‹ Matière médicale clinique de FarringtonChapitre 14 sur 59 · LEÇON XIV · texte numérisé non relu

LEÇON XIV

Gelsemium Sempervirens.

Gelsemiuni sempervirens est un€ plante à fleurs jaunes indigène, qui pousso dans les pays du Sud. C'est une plante vivace, et elle pousse ses fleurs odorantes dès les premiers jours du printemps. Elle est hautement vénéneuse ; et à ce point de vue Técorce de ses racines est spécialement active. Pendant notre guerre civile cette plante fut fort employée dans le Sud comme un succédané de l'Opium en tant que narcotique.

Vous n'aurez pas beaucoup de peine à acquérir une connaissance suffisante de Gelsemium. Sa sphère d'action est bien définie. Dant les cas d'empoisonnement nous trouvons que le symptôme prédominant et universel est la paralysie des nerfs moteurs. L'esprit est d'abord lucide ; ou il peut y avoir un état légèrement stupéfié comme dans le cas d'une personne empoisonnée, de la paresse de la pensée et de l'émotivité. En allant plus loin dans les effets toxiques du médicament vous noterez que les sphincters sont relâchés ; l'anus reste ouvert, permettant l'échappement des matières. L'urine s'écoule librement et involontairement. Plus tard, la respiration devient laborieuse, comme si les muscles n'avaient pas le pouvoir de soulever la poitrine. Finalement le muscle cardiaque cède, et le patient meurt. Considérant donc ces symptômes comme présentant en raccourci, l'action du médicament, nbus trouvons que c'est un déprimant.

H agit sur le système cérébro-spinal, particulièrement sur les cornes antérieures de la moelle. Nous voyons aussi que, en {produisant cette paresse de la pensée, cet cMat stupide de IVsprit, il doit avoir une action sur le système vnsculaire. C'est par les nerfs vaso-moteurs qu'il produit la conf?cstion passive, et j'aimerais à dire que cette congestion peut être, soit veineuse, soit artérielle. La congestion passive est ordinairement d'origine veineuse ; mais avec Gelsemium, cette hyperémie passive tient aux deux élf^ments arl>ériel et veineux» En plus de celte action

nerveuse, k médicament a quelque affinité pour les muqueuses, donnant naissance à des inflammations catarrhales. Il n*est pas difficile avec cette esquisse du médicament de remplir ses caractéristiques.

Nous trouvons que, suivant son action paralytique, il cause la diplopie. Cette double vision, ([uand Gelsemium est le remède, vient de la parésie des muscles de Tœil.

I^ ptosis, ou paralysie de la paupière supérieure, demande Gelsemium quand il est associé à une parole épaisse et à de la rougeur diffuse de la face. Les globes oculaires sont douloureux, cette sensibilité étant pire en remu.int los yeux. Dans ce dernier symptôme il est semblable à Bryonia.

Dans le ptosis, nous pouvons comparer GeU. à Causticum, Bhus lox., Sepia et Kalmia. Rhus tox. est utile dans le ptosis, ou, en fait, dans la paralysie de l'un des muscles oculaires, quand la maladie survient chez des malades rhumatisants comme résultat de l'humidité.

Sepia est indiqué dans le ptosis quand la maladie est associée à des irrégularités menstruelles.

Kalmia est aussi utile dans le ptosis d'origine rhumatismale, quanti il accompagne une sensation de raideur des paupières.

Cdusticum dans le ptosis des sujets rhumatisants.

Revenant maintenant à Gelsemium, nous trouvons qu'il y a de la difficulté à avaler, de la dysphagie comme on l'appelle. Ce symptôme est dû à une insuffisance des muscles de la déglu lilion.

Il peut exister de l'aphonie, ou manque de voix : le patient peut être capable de chuchoter, mais il peut à peine émettre quelques sons en raison de l'état parétique des muscles laryngés. Ce symptôme est fréfjuemment observé chez les femmes hystériques après une émotion, spécialement après les émotions d'un caractère déprimant. La [)aralysie après émotion est notée pour d'autres drogues ; par exemple pour Nairum mur., qui a « le bras \yeTd complètement de sa force après une attaque de colère ».

Le cœur est affecté par Gelsemium ; le patient, au moment de dormir, est soudainement réveillé par la sensation que le cœur va s'arrêter de battre. Il sent que le cœur s'arrêterait de battre s'il ne se remuait pas, Ici le muscle cardiaque, est dans un état de fatigue, et il y a une sorte d'instinct de la part du patient qui le fait se mouvoir pour le stimuler à l'action.

Digiialig a un symptôme qui est précisément l'inverse de celui que nous venons de dire pour Gels, et qui est que le patient craint que son cœur ne s'arrête s'il fait un mouvement.

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Grindelia robusta a une grande faiblesse du cœur et des poumons. Quand le patient s'abandonne au sommeil il est réveillé brusquement par une sensation comme si la respiration avait cessé.

Dans la j)aralysio j>ost-diphtérique, Gels, est notre meilleur remède. Dans un cas très grave de cette affection que j'ai soigné, Geh, obtint une guérison parfaite. ï^'enfant n'avait pas assez de force pour se soulever. Le rachis dans la région cervicale supérieure était plié en arrière. Un côté du corps était paralvHé. En essayant de marclier, l'enfant titubait comme s'il n'avait eu aucun contrôle sur ses muselés. S'il essayait de tourner, il tombait. La parole était épaisse et lourde, oomme si 1& langue avait été trop grande pour la bouche. Il y avait un strabisme marqué, I^ sensibilité était presque parfaite. J'ordonnai de déshabiller le malade deux fois par jour, de l'étendre sur le lit, et de bien le frictionner. Je donnai Gels, à l'intérieur. S^ius l'action de ce médicament la guérison se fit parfaitement.

Je doute que GeU. guérisse la paralysie d'origine organique, quand il y a des lésions du cerveau, de la moelle, ou des nerfs pr'Tiphériques.

Gelsemium est utile dans certains c>as de mal de tête. J'ai dit il y a quelques moments, que Gelsemium cause une congestion passive, et par là je ne veux pas dire, un violent et soudain ifflux de sang à une partie, mais cet état des vaisseaux saii- LTuins dans lequel ils sont dilatés, état tout à fait analogue à relui que j'ai récemment noté pour Ferrum phosph. Le mal de lète commence à la nuque, passe devant la tête, et s'installe audessus des yeux. Il est ordinairement pire le matin, et est accompagné de raideur du cou. Ije patient ne peut pas penser d'une façon efficace ou fixer son attention. Il devient indifférent et stupide : vertige avec vue brouillée et lourdeur de la tête. Ces symptômes sont soulagés par l'émission d'une urine ressemblant à de l'eau (Oleum animale a guéri la migraine avec [)olyurie, l'urine étant parfaitement claire). La face a une rouijeur diffuse. Les veux deviennent lourds et chauds comme le sang. Il y a une grande difficulté à soulever les paupières supérieures ; souvent aussi la parole est épaisse, comme si la langue était pesante. Ainsi la face a l'apparence qu'elle aurait sous l'influence d'un spiritueux. La î)ensée est lente, tellement que le patient répond aux questions lentement ou imparfaitement. Cet état est accompagné par un pouls qui est plein et arrondi, et semble couler sous le doigt comme un courant d'eau.

C'est exactemeht comme le poul« d'Aconit., sauf qu'il man-

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que du ton, c'esl-à-<lire de cette dureté, de cette tensioD du pouls d'Aconit,

Ici donc, vous avez des symptômes qui suggèrent Gelsemium dans une variété de maladies. Ck>mnie il devrait être utile dans le stade oongestif de l'éruption fébrile ! Ce remède a, en plus des symptômes déjà mentionnés, un autre qui est caractéristique de la fièvre pourprée ; c est la dépression. T /économie semble lutter contre un poison quelle ne peut vaincre. Ainsi, vous avez toutes les indications ici pour l'emploi de ce médicament dans cette terrible maladie. Ouand le cas arrive à une inflammation active, quand il y a effusion, Gelsemium cesse d'être indiqué pour d'autres remèdes.

Pour ajouter à la forme de mal de t^te ci-dessus décrite, il y en a une autre qui est. associée à une sensation comme s'il y avait une bande autour de la tête, ou devant le front.

Voyons maintenant la fièvre que produit Gelsemium. Gels. cause une fièvre d'un type rémittent ou intermittent. Vou?^ trouverez que c'est un remède de valeur dans les types rémittents de fièvre chez les enfanta. Vous trouverez le patient assoupi et ballotté sur son JiU en agonie. (\'ous ne pouvez pas donner AconiV. dans ces cas, à moins que les symptômes mentaux de ce remède ne soient présents.)

