tête avec les deux mains ; le mal de tête est soulagé par l'enveloppement de la tête.
Le flux menstruel est noir, avec des caillots, avec douleurs dans le dos en marchant et dans les cuisses, quand la malade est assise. Spasmes utérins, avec tension dans les aines (Haie pense dans les ligaments larges) ; tranchées dans le bas de l'abdomen, durant les règles. Crampes dans l'abdomen, avec pression dans le rectum et les parties génitales.
Palpitations de cœur, non comme le musc (comme par une attente anxieuse), mais, néanmoins, inorganiques; car elles viennent étant assis ou au moment où l'on vient de se lever d'un siège, disparaissant par le mouvement. Cela a été souvent confirmé.
Brièvement, en manière de résumé : Moschus^ excitée, grondeuse, tombant en faiblesse ; refroidissement, spasme de la glotte et des poumons.
Casloreum^ déprimée, douleurs améliorées par la pression ; coliques menstruelles avec pâleur et sueur froide.
Nnx moschata, erreurs de perception, assoupissement ; dé-
faillances ; énorme tympanisme ; oppression allant 4u c<?ur 4 la gorge ; peau sèche et froide.
Vderiana, nerfs irrités, ne peut rester tranquille ; tiraille^ ments, crampes, amélioration par le mouvement ; goût de suif ou visqueux.
Asa fœtidaj renversement du péristaltisme, éructations rahces, flatulence fétide ; raideur de la poitrine ; écoulements arrêtés. Magnesia muriatica, défaillances à table, soulagement par des éructations ; tête améliorée par la pression ,et l'enveloppement ; palpitations améliorées par le mouvement ; selles émiettees*
Moschus a été employé par les médecins allopathes, quand, dans le cours d'une pneumonie, se déclare un délire purement nerveux. Le cerveau est violemment excité, le patient parle sans signification, avec une vivacité furieuse (Trousseau).
Nous employons ces remèdes pour de tels cas précis, remèdes qui calmeront les nerfs dans la faiblesse irritable, et permettront à la maladie de suivre son cours normal.
Ceux qui suivent peuvent se montrer profitables dans les maladies compliquées psr un état d'absence de réaction par faiblesse irritable : Muse, Ambra grisea, Asa {œtida, Valeriana, Castoreum^ Coffea, Scuiellaria, Ctjpripedium, Coca, Zinc ox., China, Camphor.^ Agaricus, Tarenlula.