LEÇON XI
Nosodes
Cette classe de n'imMes, comme je l'ai déjà dit dans mon introduction, consiste en produits morbides. Beaueonj) d'entre eux ont fait la démonstration qu'ils possèdent des propriétés médicinales, c'est pourquoi ils sont utiles dans le Irailemenl des maladies du corj)s iiumnin. Ici le champ est cerlainomen! immense. Quant à i)ré>i(Nit. rVst à peine si nous connaissons Iv commencement de nos travaux dans cette <lir(*ction. Je pense que le temps viendra, où les médicaments composant ce groupe donneront la preuve ({u'ils sont d'un secours immense dans le Iraitemenl des malndies chroniques. Certains de ces nosodes ont été lir<*s des maladies clos animaux, d'autres de colles des plantes.
De grandes objections ont e'ié faites à l'emploi des nosodes comme remèdes dans la pratique homœoixathique. Jl est bon que vous compreniez les préventions que \ous rencontrerez, aussi bien dans le public que dans le corps médical. Des objections ont été faites è Psorinum, qui, \ous le savez, est obtenu 'ivec l'éruption de la gaile, et aussi à Syphilinum, le jwison syphilitique, pour cette raison qu'ils sont malpropres, et repoussants. Cette objection est certainement absurde, parce que personne n'aurait une minute l'idée d'administrer ce« substances à une basse puissance: et ceci posé |)ersonne ne maintiendra qu'il ^^i en quoique ce soit sale ou désagréable d'administrer à un patient Psnrinum à la 200* atténuation.
l'ne autre objection qui a été présentée contre les nosodes. ^ qui aura un certain poids, c'est que ces substances ne guérissent pas, mais qu'elles s'opposent aux progrès de Thomoeopalhie en la confondant avec Tisop-ithie. Ainsi, disent certains niédecins éminent-s de notre école, si, dans un cas de scrofule vous donnez Pêonnum^ voub m faites ^^a» d« ]*hûmct)0)ieithm,
134 MATIÈRE MÉDICALF. CI.INIOLE
mais de risopalhic Je dis qu'il y a ici un terrain à discussion, et j'espère que vous prendrez part i\ la recherche à r<» sujeL Cependant nous d-oxons aller devant un tribunal dcnanl lequel toutes nos prescriptions doivent aller, el cVst l'expérience.
L'homœopathic n'est pas une science d'induction, en ceci* qu'elle n'est pas née d'une évolution nalurolle de la j^ensée. Hahnomann commença par exj)érimenter. Nous pouvons raisonner autant que nous voulons, mais nous devons toujours garder en vue les faits du cas. Maintenant, je ne sais pas jusqu'à quel point je voudrais aller avec ces nosodes. Correctement employés, ce ne sont pas des remèdes isopathiques. Ce que j'api^elle iso[)alhie est la pratique proposée par le D' S. Swan de New- York. Par exemple, si un sujet esl ainsi constitué qu'il ne peut manger des -fraises sans en être malade, il dilue la fraise, l'administre au })atient, et proclame qu'ainsi l'idiofeyncràâie est détruite. L'isopathie repose sur cette assertion hardie qiife ce qui cause la maladie la guérit quand c'est administré à une haute puissance. L'usage des nosodes dans la pratiqua? homœopathique esl différent, parce que dans ce cas nous nous appuyons sur une base expérimentale. Nous avons pris ces suDStancès, les avons expérimentées sur l'homme sain, et les avons administrées au lit du malade. Nous les avons trouvées efficaces, aussi nous a\ons le môme droit de les proclamer des médicaments aussi bien que les substances moléculaires. Nous allons maintenant entreprendre leur symptomatologie en commençant par Psorinum.
PSORINUM.