La face est rouge ; elle a la rougeur diffuse, dont je parlais il y a quelques minutes. Quand Tenfanl est réveillé de cet étiit d'assoupissement, il est bourru, irritable, nerveux, ou exciUible, mais il n'a jamais la violente agitation d'Aconit. Dans les cas extrêmes, l'assoupissement peut faire place à des mouv<*naents con\iilsifs. Les muscJes de la face tressaillent ; l'enfant devient rigide, comme s'il était sur le point d'avoir une convulsion. Ordinairement, il n'y a pas beaucoup de soif, mais une grande prostration telle, que l'enfant semble trop faible IH)ur remuer. Chaque partie du corps semble être si douloureuse (|u'il crie si on le remue. Ces symptômes auront une rémission et peut-être le lendemain matin, une légère transpiration se montrera. L'après^nidi les symptômes reviennent comme avant

Dans les types intermittents de fièvre vous pouvez choisir Gelsemium au commencement. Le frisson remonte dans le dos, ou part des pieds et s'étend en haut. Il est quelquefois associé à une miction copieuse et à une sensation douloureuse de brisement répandue sur tout le corps. I^ patient a tellement besoin d'être soutenu qu'il ne tressaillira pa sautant. Alors vient la fièvre avec les symptômes que j'ai déjà mentionnés. Quelquefois se montre de l'irritabilité. Le patient ne peut suppcM'ter

ni le bruit, ni la lumière. La transpiration est peu abondante ou partielle, mais elle soulage toutes les douleurs. La langue a un revêtement blanc ou jaune. I^ parole est épaisse. Les intestins sont constipés et les selles sont jaunes. Il est spécialement indiqué dans la fièvre intermittente- qui n'est pas d'oriffine malarienne.

Chez les adultes nous trouvons que Gelsemiuni est le remède dans la fièvre bilieuse, particulièrement dans la fièvre rémittente bilieuse. La raison pour laquelle il est utile dans la fièvre bilieuse est qu'il cause une congestion p<assive du foie. Le sang coule paresseusement à travers le foie. Ce n'est pas la même stase portale que celle que Ton trouve avec Nux vom., mais c'est un cours indolent du sang. Ainsi le foie devient surchargé de sang, la bile ne peut pas être bien sécrétée, et il y a un type bilieux de fièvre.

Dans la fièvre typhoïde, Gelsemium est indiqué, particulièrement dans les stades du début ; quand, durant la première semaine, le patient se sent douloureux et brisé partout, comme s'il avait été roué de coups. Il craint de remoier. Il a mal à la tête. Plus que cela, il a perdu sa force musculaire. Il est assoupi il a la même figure de suffusion rouge. Dans ces cas, Gelsemium modifiera le cours de la fièvre de telle sorte que le patient la traversera avec des symptômes relativement doux.

Nous pouvons trouver Gels, indiqué danf? les catarrhes causés par le temps chauid, humide, relâchant, avec un écoulement excoriant par le nez, rendant comme à vif les narines et les ailes du nez. Il y a des éternuemenls fréquents et du mal de gorge, les amygdales étant rouges et un peu tuméfiées, avec difficulté pour avaler. Je voudrais vous rap|)eler, en passant, que cette difficulté à avaler n'est pas ce qu'elle est avec la Belladone. Avec ce dernier remède, la difficulté vient de l'extension du gonflement, et aussi de la cx)ntraction spasmodique de la gorge, due à l'hyperesUiésie des nerfs. A j^eine l'eau touche la gorge qu'elle est expulsée par le nez. Avec Gels, la dysphagie est le résultat de l'état parétique des muscles, ou le patient était musculairement faible quand il a pris froid. Avec ce rhume vous trouverez une toux sèche, tracassante, chatouillante, avec très peu d'expectoration. ï^ narine droite est rouge et douloureuse ; il y a une sensation comme si de l'eau chaude passait sur la muqueuse des narines ; il y a du soulagement quand on est près du feu. On trouve une prostration générale, et souvent aussi de la névralgie de la face.

Dans la prosopalgie, Gelsemium peut être utile quand la maladie atteint un côté, et est d'un type intermittent. I^ 7* paire

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nerveuse est touchée et le malade fait toutes sortes de grima*

Gelsemium a aussi une certaine action sur la peau. Il produit de la démangieaison et de la rougeur de ce tissu ] cette démangeaison étant assez violente pour empêcher le patient de s'endormir. Une petite éruption, consistant en petits boutons, et ressemblant un peu à celle de la rougeole peut apparaître. Gelsemium peut doi>c être employé dans la l'ougeole au commencement, quand la fièvre est un symptôme dominant, et que nous avons présent le coryza du remède ; écoulement aqueux par le nez, excoriant les ailes du nez, et la lèvre supérieure. Il est souvent associé à ceUe toux dure, aiboyante, croupale, et de Tenrouement.

Aconit,, toutes choses égales d'ailleurs, est le meilleur remède que nous ayons pour le début de la rougeole. Si vous Irouvez un cas que vous présumiez devoir être une rougeole, avec fièvre, agitation, photophobie, coryza, éternuements, toux dure et croupale, vous serez justifié de donner Aconit.

Pulsaiilla n'est pas le remède s'il y a de la fièvre. Quand de la moiteur se produit avec la fièvl^e, Belladonna est plutôt à choisir comme remède.

S'il y a un état assoupi avec une figure congestionnée, vous pouvez donner Gelsemium au début de la maladie, même s'il y a des convulsions.

Maintenant, je veux parler de l'action de Gels, sur les organes génitaux. Sur les organes mâles. Gels, produit un état très proche de l'impuissance, de fréquentes pollutions involontaires la nuit, avec relâchement des organes, pas de rêves lascifs, et souvent une sueur froide sur le scrotum. Les organes sont relâchés. Il est indiqué spécialement dans ces cas qui proviennent de la masturbation.

Je voudrais que vous notiez ici un autre remède, qui est Dioscorea. C'en est un excellent pour ce que nous pouvons appeler les émissions séminales atoniques, quand il y a un état passif, deux ou trois rêves dans une nuit, avec émission de sperme. ^ jour suivant les pollutions, le patient se sent faible, particulièrement vers les genoux. Dans ces cas, je ne connais pas de remède comme Dioscorea. Je l'emploie ordinairement d'abord à la 12*, puis à la 30".

Caladium seguinum est indiqué pour les mauvais effets des excès sexuels, quand des rêves avec pollutions surviennent sans aucune lascivité ou aucune excitation sexuelle.

Agrms casius est le remède pour la spermatorrhée chez les vieux libertine.

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D'autres médicaments qu'où peut comparer avec Gels, pour son action sur les organes mâles sont : Digiialis, Phosphorus^ Nux vomica. Cale, osir,^ Lycopodium et Camphor.

Sepia^ Sélénium, et Conirnn produisent une semblable faiblesse séminale, avec éréthisme et faciles émissions.

Dans la gonorrhée, Gels, est indiqué au début quand il y a une douleuT uréthrale marquée. Il y a aussi de la brûlure au méat et le long du trajet de Turèthre. L'écoulement est encore peu abondant, et n'est pas devenu purulent. La maladie j>eut avoir été supprimée, et, comme résultat, s'être compliquée d'une épididymite. Dans le rhumatisme gonococcique, ce i>eut être ■un remède utile.

Dans la maladie des organes féminins, Gels, est un médicament excellent. Avant tout, nous le trouvons utile dans la rigidité du col de l'utérus. Il ne faut pas confondre cet état avec le spasme du col, plus commun, qui demande Bell(idonna.Souvent nous trouvons dans le travail, après qu'il a duré plusieiurs heures, qu'il y a du retard dans la dilatation de l'orifice. Le doigt explorateur trouve le col résistant, dur et épais. La malade est hystérique et présente beaucoup d'excitation nerveuse. Les douleurs abandonnent l'utérus et se répandent dans tout le corps. Cet état demande Gelscmiam.

Un autre état, qui est exactement l'opposé de celui-ci, indique Gelsemium, et c'est l'atonie complète de l'utérus. Le col de Tulérus est aussi mou que du mastic. Il est absolument flasque. Le corps de l'utérus ne se contracte pas du toul. I^ poche des eaux fait librement saillie à travers le col. Il n'y a pas de tendance à l'expulsion. Dans de tels cas, donnez quelques doses de Gelsemium, Dans les stades prémonitoires des convulsions puerpérales, Gelsemium est un remède admirable. Il peut y avoir de l'albuminurie. La patiente est ondiixairement assoupie et a des tressaillements en diverses parties du corps. Le col est, soit rigide, comme je l'ai mentionné au début, ou bien l'utérus est absoloiment inactif ; le pouls est plein et grand, mais mou. Des douleurs aiguës, violentes, coupantes dans l'abdomen vont d'avant en arrière et remontent en haut. Avec ces douleurs, il y a des flux à la face.

Gels, peut aussi être employé en dehors de la grossesse. L'utérus est fortement antifléchi et est senti comme s'il était serré par un lien. Ces symptômes utérins sont associés à un mal de tète frontal et à de l'obscurcissement de la vue. La tête semble énormément agrandie, avec une sensation de confusion. Ces symptômes alternent avec une douleur aiguë comme une douleur de travail dans l'utérus, s'étendanl aux hanches et au

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dos, et même descendant dans les cuisses. Gels, est souvent utile dans la dysménorrhée névralgique et congeslive, quand il y a aussi de la pesanteur.

Caulophyîlum est semblable à Gels, dans la dysménorrhée et lui succède bien.

Actœa roc. a le mal de tête réflexe de Tirritation utérine.

Geh. est utile pour les effets des émotions, particulièrement après une crainte ou une terreur. Une diarrhée subite survenant comme effet d'une émotion demande Gels. Les selles sont copieuses, jaunes, et pulpeuses. La langue est couverte d'un enduit blanc ou jaunâtre.

D'autres remèdes à employer dans la diarrhée survenant sous des influences émotives sont : Opium, Verairum album, Argentum nitricum, et PulsaOlla,

Opium dans les cas résultant d'une frayeur.

Verairum album dans la diarrhée aprè^ une peur, associée à une sueur froide sur le front.

Arg. niir., quand la diarrhée succède à une grande excitalion, spécialement quand l'imagination a été mise en jeu.

Puisai, dans la diarrhée par une peur, quand les selles sont verdâtres, jaunes, et glaireuses, ou très changeantes.

Gels, peut aussi empêcher un avortement menaçant par des émotions déprimantes.

Conium, Physosligma, et Tabax^um augmentent l'action de Gelsemium.

' Gelsemium a comme antidotes les stimulants : Belladonna, Digitalis, etc.

Leçon xV

NUX VOMICA.

Nux vomica est un médicament qui était connu dès 1540, année dans laquelle un certain Valérius Cordius en écrivit une description remarquablement soignée. Le fruit de l'arbre est à peu près de la grosseur d'une orange, et contient une pulpe amère, gélatineuse. Cette pulpe, dit-on, est mangée par certains oiseaux de Tlnde, quoique, on le sait bien, elle contienne de la strychnine. La noix elle-même est la graine débarrassée de la pulpe et de la coque. Ces graines ont la forme d'un disque, et ont environ un pouce de diamètre et un quart de pouce d'épai9se»ur. Leur surface est satinée en raison d'une épaisse couverture de poils rayonnants serrés.

Vous vous rappellerez que j'ai, déjà mentionné que Ignatia et Nux vomica contiennent tous deux comme principes actifs deux alcaloïdes : la Strychnine et la Brucine ; la Brucine est en quantités beaucoup plus petites que l'autre, et se trouve plus dans l'écorce de l'arbre, que dans la noix elle-même. Ses propriétés sont assez semblables à celles de la Strychnine. Les deux alcaloïdes sont combinés avec un acide connu comme acide igasurique, qui est identique à l'acide malique qu'on trouve dans les pommes et les poires. La Strychnine, le principal alcaloïde dlgnatia et Nux vomica, a une symptomatologie bien décrite, car c^est un poison assez employé dans les cas de suicide ou d'homicide, et aussi pour l'extermination des animaux : chats, rats, etc.

La Strychnine cause de l'agitation, du tremblement des membres, de la raideur du cou et des mâchoires. I-a gorge est serrée comme avec Bellad, Quelquefois il y a des convulsions tétaniques avec opisthotonos. Ces con\ailsions tétaniques diffèrent de celles du vrai tétanos seulement par ce fait que les muscles se relâchent entre les paroxysmes. La température du corps n'est pas si élevée que dans le vrai tétanos ; et le trismus survient tardivement dans l'empoisonnement i>ar la Strychnine

MATIÈRE MÉDICALE CLINIQUE lOT)

Os convulsions de la Strychnine sont renouvelées par toutes ks impressions faites sur les sens, particulièrement par le plus léger toucher, tandis que la friction soulage le patient. A doses très fortes ou souvent répétées, la strychnine cause la paralysie des nerfs afférents. Finalement, le collapsus se produit comme résultat de Tépuisement des centres moteurs. Je vous donne ces symptômes de la strychnine pour deux raisons. L'une est que vous devez être familiarisé avec eux, pour reconnaître le cas où un de vos malades aurait eu le malheur d'être empoisonné par cette substance. L'autre, est qu'il faut que vous compreniez mieux l'action de Nux vomica^ car la Strychnine en étant le principal composant, vous trouverez cette sur-impressionnabilité se glissant au milieu de toute sa symptomatologie ; par ceci, j'entends que tout impressionne le malade à l'excès. Les impressions externes, comme les sons, les odeurs,* et les bruits, l'excitent, et cette hyperexcitabilité, dis-jé, est caractéristique du médicameM.

La dose mortelle la plus petite de Nux vomica, est, dit-on, de trois grains ; celle de la strychnine, d'un grain. La Strychnine ressemble à la Picrotoxine, VércUrine, Cicuia virosa, Théhaîne, Hydrocyanic, acid., Bellad.^ Stram., Aconit., Physosligma, Passiflora, Curare, Camphor,, et Phytolacca; mais ses effets sont surtout analogues à ceux du tétanos traumatiquel

La Picrotoxine, selon Bartholow, est synergique de la Strychnine ; mais la respiration est accélérée, non pas tant par spasme des muscles respiratoires que par spasme de la glotte ; et il y a moins de susceptibilité au plus léger attouchement. Gubler prétend que la Picrotoxine produit plus de symptômes choréiques.

La Vératrine cause l'incoordination en produisant le relâchement de certaines fibres avec contraction des autres ; c'est-èdire que, après la contraction prolongée des muscles se produit un état de relâchement partiel avec contractions fibrillaires. Ici donc, elle ressentie assez à la strychnine ; mais elle en diffère complètement par la production de diarriiée et de vomissements, et d'une paralysie générale survenant, non par épuisement, mais par la perte de vitalité des muscles.

La Thébalne cause du tétanos, mais peut être distinguée par des symptômes hypnotiques. On dit que c'est le plus toxique des prmcipes actifs de l'Opium.

Physosiigma ne peut être confondu avec la Strychnine que sur un petit nombre de symptômes. Il accroît l'irritabilité des nerfs sensitifs et cause aussi des spasmes tétaniques des muscles, involontaines. Mais, en somme, il diffère complètement

de la strychnine, en causant de la paralysie spinale et de la diminution des réflexes. Quand, cependant des symptômes tels que la constriction de la gorge, des crampes dans Testomac et les intestins, du ténesme rectal, de la raideur du rachis et des jambes, une sensation de tension dans les globes oculaires et autour d'eux, suggèrent une ressemblance avec la Strychnine, les marques simultanées de paralysie spinale telles que les suivantes serviront à la différenciation : tremblement, faiblesse ; peut à peine marcher, c'est difficilement qu'il peut faire obéir ses muscles (donc comme Gelsemium, Conium) : instabilité en marchant les yeux fermés. Avec la Strychnine, la mort résulte de l'asphyxie causée par le spasme tétanique des muscles respiratoires ; avec Physosligma, de la paralysie. Les pupilles, aussi, diffèrent ; la première cause de la dilatation» la deuxième de la contraction axec insuffisance de l'accommodation et trémulalion des paupières.

Si maintenant l'on considère les effets éloignés de la Strychnine, comme ceux qui succèdent à un empoisonnement grave mais non mortel, ou ceux qui sont souvent produits par les dilutions, nous pouvons encore la distinguer par l'irritabilité caractéristique, qui est plus marquée avec la Strychnine ; tout fait une impression trop forte ; les odeurs causent de la défaillance; il y a des tremblements musculaires avec excitation ; désir du coït, mais pendant cet acte le pénis devient flasque.

Le Curare^ bien qu'il contienne de la Strychnine, agît tout à fait différemment de cette dernière. Il détruit l'excitabilité des terminaisons nerveuses des muscles, laissant intacts les muscles eux-mêmes. L'action réflexe est diminuée ou abolie, et la respiration est paralysée. La sensibilité n'est pas matériellement altérée. En raison de la paralysie des extrémités du vague, l'action du cœ\XT est accélérée, mais la pression sanguine n'est pas accrue. En fait ,par la paralysie des terminaisons des vasomoteurs, les vaisseaux se dilatent, diminuant les résistances au courant sanguin. L'augmentation du péristaltisme n'est pas due aai spasme, mais à la paralysie du s]ilanchnique inhibiteur.

Nous n'avons pas d'expériences très dignes de foi sur le Curare. Cependant Baruch l'a employé pour ce qu'on appelle taches hépatiques et le D' Paul Pitet rappelle plusieurs cures intéressantes de faiblesse musculaire, d'embarras de la respiration par manque de force, d'immobilité avec fixité du regard au réveil, et d'eczéma infantile, pire à la face et derrière les oreilles ; enfants scrofuleux.