Pityrinûm à été expérimenté suffisamment pour nous permettre dé l'employer avec succès dans le traitement de la maladie. NbMh lé trouvons spécialement indiqué pour les l:*,on<!tittitions psoriquefe (pôUr employer le mot d'Hahnemann), chez ceux qui sorti sujets aux affections glandulaires, el cutanées, et qui ne réagisJiéitt pas aux remèdes apparemmeht bien choisis. Par etënlplë, le remède qui s'accorde à votre cas est Pulsaiilla, Les symptômes semblent le dertiander. La prescription est d'accord av«è te règle ihstituée, et cependant l'amélioration n'est que passagère; Daris de tels Cas, vous savez qu'il y a une dyscrasie qui Ste cache <irtus /la maladie, et qui doit être enlevée ou modifiée âvaht qtie vous puissiez espérer combattre avec succès la màlàdia. 0\x encore, vous traitez url cas de scarlatine ; vos prescriptions n« font rkn\ et le petit malMe nlëiirt. Beaucoup de céfe
ife
cas seraient guéris si vous approfondissiez davantage celle brëriche de notre matière médicale. Les constitutions variées ou léi» d\^crasies qui sont à la base de certaines maladies chroniques ou aiguës sont, certainement, très nombreuses. Quant à présettt, nous ne les connaissons pas toutes. Nous savons que Tune subvient dans la gonorrhée, maladie qui est effroyablement commune, de sorte que la constitution qui en vient augmente rapidement. Je ne crois pas que la gonorrhée soit une maladie locale. Si elle n'est pas complètement guérie, un poison constitutionnel qui peut être transmis aux enfants se développe. Je sais, par des années d'expérience et d'observation, que là gonorrhée est une difficulté sérieuse, et aussi qu'elle cottiiilicjtie beaucoup de cas que nous avons à traiter. La môme chose est vraie de la syphilis à un degré modifié. La gonorrhée semblé attaquer les tissus plus nobles, les poumons, le cœur, et le système nerveux, qui tous ne sont atteints par la sjqphilis qu*après un laps d'années.
Pour en revenir de cette dégression, on doit penser à Psorinum, dans des cas semblables à ceux de Sulphur, quand il y a un aspect psorique marqué, et que le remède bien choisi refuse d'ac^ir. Considérons quelques-uns des symptômes, et notons la manière dont Psorinum affecte les tissus. Il cause une éruption sur la peau, et celle-ci est ordinairement d'un caractère herpétique, et est accompagnée d'une grande démangeaison. Cette 'iémangeaison est incomparablement pire dès que le patient se trouve à la chaleur du lit. Puis vous observez que la peau a un aspect sale, brunâtre, comme si le patient ne s'était jamais lavé (ce qui peut, en effet, être le cds). Par places, la peau a un «"ispect épais, comme si elle avait été baignée dans l'huile. Les glandes sébacées sécrètent en excès. L'éruption se trouve spécialement chez les enfants sur le cuir chevelu. Elle peut envahir toute la tête, mais se trouve d'une façon caractéristique descen- 'jant du cuir chevelu sur im côté de la face, envahissant les joues et les oreilles, comme le taenia capitis, qu'elle est en fait. ^^tte éniption est, par moments, humide, et sécrète une substance très fétide. A d'autres moments elle est sèche, furfuracée, fttest ainsi appelée. Ordinairement, il y a, associée à ces symptômes, une otorrhée, qui est peu épaisse, ichoreuse, et horriblenient fétide, ayant une odeur qui rappelle celle de la viande pourrie. Des ulcérations apparaissent sur les jambes, ordinairement vers le tibia ou autour des hanches ou d'autres jointures. Ces ulcérations n'ont pour les caractériser que ceci, c'est qu'elles sont longues à guérir; elles sont indolentes. Je dois aussi observer i(*l que lés éruptions herpétiques et démangeantes que nous
136 M.vnfcUK MKDlCALi: CLINIQUE
venons de rapporter ont plus de tendances à npi'nraîtro niix plis des jointures, au pli des coudes, ou aux espaces popiités. L'enfant est très émacié. I.n surfaco entière du corps émet une odeur fétide, qui periiisle malgré les plus soigneux lavages. Ciela vient de l'état de la peau par le manque d'action des glandes cutanées. Elles n'éliminent pas l)ien. et, en conséquence, les sécrétions persistent, entrent en décomposition, et produisent cette odeur, qui ne peut se guérir qu'autant que la peau de l'enfant est guérie.
En été, ces enfants sont très aptes à avoir le choléra infantile. Il n'y a aucun remède qui remplace Psorinum dans son rang de s^Tnptômes dans cette maladie. Les enfants sont disposés à être nerveux et agités la nuit comme symptôme précurseur du choléra infantile. Ils se réveillent la nuit comme effrayés, ou ils crient pendant le sommeil ; puis, deux ou trois nuits après, ils commencent à avoir la diarrhée ; les selles sont profuses et aqueuses, d'une couleur brun sombre ou même noire, Irè-s fétides, même d'odeur putride, et pires la nuit.
Nou trou\ons aussi Psorinum indiqué dans les mauvais effets de la suppression de la gale. Cette maladie est produite, vous le savez, par l'insecte de la gale. Vous avez le droit d'employer en application locale tout ce qui tuera l'insecte, mais ne supprime ])as la maladie. Vous avez une application pareille daiiî? l'hiiiie de lavande, qui luo les insectes et leurs œufs. Quand la ualc a (Hé supprimée, Ps(ninum est un excellent remède pour la redéxelopjx'r ; en prati(jue. aussi, il guérira la maladie après son redé\'elopj>ement.
Psorinum est aussi utile quand des pustules ou des Imlle*; persistent après que ki gale a été guérie par quelque autre remède.
Il y a un autre usage qu'on peut faire de Psorinum, que je n'ai pns mentionné, mais qui est aussi important que d'autres. Quelquefois après des maladies aiguës ou violentes, nous trou vons le palient très proslré. Par exem'ple, après la fièvre typhoïde, il est déprimé mentalement, faible de corps, sans espoir de guérison, et cependant \(>us savez qu'il n'y a aucune cerli tude absolue que le patient ne peut .'dler bien ; qu'il n'y a aucun chaniïemont organique persistant. II a des sueurs nocturnes af- ['niblissantes. Dans de tels cns. Psorinum est votre remède.
Dans ces cas vous pouvez nnssi penser à China ou Cinchona. qui est un excellent remède pour l'épuisement rapide suivant les in.dadies aigî:ës, spéci.'ilemeni quand il y a eu porte de sang, diarrbér^ Iraînaril en longueur ou brofuse, ou sueur profus<.'. Il est semblable ô t^aorlnum pour la «uoitr «fjcilurtte } mois co
dernier est le remède quand il y a l'état mental que nous ve nons de décrire, le désespoir de la guéri&on.
On doit pensor h Laurocerasus quand il y a manque de réaction, particulièrement (l.ins les troubles de la poitrine.
Capsicujn est indiqué dans le uiaïuiue do réaction survenant chez les personnes à fibre lâche.
Opium est un remède très supérieur dans ces cas quand le patient est stupide et assoupi.
Valériana et Ambra grisca doivent être employés dans les affections nerveuses, quand le remède apparemment bien choisi ne réussit pas.
Carbo veg, est indiqué dans les cas de maladie abdominale quand il y a grand refroidissement du corps. La respiration est froide : le pouls est rapide.
Pfiorinum est très semblable, comme vous voyez, à Sulphur, Il complète ce remède. 11 est antipathique à LachcsiSy et est antidote par Coffea.
Ambra grisea.
On suppose qu'Ambra grisea est un produit morbide venant de la baleine. Il a une action médicinale marquée. Comme toutes les substances avant une forte odeur, il a":it surtout sur le système nerveux. l^)rsqu'il n'y a p^is de syniplônies nerveux dans un cas, vous jiouvez à peine en attendn» un bon service. Ambra affecte le système nerveux cérébro-?i|)ina]. causant des symptômes spasmodiques çà et là sur le <or])s. Les nuiscles de la face tressaillent. On peut aussi remployer dans l'insomnie survenant par les tracas de* l'esprit, comnio [)ar les troubles dos affaires. Le patient peut, dans ces cas. .'iller se couclier se sentant assez fatigué, et aussitôt que la Iclo loucl»e loreiller il devient préoccupé. Un tel cas mène souvent à Ambra grisea. Ce remède est particulièrement indiqué chez les hommes minces, maigres, qui ont un tempérament nerveux marqué, dans lequel la nervosité prédomine dans la dénu- (rition. Il est particulièrement indiqué pour les malaises nerveux des vieillards, spécialement quand ils perdent la mémoire ol ne pwîuvent se rappeler Ir fait lo jdiis simple. Le vertige sur- \\m{ quand le patient se remue, et les jambes sont sans stabilité, mal assurées : il chancello -mi marchant. Il a de l^ngourdissèment des pieds et des chatouillements dans les membres. Les membres s'endorment facilement. Ces symptômes montrent qu'il y a \itM foibksM fon«ilonti«ll« ou organique du pystèm^ mv-
làé MATtÈftÉ BiÉDiCALE CLlNIQUfc
veux cérébfo-spinal. Nous pouvons employer le médicament dans les eas de ramollissement du cerveau et de la moelle, que ce soit bu nôri d'origine sénile.
Il y a un autre usage que nous pouvons faire de Ambra grisea. C'est un remède qui agit très vile. Nous pouvons donc le donner dans les maladies nerxouses quand il y a manque de réaction. Nous avons déjù parlé d'un semblable usage^ de Psorinum ; avec le dernier remède, le manque de réaction vient d'iin vice constitutionnel. Mais ici avec Ambra grisea, il vient de la faiblesse nerveuse. Nous trouvons beaucoup de cas pareils, particulièrement chez les hommes.