On l'a employé aussi pour la catalepsie, avec spasmes cl^ la mfichoire inférieure, par Baruch, je crois.

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Phylolacca diffère eesenliellement de la strychnin-e par ses propriétés de narcotique acre, aussi bien que par son action d'irrilation gastro-int<^stinalc lente et son collapsus. Cependant les symptômes convulsifs sont assez semblables : les membres sont raides, les mains fortement fermées, les pieds étendus et les orteils fléchis, les dents serrées et les lèvres éversées, de l'opislolonos ; ou le menton contre le sternum.

Passiflora incarnata n*a pas été expérimentée, mais a guéri des cas de tétanos dans les pays chauds, où, malheureusement, ils ne sont que trop communs. Le D' Archibald Bayne, des Barbades, rapporte deux guérisons avec la teinture-mère et la J« X (Hahn., Monthly, mai 1881).

Angustura est placée parmi les amers aromatiques et nommé un tonique. Mais c'est plus que cela. Il donne la tension, la raideur des muscles et dos jointures avec sensation douloureuse de brisement comme après des coups. Cette tension e«t assez marquée dans les muscles temporaux et masséters pour faire penser au trismus. Le médicament affecte aussi les os. Il y a des points de ressemblance entre Angustura et une autre des Rutacées, la Ruta graveolens. Les atteintes du périoste suggèrent souvent cette dernière, et il est tout k fait probable que, si elles existent avec un commencement do contractions musculaires, on peut employer la première.

Le D' Hering, qui faisait grande attention à la confusion de Angustura avec la Strychnine, a toutefois rapporté une cure de tétanos avec Angustura, et en a relaté les symptômes dans ses Guiding Symptoms. Ijc D' Hubbard rapporte une guérison par Angustura (Med. Investigator, avril 1870).

Ce fait que Angustura vera agit sur les os a été pleinement confirmé. Les anciens l'employaient quand les os longs étaient attaqués (Voir : Raue*s pathology). Le D' C. G. Raue m'écrit que la préparation avec laquelle il a guéri des arthrites du pied était certainement la vera. Elle était de Jenichon, et ce préparateur distinguait soigneusement entre Angustura vera et An- (juslnra {alsa, ou Aguets vomicœ cortex ou Brucea antidiisentcrica.

Le D' Augr. Korndorfer employait la 2* de Jenichcn pour la nécrose de la mâchoire inférieure. Fn côté do la mâchoire avait été enlevé avec succès, mais la mala<lio apparut de Tautrc côté: la cure fut complète.

Parmi les caractéristiques générales de Angustura, nous pouvons nous rapporter à l'irritation par un léger traumatisme (avec carie). Désir de café (clinique, mais confîrm-é par Dunham. Bœnninghausen). Ténesme rectal avec selles molles ; besoin up-

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gent d'uriner, avec flux copieux (voir le cas du D' Echmudson,

Hahn. Monthly, oct. 1876). Je ne peux donc pa« m'accorder

^ complètement avec le D' Mughes, qui prétend que Angustura

n'a pas conquis une place dans la thérapeutique.

Aconiiy dans une de ses manifestations, cause une tension générale des nerfs et des vaisseaux, caractérisée par ranxiétè bien connue, la chaleur, etc. (Voir : Phamacodyn. de Hughes.) Il produit aussi du Irismus, de la raideur des membres, et même de Topisthotonos. Xous voyonf^ maintenant pourquoi Reynal pouvait l'employer a\'ec succès dans le trismus des chevaux (Thérap, de Trousseau, vol. II), et, aussi, pourquoi il est recommandé dans le début du tétanos traumatique.

Cependant, il ne cause pas, comme la Strychnine, une augmentation de l'excitabilité réflexe. Il existe plutôt une diminution ou une perversion de la sensibilité, exprimée par de l'engourdissement avec démangeaison.

Dans la menace de tétanos, nous avons certainement des préventifs efficaces pour empêcher la maladie de se développer complètement. Aconit., fièvre, anxiété, tension des muscles, fourmillements et engourdissements ; VercArum viride, Hypericunij douleur excruciante dans la blessure ; Bellad., Cicuiay Silicea, et peut-être Angustura^ si la plaie est suppurante ou a cessé tout à coup de sécréter du pus.

Hydrocyanic acid. a été recommandé en premier dans le tétanos par B^in; et le D' Hughes, dans son article sur cet acide, lu au Congrès universel de 1876, cite des cas d'empoisonnement qui prouvent son homcpopathicité à l'épilepsie et au tétanos. Le rapport de cet acide h cette dernière maladie est plus largement rapporté dans les pharmacodynamiques du D' Hughes, où nous lisons : « L'acide hydrocyanique cause le tétanos ; il n'y a pas, comme avec la Strychnine, un accroissement évident de l'excitabilité réflexe, mais, comme avec Aconit. et Cicuta^ du spasme tonique persistant : il le produit par ac; tion directe sur la moelle. » .

Il semble spécialement utile quand les symptômes tétaniques se montrent surtout dans les muscles de la face, les mâchoires, et le dos ; il y a du trismus, du rire sardonique, et de l'embarras de la respiration, avec lividité et écume à la bouche. Le D' Charles A Bernard, rapporte deux cas de tétanos trauma> tique soulagés par cet acide. A chaque fois seulement les spas- ' mes de la face, des mâchoires et de la poitrine diminuaient; d'autres retaèdes étant nécessaires pour le reste des symptômes (voir N.-E, médical Gazette, oct. 1882). Cette affinité de l'acide hydrocyanique pour la partie supérieure du corps ne

MATIÈRE MÉDICAI^ CLINIQUE IW

conlrc-indique pas le médicament dans Topistholonos et la rigidité tétanique générale, car dans l'intoxication mortelle le tronc et les extrémités entrent tous en spasme. Dans un cas, les spasmes commencèrent dans les orteils et s'étendirent à loul le corps. Mais l'acide affecte sans aucxm doute plus puissamment la moelle allongée, et en conséquence, les poumons, le coeur, et le larynx souffrent par l'intermédiaire du vague. 11 n'a que peu de ressemblance avec la Strychnine, mais est inalogue à Cicula, Lachesis et Nicotine.

Lachesis a soulagé quand, avec le trismus et le spasme du larynx, il y a le bleuissement de l'asphyxie et que le patient dort dans le paroxysme.

Cicuta virosa contient un alcaloïde volatil, la cicutinc, qui n'a pas encore été isolé. Selon Boehm, cette plante cause le vomissement, la diarrhée, et des convulsions tétaniques, et aussi la syncope et le strabisme. L'huile volatile qu'elle contient est dite être identique à l'huile de cumin, et n'est pas toxique. Mais un extrait résineux alcoolique contenant, selon Trojanowski, de la cicutoxine cause chez les grenouilles des soasmes alternativement toniques et oloniques. I^ respiration est précipitée, l'acte inspiratoire dépassant tellement l'expiratoire que l'animal devient distendu par l'air. Chez les mammifères, le premier effet est une salivation profuse, du tremblement des muscles, et enfin des spasmes. La respiration devient très rapide, puis soudainement se développent des convulsions. .

La respiration, comme avec la Strychnine, est suspendue par les contractions dès muscles respiratoires. Une irritation fait neparaîlre les spasmes ; quand les paroxysmes diminuent, l'animal gît complètement épuisé.

Ces vues sur l'action de Cicuta contiennent les caractéristiques qui ont depuis des années guidé les homœopathes dans le choix de ce puissant remède : soudaine rigidité, puis secousses et violente distorsion, suivies d'une prostration totale. Spasme Ionique renouvelé par le toucher. Grande oppression respiratoire. Serrement des mâchoires ; face rouge sombre ; écume à la bouche. Opisthotonos. Perte de conscience.

La crise dans le cas de Cicuta est plus épilepliforme qu'avec Strychnine, et il y a généralement perte de connaissance. L'excitabilité réflexe est moins marquée dans le premier. La dépression de Cicuta est égalée seulement par Chininum ars,

Tabacum et Nicotinum causent : tète tirée en arrière, avec rigidité des imiscles du cou et du dos ; contraction des paupières et des muscles massétérins ; respiration sifflante par «pasme des muscles laryngés et bronchiques ; alternative de

170 ^ MVriKRE MÉDICALE CLINIQUE

spasmes toniques et cloniques, suivie de relâchement général et de tremblement ; rétraction des muscles abdominaux ; contractions des parties munies de muscles involontair<*s, telles que les intestins, les urelères, etc.; ces contractions sont accompagnées d'une douleur intense, de nausées, d'une sueur froide et d'un collapsus rapide avec asphyxie.