Nous pouvons employer Ambra pour la toux, si elle est pire quand des personnes étrangères entrent dans la pièce ou sous toute autre circonstance qui tendrait à exciter le système nerveux. C'est donc une toux réflexe par les influences mentales. Dans cfe cas, il est exactement similaire à Phosphorus.
Ambra est aussi indiqué dans la toux, que ce soit ou non la coqueluche, quand la toux est suivie d'une éructation de gaz venant de l'estomac. Il n'y a pas beaucoup de remèdes qui guériront ce symptôme. Ambra grisea en est un, et le meilleur ; un autre est Sulphuric, acid.fei un troisième Veralr, album. Nous pouvons employer Ambra dans l'asthme quand il est accompagné de symptômes cardiaques, d'oppression de la respiration, et d'une sensation d'un poids ou d'une masse du côté gauche de la poitrine et d'un battement désordonné dans la région du cœur. Ceci vient probablement d'une sensation constrictive à cet endroit ; non comme si une main saisissait le cœur, mais comme si, dans le côté gauche de la poitrine, il y avait quelque chose de comprimé dans une masse. C'est ordinairement accompagné de palpitations de cœur.
Ambra grisea agit d'une façon marquée sur les organes génitaux de la femme, son nction ici étant tout à fait importante et unique. Il cause l'atonie de l'utérus. T^s règles sont régulières comme temps ou viennent quelques jours trop tôt, mais elles sont très profuses et accompagnées de saignement de nez el d'un accroissement des veines \ariqueuses des jnmbes (si la patiente a cet état des veines des jnnil>es). Il y a écoulement de sang entre les époques. Toute excitation légère ou effort sup~ plémentnire, comme l'effort de défécation, nmène un écoulement vaginal de sang, vous montrant combien l'utérus est engorgé et combien les tissus sont relâchés el faibles, pour permettre ce suintement. La leucorrhée consiste jirincipalement en mucus, qui a uhe teinte bleuâtre ou gris bleu.
Vous pouvez aussi pi^ôscrire Ambra durant la période clés
MÀ+IÈRE MÊbicÀLE dLI*îléUfe 18^
couches, spécialement quand la constipation est intense. Il efel bon pour ces femmes nerveuses qui sont maigres, quand il y fe une grande anxiété et de l^agitalion associées avec celte tonslipation, et qui ont une difficulté spéciale pour aller à la selle quand lé garde ou toute autre personne, est dans la clidnlbl-e a ce moment.
Secale cornutlm.
On liomirie Secale cornuluin le seigle épineuk. Ergot, let*rîie employé par les Franc^ais e^i le nom de la drDguie dfe là pharmacopée de la Vieille école. La drogue n'est pas obtenue du &eigle même mais d'un développement fongueui qui attaque le grain, probablement quand il est jeune.
Secale cornutiim a été longtemps emi)loyé dans Tëcolë dominante en raison de sa propriété ])ien connue de produire la coniraôtion de la flbre musculaire lisse quand il est dohtié a doseè appi'éciables. Il exerce spécialement celte action sur eeâ fibres musculaires involontaires, qui ont fine direction cirblilairfe ou transversale. Je crois qu'il le fait p'jr une itifluelite exël'cée sur los nerfs vaso-moteurs et que c'est par cela (pi'il doit expliquer tous ses symptômes. En premier lieu, les symptômes de Secale peuvent être divisés en deux branches, ceux qui se rapportent à la circulation et ceux qui se rapportent directement au système nerveux. Nous considérerions d'abord ces derniers. Nous trouvoiis que l'ergot produit des convulsions, et ces cbnvtdsions sont particulières et constituent un symptôme prédominant de l'ergotisme, état de l'empoisonnement chrohî({uë pr<iduit par r^rfçol. L'ergotisme n'est pas rare du tout sur le cotitiheht européen spécialement dans cerlniîH^s pro\inces allenianfl^fîoù les fermiers cultixent autant le seigle que lès Artiéricàins lo blé. Le seigle étant la principale graine, l'empoisonnetnént par l'ergot ëSt fréquent. Dans ces deux années, grâce à plus ^l'altentioti, le nombre de cas d'ergotisme a diminlié. Rèvéhoris mainlehant de cette j)etite rliiiression, pour décrire le caractère <1^ ces ctinvuUions.
Par moments, le corps est rigide et à d'.uitres, la i*igiditë al- 'erne avec le relâchement : c'est particulièremeni noté pour les <ioigts. Les mains sont ftM'mées ou autrement les doigts sont largement étendus à part. Les muscles de la ftice tressaillent. U tressaillement musculaire commeilce à la face et s'ëténd à lout le oorps.L'abdômen est rétracté pdf la «ontfëCtibh dèé gi^ahs
droits. Il y a suppression de l 'urine et en même temps rétention par contraction spawnodiqiie du col de la vessie. Par Temploî de la sonde seulement on peut obtenir une petite quantité de liqtiido semblable h du jus de prune. Il y a beaucoup de renvois spa&modiques, mais pas beaucoup âo réels vomissements. I/estomac est violemment contracté.
Venant maintenant à l'action de Secnle sur la circulation, qui s'exerce sur les vaisseaux sanguins, uous trouvons que les sym.ptômes rapportés au désordre de la circulation sont imputables à Faction sur les fibres musculaires involontaires. Nous trouvons que le premier effet est une contraction, tandis que l'effet secondaire de la drogue est de produire une dilatation. Nous trouvons que les doigts semblent d'un bleu noirâtre, comme si le sang s'y élait répandu. La peau est ridée et sèch«. Après quelque temps surviendra une gangrène de tout ou partie du membre. Maintenant l'explication en est ce qui suit: Il y a eu contraction prolongée des capillaires entravant la circulation, et amenant une stase sanguine. Ainsi In :uitrition locale est troublée et en conséquence, la parlie meurt. Cette action de Secale a mené à son usage dans la gangrène sèche, spécialement des orteils chez les*\ieillards.
Arrivant maintenant h l'utérus, comme organe musculaire comptant do nombreuses fibres musculaires lisses, nous trouvons que l'ergot produit, une contraction marquée de ce viscère, .'luissnnt plus sur l'utérus gravide que sur le non-gravide, plus sur rut'M'us de la femme ayant eu des enfants que chez la nulli'])are. Plus les fibres musculaires utérines sont multipliées et i^Ims l'action de Tergot est puissante. Quels symptAmes produit la drogue ? Vous savez qu'il a été employé pour amener des contractions de l'utérus, pour causer Tavortement. pour hAter l'expulsion du fœtus quand l'avortement est inévitable, pour augmenter les contractions du travail, pour expulser l'arrièref lix et, en somme, toutes les fois qu'il est désirable de créer des contractions utérines. Ses symptômes caractéristiques sont ceux-ci : les douleurs utérines prolongées mais inefficaces. Ceci est un svmptAme. Un autre que vous noterez quelquefois dans le cas de rétention du placenta est la contraction de l'utérus en sablier. Cette condition particulière empAche l'exipulsion du placenta. On peut enlever l'nrrière-faix avec la main ; mais une manière sdre de le faire est de donner quelques petites doses de Secale.
On peut aussi employer le Scrnie chez les femmes maigres et sèches, dont la peau est ridée, sèche, et rude, dont la figure est blême, et qui sont faiblee diuift le traVAil. hen contrAdUonn
du travail semblent manquer entièrement. L'utérus est aussi flasque que si c'était seulement une muqueuse et non un organe musculaire. A d'autres moments la femme se plaindra de pesanteur dans la région sacrée, une sorle de sensation de besoin prolongé dans l'abdomen.
L'ergot a une influenco sur le sang d'une autre manière. Il semble diminuer sa coagulabilité. De là, il causera des hémorrhagies, Técoulement du sang étant sombre, peu abondant, et l)ersislant. Il peut venir de l'utérus ou d'une (juelconque des cavités du corps. On peut le donner dans les liémorrhagies utérines quand l'écoulement est passif, de couleur foncée, et quelquefois fétide. La femme peut être réduite à un tel affaiblissement qu'elle est étendue inconsciente et froide. Ayant d'en arriver à cet état inconscient, elle se plaint de démangeaisons sur lout le corps, et elle demande aux assistants de frotter les inem bres. La lormication est le meilleur mot pour décrire cette sensation de démangeaison de Sccale. Elle tient les doigts étendus séparément. Ce symptôme paraît la tourmenter encore plus que l'hémorrhagie elle-même. Dans de tels cas, Secale est le remède spécialement si la constitution lui est favorable.
De nouveau nous pouvons emi)loyer Secale dans la rétention (lu placenta quand elle provient, non pas de la contraction en sablier de l'utérus, mais d'une fausse-couche, spécialement quand celle-ci se produit* pendant les premiers mois de la gros- !^<'sso. L'écoulement correspondant aux lochies est fétide. La patiente est froide et souvent môme sans pouls, par la perte <le sang; les contractions utérines sont très imparfaites ou même il y a une contraction tonique prolongée (contracture). Dans de tels cas, Secale est encore indiqué par les symptômes mentaux. La patiente a de la manie pendant laquelle elle rit, applique les mains sur la tête, en somme semble hors d'ellemême.