\a} tahac, donc, ngil sur la moelle, ^spécialement sur la moelle allonger, et aussi sur Îps ganglions abdominaux. Ses svTnpfômes tétaniques avec asphyxie ressemblent à ceux de VAcide prussique plutôt qu'à ceux de la Strychnine. Une différence caractéristique entre Tabacum et Nux ressort bien dans leurs applications respeclivos k la colique néphrétique : douleur descendant dans l'urelèro droit dans les parties génitales et la jambe, nausées, vomissements, Nux. Douleurs descendant dans l'uretère avec mal de cœur mortel et sueur froide, Tabacum,

Veratrum album cause des convulsions, avec spasme de la glotte, et constriction de la poitrine allant jusqu'à la suffocation ; les mains et les pieds sont rétractés, et les pupilles resserrées. Vous le distinguerez de Strychnine en ceci : avec Veratrum album, c'est secondaire à dos maladies déprimantes, et jamais ce n'est primitif, comme avec la Strychnine,

Stramonium, comme la Strychnine, cause des convulsions tétaniques, qui sont pires par le toucher et la lumière. I.;i distinction tient surtout en ceci : avec Stram., il y a toujours surtout de la manie, tandis qu'avec Strichnine, l'esprit est lucide jusqu'aux iernières heures de la vie.

Camphor. et Phytolacca sont très semblables à la Strychnine dans los spasmes tétaniques.

Tous deux ont la rétraction des angles de la bouche faisant montrer les dents. Camphor. est indiqué dans les spasmes tétaniques avec froid mortel persistant.

Phytolacca est indiqué quand il y a flexion des mains et def? orteils : les lèvres sont éversées, et il y a alternative de spasmo et de rolûdu^ment des muscles de la face.

En étudiant Nux romica. \ous> \ous rappellerez les remarques préalables.

Je vous dirai maintenant que Nux vomica est complémentaire de Sulphur. Par là, je veux dire que très souvent, après que Nux vomica a fait autant que ses symptômes le j>ermcttent, les symptômes restants trouvent en Sulphur le remède qui complétera la guérison.

Je vais maintenant vous donner le tempérament de Nux vom. Il ne s'ensuit pas nécessairement que vous ne devez pas employer Nux si la constitution n'est pas celle que je vais décrire :

MATIÈRK MÉDICALE CLINIQUE 171

mais il en résulte qu'il agit mieux dans la constitution mentionnée. Nux vom, est mieux adapté aux patients plutôt maigres, cbétifs. Il ne semble pas agir aussi bien sur les gras. Il est spécialement indiqué si le malade est plutôt irascible, prompt, et actif dans ses mouvements. Il a un tempérament nerveux. La fiKîe est plutôt sale ou jaunâtre. Il y a une sorte de fausse pléthore qui donne par moment au patient des joues rouges sur le fond jaune. Généralement aussi vous trouverez que le patient souffre de tout effort de l'esprit, partieulièrement si cette surcharge des pouvoirs de l'esprit est rendue plus forte ou plus pénible par des habitudes sédentaires.

Ainsi, vous le trouverez utile pour ceux qui se privent de sommeil et d'exercice dans la poursuite de leurs études. Vous le trouverez fréquemment indiqué chez les ministres qui prennent très peu d'exercice et qui sont devenus dyspeptiques. Ils ont mal à la lète et sont fatigués le matin quand ils se réveillent. Le malade de Nux reste souvent éveillé la nuit : son esprit est si occupé qu'il ne peut dormir. ï-es pensées courent confusément dans son esprit. Il s'endort longtemps après minuit, et se réveille le matin de bonne heure, à 4 ou 5 heures peut-être. Il se rendort de nouveau; et quand il se réveille encore, il se sent terriblement fatigué, comme s'il avait fait la fête, et son sommeil ne lui a fait aucun bien. Il a un goût amer dans la bouche; la langue est chargée; il se plaint d'un profond mal de tête, et, en fait, de tous les symptômes qui dénotent le surmenage de l'économie. C'est donc là l'espèce de malade, chez lequel vous trouverez Nux le plus efficace.

Le malade de Nux, vous le verrez, a beaucoup de troubles du côté des organes digestifs. Il souffre de mal de tête. Ce mal de tête est situé soit dans Tocciput, soit sur l'un ou l'autre œil, ordinairement le gauche. Quand il est situé au-dessus de rœil, il commence ordinairement le matin, et augmente tout le jour jusqu'à la nuit, et est accompagné généralement par \\n gofit sûr dans la bouche (moins fréquemment par un goût amer), par une accumulation de gaz, et des renvois désagréables. Ceux ci peuvent être associés à des vomissements de nourriture et de matières sûres ; mais le fait principal est le violent renvoi, souvent plus ou moins inefficace, montrant l'état d'irritation de l'estomac. Il a cette particularité du sommeil de se réveiller de bonne heure, à 3 ou 4 heures du matin, et alors de se rendormir une fois, et de se réveiller se sentant plus mal que la première fois. Il y a de la constipation ; et cette constipation consiste, d'une façon caractéristique, en des besoins inefficaces d'aller à la selle^ Ainsi vous voyez qu'elle n'est pns due à l'ato-

aie (lu roclum, mais à une action irrégulière, infidèle. 11 souffre, aussi, de gastralgie, qui est ordinairemenl ompirée en mangeant, mais qui cependant, est quelquefois pire lorsque Testomac est vide. La douleur siège à Tépigastre, et irradie dans des directions variées, dans le dos, etc. I^s paroxysmes ont une grande tendance à revenir périodiquement chaque matin, souvent associés à des vomissements de matières sûres et à des besoins inefficaces d'aller à la selle. I-es douleurs elles-mêmes sont d'un caractère de serrement, de déchirure, comme si une main saisissait l'estomac ; elles sont souvent soulagées par les boissons chaudes. Vous remarquerez que les symptômes que j'ai mentionnés pour Nux vomica, si on les traduisait en langage de pathologie, seraient rangées sous la dénomination d'irritabilité gastrique. IjCs nerfs sont dans un tel étiit d'hypèrexcitabilité, que l'ingestion de nourriture produit des contractions spasmodiques de l'estomac et le rejet de son contenu. Cet état, vous le remarquerez, est semblable à celui du rectum.

Dans cette extrême irritabilité gastrique vous trouverez Mux vnrnica et deux ou trois autres remèdes que nous ne pouvons pas en séparer. Vous traitez un patient qui a été affaibli par une maladie : dès qu'il prend de la nourriture, elle revient. Nux est ici un des remèdes, particulièrement chez les enfants qui sont très excitables, et chez les hommes qui se sont laissés aller à manger d'une façon excessive ou à la débauche.

Dans d'autres cas, où il y a beaucoup de brûlure à l'estomac avec violent rejet de la nourriture, Bismuth est le remède. Le sous-nitrate do Bismuth est le remède pour la gastralgie pure, qui n'est associée à aucun catarrhe ou à aucun symptôme d'indigestion. Les douleurs épigastriques peuvent être brûlantes, constrictl\es, ou lancinantes, et associées à une violente douleur dans le dos, et <^ des vomissements spasmodiques.

Une autre forme de trouble de l'estomac à laquelle s'applique \ux est une dyspepsie dans laquelle il y a une aggravation marquée environ une heure après avoir mangé. Ijb malade se plaint d'une grande faim vingt-quatre heures environ avant que l'attaque vienne. Dans ces cas, il a envie de viande, de bouillon, et d'aliments gras. Il a une soif violente, mais l'eau dérange l'estomac et donne de la distension de cet organe ;* le patient, après un repas môme léger, est obligé de desserrer ses vêtements.

Dans d'autres cas encore, nous trouvons q\x* Arsenic, est le remède, quand en plus des douleurs brûlantes, il y a une agitation intolérable, de l'anxiété, de la soif, etc. Il produit un tableau parfait de la gastrite subniguê.

BdAXlÈHE MÉDICALE CLINIQUE l73

Un autr^ remède de plus de valeur qu'aucun de ceux mentionnés est Kreosote. Kreosoie est un remède pour la faiblesse irritable de Testomac. La nourriture ne peut pas être digérée. Mais je pense que son caractère distinctif tient dans ce fait que, bien que restomac garde les aliments pendant plusieurs heures, ils sont finalement rejelés sans être digérés.

Dans les symptômes gastriques qui suivent une débauche, .\ux quelquefois ne réussit pas,, et quelquefois est contre-iradi que par le tempérament. Dans ce cas Carbo vey. est un bon médicament.

Pidsaiilla est préférable à Nux vom. quand les symptômes ont résulté d'un repas lourd, comme de viande, de pâtisseries, de crème glacée, etc., spécialement si le tempéramenl y correspond.

Dans la constipation, Nux est semblable à plusieurs remèdes. iycopodium a la constipation avec besoins inefficaces, mais ici causés par la constriction du rectum et de l'anus.