Secale agit d'une façon marquée sur les organes gastro-inlcb l'naux. Il produit un tableau très semblable à celui du choléra. Il est utile dans le choléra infantile, le choléra morbus, et le Hioléra asiatique. Il est indiqué quaml le patient est froid et I>resque sans pouls, avec <Ies tressaillements spasmodiques des muscles ou des parties varié(\s du corps, spécialement dans cet Jlat d'extension des doigts séparément dont nous avons parlé. Les yeux sont enfoncés, et les traits pinces. Il y a beaucoup de renvois spasmodiques, quoique peu de vomissements. La surface du corps est rude, ridée, et sèche, comme s'il n'y avait plus d'humidité dans le système sudoral. L'urine est supprimée. Il y a des démangeaisons et des fourmillements sur tout
^? ¥AT|^|ip M^PïPA^-E CÏ-ïNîôUB
\ç cprps. L§§ salles sont profuses et aqueuses, et sont r^j^t^s av^c une grande violence. Le patient, quoique froici, ne peut içuppor^pr d'être couvert.
Dan^ le choléra ininnlile, Sccale est in^liqué par dç§ ^Ues profuses mal digérées, aqucnist s el très i'iUides, qui sont émises par fipçès et par à-coups, el sont suivies pi^r une prostration inj^nçe. Maintenant, Secale doit étfe séparé des remèdes qui lui $ront fi^iilpgues, ou vous ne ppuvcv, pas en user avee le meilleur avaqlage.
Qn a obser\é dans le cas iiwiw i\vMm\i:\f\urv diiiis îacjucllo q^ faisait des subsUnici's contenant de l'arsenic, (|iio k^s \ai)curs 4*9ir3enic détruisaient loule la végétation environnante à le?^ception du seigle ; ol le s<Mgle croissiiit d'une façon plus luxuriante spu3 les vapeurs de celle usine qu'à l'ordinaire. Quand nous en arrivons à étudier les elïets méilicinaux de Secale et d'Arsenic, nous trouvons qu'ils ont beaucoup ih symptô-me^ en commun : tous les deux produisent le ratatinoment des tissus, la gangrène, les symptômes cholériques, et ils se succèdent bien Vuï] à Tautre. Nous pouvons faire quelques distinctions qui sont toutes suffisantes, et qui sont surtout celles-ci. D'abord la gangrène de l'Arsenic, et presque tous ses autres symptômes sont pires par le froid et améliorés par la chaleur. Le patient a besoin d'être enveloppé chaudement. Lo patient de Secale trouve du soulagement par le froid. La mônio chose est vraie pqur les ^lcérations. Si vous avez un ulcère indolent, laissant écouler un pus ichoreux fétide, il faut proscjue toujours penser à Arsenicum, Cependant Secale peut être le remède. La distinction est celle-ci : Atficnicum a le soulagement par la chaleur, Secale par le froid.
Dans le eholéra, les deux remèdes ont des selles profuses, fétides, aqueuses, qui sont très affaiblissantes. Arseiiicum n'a pas celte démangeaison qui existe presque toujours quand Secale est le remède. Arsenicum a plus d'agitation, d'anxiété, d'agitation anxieuse et d'irritabilité. Le patient a besoin d'être chaudement enveloppé ; tandis que h patient de Secale a besoin de froid.
Pendant le stade de collapsus, Secale est indiqué par les symptômes que j'ai mentionnés. Ici, il est très semblable à Carbo veçj. Ce dernier remède est indiqué quand la prostration est si grande que le patient est étendu tranquille, trop faible pour se remuer, avec des hémorrhagies passives par le nez, el peut-être aussi bien par les intestins. Le corps est froid, et ainsi, d'une façon caractéristique, des pieds aux genoux. Le pouls est rapide, i>resque comme lililoî-nie. el l;i respiration
HATi^lils MÉPIPAWP c;jmQ«F W
e$t frpiçlç. I>aaç de tels cas alarala^ts, Carbo veg. peut quel^ quefois sauver.
Ua autrp req^èrfe est Camphor, qu'on doit çfliployer ^e pré- {érençe l Sçccàe, Arsenic, ou Carbo veg., dans \^ choléra, quand l'économie est accablée par la soudaineté ou la violence (iu poison, avant qu'il n'y ail vomissement ou diarrh^fî, et quand la prostration est intense. Le corps est froid <spiflme la glace. I4 voix est criarde ou rauque. Camphor. e^l alors employé en IçiDlqre-mère, quelques gouttes dans de l'eau, et une dose tous les quarts d'heure jusqu'à ce que la réaction se produise, quand quelque autre médicament est indiqué.