Avec Opium, Bryonia, et Alumina, la constipation n'est pas accompagnée de besoins. Opium a la constipation par paresse intestinale ; les selles sont des scybales dures, rondes, fon-

La constipation de Bryonia résulte de la sécheresse du tube digestif. Les selles sont copieuses, sèches et dures.

Une torpeur marquée du rectum est la caractéristique d'Aluïïùna. Même une petite selle demande un grand effort d'évacuation.

Nux vomica a une action marquée sur le foie. H est particulièrement indiqué pour les affections du foie chez les gens qui se sont adonnés à un ejccès de liqueurs alcooliques, à une nourriture très épicée, ou qui ont abusé des purgatifs drastiques. iVux est un des meilleurs remèdes que nous ayons pour combattre l'effet des doses allopathiques. Vous trouverez souvent nécessaire, en entreprenant un cas qui a été traité par l'ancienne école, d'administrer Nux avant de pouvoir vous adresser à ce cas lui-même. Le foie que vous trouverez souvent dans ces circonstances est gonflé, dur, et sensible à la pression des vêtenients. Il y a souvent des coliques qui accompagnent les troubles gastriques et bilieux. Cette colique peut venir de l'accumulation de gaz qui compriment la poitrine, produisant une gêne de la respiration, ou comprimant le rectum et la vessie, développant des besoins d'aller à la selle et d'uriner. Ou bien ce P^ul être une colique hémorrhoïdaire. Par là, je veux dire les douleurs abdominales qui suivent l'arrêt brusque d'un flux hénK)rrhoîdaire. Le patient a été depuis des années, sujet à des

hémorrhoïdes qui saignaient en allant à la selle. Si, pour une cause quelconque, le flux est soudainement arrêté et qu'il en résulte un mal de tête ou des coliques, \ux guérira le malade. Si le foie est augmenté, il faut donner Nux à doses répétées, et vous serez souvent récompensés en voyant le foie revenir à ses proportions naturelles. Sinon, il faut vous adresser à Sulphur, Sepia, ou Magnesia muriat.

Nux vom. est aussi utile dans la jaunisse provoquée par une violente colère, par l'abus de la quinine, ou par une vie trop active. I^e patient a des attaques de défaillance, après lesquelles, il se sent trèfi déprimé ou faible.

Nux peut être aussi indiqué pour le gros foie des buveurs. Ici vous pouvez le comparer à Sulphur, Lachesis, Fluoric.acid., Arsenicum, et Ammonium mur,

Chamomilla peut être employé dans la jaunisse venant d'une crise de colère.

Bryonia est utile dans la jaunisse quand le cas a été amené par l'abus de calomel.

Carduus marianus est indiqué dans la jaunisse avec fort mal de tête, goût amer dans la bouche, langue blanche, spécialement sur le milieu avec la pointe et les bords rouges; Il y a des nausées, avec vomissement d'un liquide vert acide. Les selles sont bilieuses, et l'urine jaune d'or. Il y a une plénitude gênante de la région du foie.

Dans les hémorrhoïdes, Sux pout être utile quand il y a démangeaison, empêchant le malade de dormir la nuit, et souvent assez grave pour obliger le malade à s'asseoir dans un bain de siège froid pour avoir du soulagement. Il y a de fréquente besoins inefficaces d'aller à la selle. Suintement de sang par les hémorrhoïdes. Quoique Nux soit parfaitement indiqué, on ne devrait pas le prescrire, car, bien que dans ces cas il puisse guérir les hémorrhoïdes, il amènera quelque autre trouble plus insupportable que celui qu'il a soulagé.

Les analogues de Nux dans les hémorrhoïdes sont nombreux. D'abord /Esculus hippocastanum. C'est un remède merveilleux dans la plétliore abdominale. Vous le trouverez indiqué quand il y a des battements profonds dans l'abdomen, particulièrement dans la région hypogastrique. Les hémorrhoïdes, qui peuvent ou non saigner, sont accompagnées d'une sensation de sécheresse dans le rectum, comme si de petits bâtons ou do petites échardes piquaient les plis de la muqueuse.

C'est la caractéristique de lEsculus» iEsculus a aussi la sensation de faiblesse à la symphyse sacro-iliaque, comme si le dos était sur le point de céder à cet endroit.

Un autre remède que je v-eux mentiomier sous ce rapport est Aloes, Ce médicament a la pléthore abdominale et la flatulence comme TVux et Sulphur, et les hémorrhoïdes comme Nux, Sulphuî\ et /Esculus. Mais il (liflère de ces remèdes en ceci qu'il agit surtout entièrement sur le rectum, produisant le catarrhe du rectum. Les selles sont accompagnées d'une immense expulsion de gaz.Les hémorrhoïdes sont prolabées comme une grappe de raisins, et sont très soulagées par Teau froide. Il y a aussi une sorte d'incertitude dans le rectum, qui se traduit par une sensation comme si les intestins étaient sur le point de fonctionner. Aloes guérit aussi un mal de tête qui, comme celui de Nux, est situé sur les yeux. Il est accompagné d'une sensation comme si un poids pressait sur les paupières. Soulagement en fermant partiellement les yeux.

Colliiisonia est indiqué dans les hémorrhoïdes quand il y a mie sensation comme de morceaux de bois dans le rectum. La constipation est habituelle. Les symptômes intestinaux sont pires le soir et la nuit. Collinsonia est aussi utile dans le prolapsus utérin compliqué d'hémorrhoïdes. Il est tout à fait aussi sou\ent indiqué dans cet état que l'est Podoph. dans le prolapsus utérin avec diarrhée et prolapsus rectal. Nous trouvons que Collins a un symptôme analogue à un signe de Opium ; des scybales sèches passent à travers le rectum, mais diffèrent de celles de Opium en ce qu'elles sont d'une couleur claire.

Hamamelis convient aux hémorrhoïdes quand il y a une liémorrhagie considérable avec douleur marquée dans les parties affectées. Sensation du dos comme s'il allait se briser.

Nux vom, peut être employée dans la diarrhée survenant après une débauche. Le malade est ordinairement pire le matin. Les selles sont pulpeuses ou aqueuses, et sont caractérisées par leur peu d'abondance et raccompagnement de besoin urgent, celui-ci précisant le caractère de Nux vom. Le patient a des renvois le matin, vomissant peut-être un peu de liquide écumeux ou sûr. Il a en\ ie de liqueur, mais son estomac est si irritable, qu'il la vomit aussitôt qu'il l'a prise. Ces personnes semblent être particulièremenl intolérantes pour le lait.

Nous pouvons donner Nux dans la dysenterie quand il y a un fréquent besoin d'aller à la selle, ce besoin cessant dès que 1«8 intestins fonctionnent. Les selles sont sanglantes, muqueuî^s, et aqueuses, et aussi peu abondantes. Le patient .est plus '>'îi] le matin. Xux est indiqué par ces symptômes, soit que la maladie soit le résultat du froid, soit qu'elle vienne de la sup pression d'une sécrétion, comme la transpiration. Mercurius se distingue de Nux dans la dysenterie en ce que

le besoin urgent d'aller à la selle ne cesse pas avec Tévacuation, quelque libre qu'elle ait été.

Un autre remède analogue dans la dysenterie est Aloes, Ce médicament est utile dans la dysenterie quand il y a une dou leur de conslriction dans l'hypogastre avant la s&lle, très semblable ici à Nux vont. La selle consiste en sang et mucus sortant en masses de gelée. La constriction peut ou non cesser après la selle. De plus, on peut avoir une énorme quantité de mucus re jetée.

Je vais parler de l'usage tle \ux dans la hernie incarcérée, inguinale ou abdominale, et j'en aurai fini avec ses symptômes abdominaux. Nux est indiquée quand le patient se plaint d'une sensation de faiblesse dans l'abdomen, survenant le matin.

Lycopod, peut être employé pour la hernie inguinale droite.

Cocculus ind. est indiqué dans la hernie ombilicale, quand Nux vom. a échoué.

Tk)nsidérons maintenant l'action de Nux sur les différente organes, par exemple les yeux ; nous le trouvons indiqué dans beaucoup de maladies des yeux. En premier lieu, on peut le donner dans la conjonctivite ordinaire, particulièrement quand elle est pire le matin. Cette période d'aggravation est si bien marquée, qu'elle devient caractéristique du médicament. Il y a agglutination des paupières et photophobie le matin. Ces symptômes peuvent aussi indiquer le médicament dans l'ophtalmie scrofuleuse et dans le blépharospasme.

Dans le spasme des paupières, Agaricus est généralement le meilleur remède.

Nux peut être aussi indiqué quand les tissus plus profonds de l'œil sont atteints. Par oxemple on peut le donner dans cctlo terrible maladie, l'atrophie de la réliiie, quelle vienne ou non d'une chorio-rétinite.

Nous le trouvons indiqué, aussi, dans un autre état de la rétine, qui est l'hyperesthésie de la rétine. 11 est indiqué par l'intolérance de la lumière, pire le matin : le moindre essai de se servir des yeux est suivi de douleurs intenses et de mouvements spasmodiques des différents muscles oculaires : a\ec cela, il peut y avoir des larmes excoriantes.

Un autre état dans lequel vous le trouverez indiqué, ce sonl les ecchymoses de la sclérotique, quand une certaine quantité de sang est suffusée derrière la conjonctive. Elles suivent souvent les^ débauches ou les veilles tardives à l'étude, chez les personnes sujettes à la dyspepsie.

Si ces ecchymoses sont d'origine traumatique, alors vous devez penser à Ledum, Arnicay et Hamamelis.

KiATIEBE MÉDICALE CLINIQUË 1^7

Parlons maintenant de Nux vom, dans les catarrhes, Nux correspond aux stades initiaux du coryza ordinaire, particulièrement quand il a été causé par un temps sec et froid, ou parce qu'on est resté assis à un endroit froid, particulièrement sur des gradins froids. La maladie est accompagnée d'éternuemerits. et d'une sensation de nez bouché la nuit et à l'air libre, avec un coryza fluent dans une pièce chaude et pendant le jour. Les yeu pleurent, et il y a une sensation d'éoorchure, d'égratignure dans la gorge.

Elle diiïère de celle de Mercurius, Ce n est pas tant une sensation d'avivement douloureux comme si la peau était enlevée, que de grattement rude. Mercurius est utile dans le ooryza avec sensation d'écorchure et de douleur dans le nez et la gorge, avec aggravation par temps humide.

Puisai, est le remède du rhume niûr, dans lequel l'écoulement est vert et doux. Si Puisai, est prescrit au début, ordinairement il abîme le cas.

Si, malgré l'usage de Nux, le rhume descend et envahit la poitrine, j*ai trouvé que Phosphorus lui succède bien.

Il y a une épisiaxis curable par Nux vom. Elle survient chez les personnes de tempérament hémorrhoïdaire ; elle est ordinairement précédée de mal de tête, avec joues rouges. Ordinairement elle survient la nuit pendant le sommeil, bien qu'elle puisse se produire n'importe quand.

Vux peut aussi être employé dans le catarrhe de la trompe d'Eusiache : il y a des démangeaisons et des tintements le long de la trompe d'Eustache, amenant souvent un désir d'avaler.

Vous trouverez quelquefois des symptômes de la bouche faisant penser à Nux comme remède. Des ulcérations se forment sur les lèvres, qui sont brûlantes et ont des souffrances de perforation. Des ulcérations apparaissent aussi dans la bouche. I^ stomatite de Nux est d'origine gastrique.

U toux de Nux vom. n'est pas très caractéristique ; mais on peut l'employer dans la toux d'origine nerveuse ; par exemple. dans la toux provoquée par le travail mental. On peut aussi l'employer dans la toux d'origine gastrique ; le patient tousse après avoir mangé. Elle est ordinairement accompagnée de sensibilité dans l'estomac et les intestins.

Dans les maladies de la poitrine, nous ne trouvons pas Nux 1res souvent indiquée ; cependant elle est quelquefois utile dans ^asthme. Cet asthme n'est jws ordinairemonl le pur asthme nerveux, mais celui qui vient des désordres gastriques. Il est associé à une sensation de plénitude cl d'oppression dans l'estomac particulièrement après un fort repas, et qui oblige le malade à

MAT. MiD. OL. 12

relâcher tous ses vêtements vers Thypochondre. L'abcloinen csl dislendu de gaz. Lès renvois soulagent cet état asthmatique, l^s symptômes sont toujours accrus par Tair froid et par tout exercice, particulièrement si Ton monte.

Il y a un médicament analogue à Nux vom. qui est souvent laissé de côté par les membres de notre école, et c'est Zingiber. Zingiber, où le gingembre, a un effet tonique sur Testomac, à moins qu'on en abuse. Ce n'est pas une nourriture saine à permettre aux enfants, ou à ceux qui ont une affection des reins, car il favorise plutôt le développement du mal de Brighl. Comme médicament, on peut employer Zingiber dans l'asthme d'origiiie gastrique. L'attaque survient la nuit vers le malin. Lo patient doit s*asseoir pour respirer. En dépit de la gravité des paroxysmes, il semble ne pas y avoir d'anxiété.

Cctrbo veg, et Lycop. peuvent être employés dans l'asthme par irritation abdominale avec flatulence marquée.

Dans Yhémoplysie ou le crachement de sang, Nux vom. est indiqué quand la maladie résulte d'une débauche. L^attaque apparaît après une beuverie ou après une violente émotion, comme une colère. Elle peut aussi résulter de la suppression d*un fllix hémorrhoïdaire.

Nux vom. est un remède utile dans les maladies des organes géililo-ùrinafires. Il est indiqué dans la colique néphrétique, quand l'un ou l'autre rein, ordinairomenl le droit, est le siège de la maladie. La douleur s'étend dans les organes génitaux cl descend dans la jambe. Il y a aussi ordinairement une violente douleur dans le dos. ïci nous devons différencier Nux de quelques autres remèdes : t.ycopodium. Canlharis et Berberis.

Un des meilleurs remèdes loendanl les paroxysmes est Canlharis. qui soulage le patient en diminuant l'irritation locale et permet ainsi à la nature d'évacuer la pierre avec moins de souffrance pour le malade.

Au passage des calculs, je trouve que l'éther intus et extra, est très bon. Il agit mieux ici que le chloroforme.

Belladorma est un autre remède pour les calculs biliairt*}*. ï^s douleurs sont d'un caractère tranchant, frappant ; elles vion nent soudainement et irradient dans des directions variées ;i partir d'un tel point central d'irritation. Le patient devient liévreux et excitable.

Berberis est un excellent remède pour les calculs aussi bien biliaires que rénaux. Les douleurs sont d'un caractère frappant. Le malade ne peut faire le plus léger mouvement et doit rester assis courbé sur le côté droit pour soulager la région douloureuse. Si, en plus, il se plaint de douleurs aiguës, élançantes

.VlATlÈllE MÉDICALE CLINIQUE 179

suivant la direciion de Turetère et s'étendant aux jamjbes, il n'y a pas de remède égal è Berberis. On tro\ive que dans Turifte un dép6t rougeâtre, consistant en mucus, épithélium, et liihatea.

U remède pour guérir d'une façon permanente la lithiase biliaire est Cinchona. Il a été hautement recommandé par le fi' Thayen, de Boston. A moins que d'auU^efi symptômes ne réclameût d'une façon spécifique d'autres médicaments^ mettez voire patient à l'usage de Cinchona et faites-lui continuer pendant plusieurs mois.

Nous trouvons Nux indiqué dans Yhémaiuriej quand elle a les mêmes causes que l'hémoptysie.

Nux votn. est indiquée au&si dans les affections de la ves^sie, particulièrement dans la strangurie avec besoin urgent, douloureux, d'uriner, quelques gouttes seulement d'urin>e passant à la fois, causant de la brûilure et de la cuis&an, et d'autres sensations désagréables.

Quelquefois j'ai noté que, après que la gonorrhé^ a été guérie en tant que ce qui regarde l'écoulement, le malade ae plaint encore d'irritation loin dans l'urètfane, probablement dans la prostate, causant une sensation pénible que le malade rapporte à la racine de la verge. Avec ce besoin d'uriner il y a un besoin d'aller à la selle. Dans la gonorrhée, Nux est utile ^Lprès l'abus de Cubèhe ou de Copahu, quand l'écoulement est peu de chose.

Nux est utile dans les excès sexuels, spécialement pour les mauvais effets de la masturbaiion précoce. C'est un des remè- «Ics utilisés dans ces cas dès le temps d'Hahnemann. Ce groupe se composa de Nux vom,, Sulphur, Calcarea et Lycopôdiunï. Vua: doit être donné quand le sujet a du mal de tête, des émissions involontaires nocturnes fréquentes, spécialement Vers le matin ; il se plaint de mal dans le dos et de diffkulté à marcher. Il ne faut pas répéter le médicament trop souvent, et quand ramélioration de Nux cesse, vous trouverez pr-esque toujours que Sulphur sera le prochain remède qui donnera du mietix au patient.

Calcarea ordinairement succède à Nux et à Sulphur, particulièrement quand des sueurs nocturnes suivent chaque émission; ou, après le mariage, si chaque coîl est suivi de faiblesse physique et intellectuelle.

Lycopodium est indiqué encore plus tard, quand le cas s'est

avancé à la plus complète impuissance ; quand les érections

sont absentes ou imparfaites. Les organes génitaux sont froids

et en quelque sorte flétris (ridés).