Vtralnim album ressemble à Secale pour le refroidissement et la coloration bleue de la surface, avec des selles aqu^usçîç profuses ; mais il diffère par un symptôme qui est la syeur froide sur le front. Aucun des remèdes que nous venons de mentionner n'a ce symptôme, sauf Arsenic, et avec ce remède l'agilalipn pst plus grande qu'avec Veralrum, tandis que la sueur froide sur le Iront est îUpins marquée.
Dans les symptômes utérins, les hémorrhagies, etc., nous avoirs à rappeler quelques remèdes qui sont étroitement unis à Seçqle. Je mentionnerai incidemment Carbo veg. coipm^ étant ici im analogue de Secale dans les épistaxis persistantes. Le pux jour par jour, ne semble pas diminuer du tout, le sang étant sombre et non coagulable. Vous pouvez distinguer entre Je^ deux remèdes par leurs autres symptômes caractériçtiqueg.
On doit se souvenir d'Ustilago comme d'uu conipaguon d^ Secale, C'est un fongus qui croît sur le maïs. Il eçt s^^ihlab]^ comme action à l'ergot. Une analyse chimique §oignpvi^ pf^on- Ire qu'il contient de l'ergotine de même que S^çqle.
Vslilago peut être employé dans des hémorrhagies présentant certaines différences de caractère de celles de Sçcale. Les h^ morrhagies dans lesquelles il est le plus efficace sont celles qui viennent de Tulérus, quaqd le flux est rouge l)rillant, ^n partie liquide, en partie coagulé. Quand cet état existe c^n peut employer Ustilago, que cela arrive à la ménopause, ou pendant ïe travail et l'avortement, ou la inenstn:|atipn. Ce remède n'agit pas sur l'utérus exactement de la même manière que Secale. n cause une congestion passive de l'utérus. Il est spécialement indiqué quand la légère manipulation nécessaire pour un toucher digital cause ur^ suintement de sang. Un autre état pour lequel c'est le remède est la ménorrhagie par rétroflexion de l'ulérus. Je l'ai généralement employé à 1^ P* puissance. Il semble tonifier l'utérus de telle sorte que cet organe perd pour le <^igt qui examine, sa sensation de mollesse spongieuse. La
circulation à travers Tutérus est améliorée, el le saignement se produit moins facilement.
Nous avons deux ou trois autres remèdes utiles dans ces cas d'engorgement de Tutérus, el comme c'est très difficile à guérir, je vais vous les donner ici.
L*un d'eux est Bovista, la vesse de loup. Quand cette plante esl mûre l'enveloppe de la boule éclate, ot ainsi est projetée hors de sa cavité en une poudre brunâtre, composée des spores de la planle. Cette poudre, quand elle est appliquée sur la peau, produit une éruption ressemblant beaucoup à l'herpès, et ({ui saigne facilement. Bovista affecte la circulation d'une manière toute particulière. Il semble produire un relâchement de tout le système capillaire. Qu'il agisse sur le sang ou sur le système nerveux, je ne peux le dire. Ce i^lâchement des capillaires favorise la dialhèse hémorrhagique. En raison de celte action unique de Bovista, nous le trouvons utile dans l'épistaxis. Que l'hémorrhagie soit associée à une irrégulanité menstruelle, ou provienne d'un traumatisme, Bovista peut être le remède.
Nous le trouvons utile dans l'hémorrhagie utérine quand l'utérus est engorgé (ici il est semblable à Ustilago et à Secale) particulièrement quand iJ y a un flux de sang entre les périodes menstruelles par un petit excès d'exei^ice. Ici c'est exactement comme Ambra grisea. Le flux menstruel de Bovista a ceci pour le caractériser : \je [lux survient, cVune /açon capitale^ on seulement la nuit, ou de bonne heure le matin. Il semblerait que l'exercice pendant le jour eu favorisant la circulation, tend à diminuer la congestion utérine.
Une autre particularité de Bovista, que je pourrais aussi bien mentionner ici, est un étal bouffi de la surface du corps. Une dame, par exemple, employant ses ciseaux, note qu'im pro fond sillon se creuse sur le pouce et le doigt par le fait do l'instrument, montrant qu'il y a un léger état oedémateux produit par le passage paresseux du sang dans les veines.