Siaphisagria est indiqué pour les mauvais effets de la mas-

180 • MATIÈRE MÉDICALE CLlNIOUE

lurbation, particulièrement s'il y a une grande émaciation, avec des cercles sombres autour des yeux, une figure malsaine, ci de la maussaderie et de la timidité très marquées.

Il y a encore un autre remède que je veux citer dans cet état, et c'est Cobalt. C'est un excellent médicament pour le mal de dos de la région lombaire, suivant les émissions séminales volontaires ou involontaires ; ce mal de dos étant particulièrement intense en étant assis.

Nux est indiqué dans toute une variélc de maladies des organes sexuels de la femme. Nous trouvons que c'est un remède qui a causé, et donc, qui peut guérir le prolapsus utérin. On doit rein[)loyor quand la maladie est d'origine récente, et a résulté d'une torsion soudaine du corps, l'es symplômes sont souvent associés à de la constipation avec besoins inefficaces. Si Nux ne guérit pas entièrement, le meilleur remède à donner ensuite est Sepia,

Les règles, avec Nux vom, sont presque toujours profuses, el généralement de couleur foncée. La patiente a de fréquentes faiblesses au moment des règles, spécialement dans une chambre chaude.

Pendant la grossesse, Nux est un remède utile pour le mal de cœur du matin. La malade se lève le matin hagarde et l'estomac mal à l'aise. Plus les renvois prédominent sur les vomissements, plus vous pouvez attendre de Nux vom. Même il peut y avoir de l'ictère. La peau est malsaine, il y a de la constipation et l'appétit est perdu. Encore plus tard, la malade se plaint d'une grande pression en haut, comme si elle ne pouvait pas respirer.

Pendant le travail, Nux est le remède quand la constipation l'indique. Les douleurs du travail peuvent être très spasmodîques et intenses; la femme a un besoin constant d'aller à la selle et d'uriner. Ce symptôme, quand Nux est le remède, n'est pas dû à des causes mécaniques, comme la pression de la tête de l'enfant, mais est purement d'origine réflexe. Fréquemment vous trouverez des défaillances pendant les douleurs, ou les douleurs siègent dans le dos et descendent de là dans les fesses et les cuisses. Noua pouvons ai\ssi donner Nux quand les douleurs du travail cessent entièrement ou en partie, exactement comme avec Puisai, Le tempérament de la malade vous permettra de décider entre les deux.

Maintenant, l'action de Nux vom. sur la moelle. Elle produit, comme nous l'avons vu en parlant de la Strychnine^ rîrritation des centres moteurs et des nerfs afférents. I>e mal de dos guéri par Nux est celui qui est localisé dans la région lombaire. Il

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osl ordinairement pire la nuit, quand on est couché au lit, et le patient ne [>eut pas se retourner sans s'asseoir. Ainsi il est utile dans le luniKago. Plus longtemps il reste couché dans son lit |p malin, et plus il souffre du dos.

Il est aussi indiqué dans le torticolis, survenant par un refroidissement ou dû à une maladie de la moelle.

Dans l'irritation spinale on peut employer Knx quand le mal de dos que nous Acnons de décrire existe associé aux symptômes suivants : perte de la force des jambes survenant subitement le matin ; les mains et les pieds s'endorment facilement; raideur et tension dans les jarrets, les vêtements autour de la laUle semblent trop étroits ; sensation comme d'un lien autour de la taille ; désir de se coucher ; engourdissement et fourmillements le long de la colonne et dans les extrémités. Ces symptômes indiquent aussi Nux dans la myélite, et dan« les premiers stades de l'ataxie locomotrice spécialement quand la maladie est venue par un refroidissement ou par des excès sexuels.

Physostigma a une symptomatologie presque typique d'irritation spinale. Chaque nerf d'origine spinale est irrité avec ee médicament. La pression du doigt entre les vertèbres fait regimber le patient. Phijfiosligma cause la rigidilé des muscles par irritation méningée. Finalement il donne du Irismus et du tétanos.

Belladonna est le meilleur remède pour la raideur du cou J origine rhumatismale ou catarrhale.

Ambra griaea, comme Nux, répond aux sujets nerveux, maigres, « vidés ». 11 a un engourdissement marqué de la peau. Les différentes parties du corps s'endorment facilement. Il y a aussi de la raideur dans les reins, après avoir été assis,, et de la tension dans les muscles lombaires, pire en se réveillant. Même le scrotum et le pénis semblent engourdis. Quand de tels malades se plaignent de ces symptômes, ils sont aptes à être excessivement ner\'eux et faibles. En même temps, ils sont facilement embarrassés, et parlent et agissent avec hâte. Ils sont entraînés par leur nervosité à un impétueux désir de parler, mais rapidement s'arrêtent (comme Cocculus, Verairum album, ("aie, oatreariun, Ahimina, Sulphur, et Kali carb.). Ij\ conversation et l'exercice les fatiguent rapidement.

Asarum europeum répond à un autre genre encore de nervosité. Il est spécialement indiqué pour les femmes irritables qui sont si excessivement sensibles que même la pensée de l'égraliîrnement d'une soie ou de quelque autre bruit semblable cause une aggravation de leurs symptômes.

Castoreum est indiqué qurtnd les femmes sont nerveuses et

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ne rédgissent pas après une maladie. Aussi on peut l'employer après la fièvre typhoïde, spécialement quand les malades sont sujettes à des maux de tête qui rendent la tête trè& sensible au toucher. Ils sont accompagnés de sensations de démangeaisons, de rampement, qui sont soulagées par le sommeil.

Nux est utile dans le rhumatiame, quand il atteint les grandes articulations et les muscles. Il est spécialement indiqué dans le rhumatisme du tronc. Le gonflement des jointures est ordinairement plutôt pâle. Les symptômes sont presque toujours pires vers le matin.

Le ramollissement cérébral peut être prévenu par Nux vom. C'est particulièrement le remède auquel on doit penser quand des habitudes sédentaires ou des efforts mentaux, aussi bien que l'intempérance, ont produit la maladie ; spécialement aussri chez les personnes qui ont mené une vie trop active. La mémoire est inconstante, le mal de tête survient à chaque essai d'exercice de reeprit. Il a du vertige en se réveillant le matin, et sa démarche e&t vacillante.

Phosphorus est le remède qui, le plus souvent, succède è N^x dans cet état.

H y a un nouveau remède que je voudrais mentionner ici, et c*est VAcide picrique.

C'est un violent poison. On doit y penser quand, après tout effort mental intense, le patient souffre d'un violent mal de tête à caractère battant, et ressenti plus particulièrement à la base du cerveau. Souvent auss-i, il y a de la congestion de la moelle avec accroissement de l'excitation sexuelle, de sorte que Icb érections deviennent presque assez violentes pour arriver au priapisme.

Considérons maintenant Nux vom. dans les fièvres typhoïdes. Pour le choix de Nux dan€ des cas semblables, on est guidé par les symptômes gastriques et bilieux, le goût amer dans la bouche, spécialement le matin, la nausée, le vomissement de bile, et la constipation caractéristique du médicament. La faiblesse qui appartient nécessairement à l'état typhoïde s'exprime avec Nux par une forte inclination à s'étendre, lues nuits se passent dans un sommeil nerveux, excité ; les plus légers bruits font sursauter, n rêve une grande partie de la nuit. Il peut même avoir du délire.

Nux vom. est utile dans les types intermittents de fièvre, quand le frisson est précédé ou accompagné par le bleuissement des ongles; bâillements très marqués. Il y a toujours douleurs dans les membres et le dos; c'est suivi de fièvre et celle-

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ci de sueurs. Pendant l'apyrcxie, il y a prédominance des eymp tomes gastriques et bilieux.

Une particularité de Nux bien digne d*ôtre notée ici est qu'il semble augmenter l'action de Sepia, La même relation existe entre Sepia et Lilium ligrinum^ Sulphur^ et Mercure. Nux vont. est antipathique à Zinc,

Le malade de Nux est toujours mieux après un sommeil ininterrompu. Guidé par ce symptôme, le D' P. P. Wells guérit son ami, le D" Dunham, d'une diphtérie, avec Nux, un symptôme caractéristique du cas étant le soulagement marqué par un somme. Quand le sommeil est troublé, le malade de Nux est toujours plus mal. l>e bonne heure le matin, il est irrésistiblemont assoupi,

jVu2 agit mi^ux quand il C6t donné le soir. Selon Hahniemann, Ws personne* ^nsiblos ne devraient pa^ Iq prendre à jaun le malin ou de» le réveil, car alors de trop forts symptôme» s'ensuivent. On ne devrait pas non plus le prendre immédiatement avant ou après un repas, ou quand l'esprit est en train de faire des efforts,

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