Bovista produit aussi des symptômes de suffocation. On Tem ploie par exem])le dans certains pays pour stupéfier les abeilles afin de faciliter la récolte du miel. Les symptômes d'asphyxie sont très semblables à ceux que produit la fumée de charbon de bois.
Arnica est un autre antidote pour les fumées de charbon de bois.
Vous devez vous rappeler tous ces symptômes de Bovista, et aussi un autre groupe dépendant également de la circulation, et qui est, que le cœur est senti énormément gros, avec oppres-
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sion de k poitrin-e et palpitation après un repas cl aussi durant la menstruation. Associé à la maladie du cœur, et aussi au dérangement des règles, il y a un mal de tète profond dans le cerveau, avec une sensation comme si la télé était énormément grosse et gonflée.
Un autre remède est Mitchella, qu'on [yeui e>mployer dans les cas d engorgement de l'utérus quand le flux n'est pas si passif qu'avec les remèdes déjà cités. Le sang est d'une couleur plus brillante et Thémorrhagie est associée à de la dysurie.
Le remède suivant que j'ai à mentionner comme semblable à Secale dans les hémorrhagies est Trillium pendulum. Ce remède est utile dans un type d'hémorrhagie entièrement différent de celui qui demande les précédents. Il est indiqué quand le flux de sang est rouge brillant et profus, et est accompagné d'une sensation de faiblesse à l'épigastre, de froid aux extrémités, et d'un pouls rapide et faible. Il est plus étroitement rattaché à Cinchona qu'aucun des remèdes jusqu'ici mentionnés.
Il est indiqué plus par une hémorrhagie aiguë active que par le suintement chronique ei lent qui demande Secale.
Hamamelis est de même indiqué dans Thémorrhagie. Il agit principalement sur les veines. 11 est indiqué quand il y a une céphalée martelante, spécialement \^rs les tempes. La patiente ne montre ni alarme, ni anxiété concernant Thémorrhagie, L'écoulement est sombre et i)lutot passif. 11 y a une sensation de sensibilité douloureuse dans la partie affectée. La malade est très épuisée par Técoulement sanguin.
Erigeron canadensis est indiqué dans les hémorrhagies venant de l'utérus associées à une miction douloureuse. Comment pourrez- vous le distinguer de Milchella? L'hémorrhagic de l^rigeron vient par accès et par à-coups ; elle se produit par mi flot soudain, et s'arrête de même.
Quelquefois la cavité résultant de l'extraction d'une dent saigne d'une façon i>ersf8tante. Si vous pwuvez nettoyer cette cavité <le manière à enlever le caillot, et y appliquer un morceau de colon imbibé de teinture do Trillium, vous ferez souvent cesser l'hémorrhagie même quand les autres styptiques n'ont pas réussi. Je n'ai jamais employé VEHgeron dans ce but et je ne peux donc dire quel effet il produirait. J'ai employé Trillium ^' la môme manière pour l'hémorrhagie nasale.
Je voudrais aussi mentionner ici Ferrum phosphorïcum. Il 3gil sur la circulation tout à fait comme Hamainelis. C'est un excellent remède pour ce stade de l'inflammation que jîous décrivons comme celui de la dilatation des vaisseaux sanguins.
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Donné alors, il empêche une plus grande extension de la maladie. Ainsi, dans rengorgcinenl des poumons, il empêche l'apparilion d'une pneumonie. I^ poitrine est sentie concune douloureuse et bris(^e, le pouls est plein et arrondi, mais non • tendu comme avec Aconit . Lexpocloration r^st rare et striée de sang. Quand elle contient du sang et que vous n'avez pala .fièvre çtliénique qui appartient à .4com/., vous pouvez vous fier à Fenuni phos, (JueJquefois, dans la maladie d'été des enfants, les vaisseaux saniruins de Tabdomen deviennent très distiîudus. La diarrhée qui se montre est quelquefois aqueuse et contient du mucus et du sang. Il peut y avoir un peu de besoin pressant d'aller à la selle, mais pas de ténesme. Si le ténesme apparaît, Ferrain phosph. cesse d'être le remède. Si votre cas arrive jusqu'à la production de pus ou de muco-pus Ferrujn phos. ne peut faire aucun bien.
Vous pouvez aussi employer Ferrum phos. au commence^ ment de l'hydrocéphalie, quand, dans une violente attaque de la maJadie estivale, l'enfant devient assoupi et alourdi, les yeux injectés de sang, et que le pouls est plein et mou. Ce n'est pas le pouls dur et tendu dWconit. et de Belladonna,