LEÇON XVIII
Anacardiacées
Cet ordre osl lr(>s imporlanl. cnr nous on retirons plusiours médicaments, do grande viilour : 1° VAnacardhun orientai^ qui vieni do TEsl ; t?° VAnacardium occidental, de TOuest ; ou noix d'ac^ajou ; 3® le Comoclndia dcntata, qui est le Rhus commun des parties méridionales des Etats-Unis et de Cuba. Sur les fleurs de cette plante, les abeilles butinent dans certiiines saisons do Tannée. Los porsoniies (jui prennent du miel à ces moments sont sujotles à a\oir une éruption ressemblant beaucoup à Térysipèlo. Comoclndin ressemble beaucoup à Rhus lox. Los deux médicaments 'ont dos douleurs avec soulagement par le mouvement ; les deux fjouvont être indiqués dans Térysipèle ; les deux causent une rougeur éc<arlate du corps, avec brûlure et démangeaison ; les doux produisent de la faiblesse, de rengourdissement, de l'agitation, etc. Les médicaments diffèrent dans leurs symptômes oculaires. Comoclndia a des douleurs dans Tœil droit avec une sensation comme si cet organe était plus gros ou était gonflé à on sortir do la tête. Ces symplomes oculaires sont pires près d'un poêle chaud; tandis que ceux de Rhus sont s<:)ulagés par la même influence. Apis a les symptômes oculaires aggravés près d'un poêle chaud. Comoclfidia ressemble à Euphorb'mm officinarum dans ses symptômes cutanés, même dans les raies rouges sur la peau ; 4** Rhus lox, ou le poison du lierre, que j'étudierai dans une prochaine leçon : 5® Rhus glabra ou le sumac commun : ce n est pas une \ariété de Rhus si vénéneus/^ que celles déjà mentionnées. II a guéri le mal de tête occipital, et aussi les épistaxis venant du côté gauche ; 6** Rhus radicfins, considéré par beaucoup comme identique à Rhus fox.; 7° Rhus renenata, une variété extrêmement toxique. 11 a une grand.? fl?ur d'une couleur brun-ro\igeâtre foncé. C'est presque un ar])n\ croissant quelquefois à la
hauteur de 10 pieds, et ressemblant l)eaucoup h VAilanthus. L'ordre entier de phnittes possède des propriétés toxiques, empoisonnant le sang, et développant mie éruption sur la peau, qui est d'abord \ési<*uleuse et finalement pustuleuse et eczémateuse. Elles peuvent nussi produire im érylhème Si* terminant en érysipèle. Kn déj)il <les similitudes mentionnées, il y a de grandes différences dans leur action physiologique ; en fait, ces différenoes peuvent être si grandes que, sur certains points, ils peuvent avoir une action opposée.
Anacardum or ikntali:.
Anacardhun exerce une action très déprimante sur l'économie, non seulement sur l'esprit, mais aussi bien sur le corps. Il produit une faiblesse de la mémoire; nous trouvons souvent ce symptôme comme résultat des maladies aiguës; par exemple l'exanthèifie aigu comme le small pox. L'éruption d'Anacardium est analogue à celle de la variole. Prenant ces deux symptômes, la perte de la mémoire et les éruptions sinuilant celle de la variole, nous trouvons une excellente raison de prescrire ce remède quand la perte de la mémoire survient comme séquelle de cette maladie.
Anacardium peut aussi être utile quand la perte de la mémoire survient chez des personnes <^gées, ou comme le résultat d'un ramollissement cérébral.
En plus de cet effet sur rintelligence, nous trouvons que le rarnrfère émotif est très tremblé : le malade d' Anacardium imagine qu'il entend des voix lointaines qui lui parlent.
Il y a ici quelque chose comme Siramonium. Il a une sen satîon comme s'il avait deux \olontés, l'une lui commandant de fa^^e ce que l'autre défcMul. Ce n'est pas un symptôme rare dans la fièvre typhoïde, dans l.afpielle les plantes qui em|X)isonnent le sang, comme celles que nous considérons, peuvent ê-tre extrêmement utiles. Cette sensation, comme si le malade avait deux volontés, se trouve aussi avec d'autrVs médicaments. On la trouve par exemple avec iMchesis qui a. on se le rappelle : •( Le malade pense qu'il est sous la domination de quelque pouvoir surhumain. » Un symptôme semblable se trou\e aussi avec Beltadonna,
Un autre état mental caractérisant Anacardium est la propension à blasphémer. Ne supposez pas que je recommande Anac. pour la guérison de l'impiété quand elle existe comme
1^02 MATIÈRE MÉDICALE OLINIQLL
résulUl (Jalïaiblisseineiit moral, loin de là. Cependant, quaiid la disposition à blasphémer survient comme un ré&ultat d'une maladie iiientak, Anac. peut l'aire œuvre utile. J'ai Une fois soigné un ministre qui montrait un penchant remarquable à des paroles impies ; malgré hms ses eiïort», il n'y pouvait rien. Ce trouble ne l'avait pas atteint, jusqu'à ce qu'il eût aouiïerl d'un mal de lèle particulier, caractérisé par une sensation comme s'il avait une cheville dans la tète. Aiuicardium produisit dans ce cas une guérison complète.
Un autre remède produisant une disposition à blasphémer est Nitric. acid.: mais je ne l'ai jamais vu produire aucun l)i<in dans ces cas, excepté après l'abus <le mercure. I^ malade s'imagine qu'elle a un diable en elle. Elle a l'idée fixe que son corps et son esprit sont séparés. Elle s'imagine que son enfant n*est pas à elle. Je veux aussi appeler votre attention sur un symptôme du médicament, sur l'autorité du D' Talootl, d« Middletown, qui est l'impulsion au suicide par coup de feii, symptôme qu'on trouve aussi avec Antim. crudum.
Nous trouvons aussi qn Anac. est un remède pour les effets mauvais de l'hyperactivité de l'esprit, jiour la fatigue mentale, en d'autres termes. Le travail mental amène un mal de tôle déchirant, les douleurs étant situées surtout dans le front et la partie postérieure de la face. Dans d'autres cas, le mal de tête peut revêtir une forme différente, dans laquelle le malade se plaint d'une sensation comme si une cheville était plantée dans une partie de la tête, ou d'une sensation de constriction comme si un lien était noué autour de la tête. Ces maux de tête d'Anacnrdiiim sont assoeié^s à une grande irritabilité mentale qui, cependant, n'est jamais assez grande pour amener le patient à bla-sphémer.
Anacardium développe aussi de l'hypochondrie : le malade a tendance à être abêti et alourdi dans sa contenance, et très déprimé. Cc^ symptômes mentaux ont souvs^nt leur origine dans les symptômes iiastriques.
Les stiniptônii's gastriques d' Anacardium sont les suivants : qui sont très 4'aractéristiquos. Vous verrez que le malade a faim constamment; qu'il s<» sent mieux en mangeant, mais plus mal après avoir mangé. Il est enclin '^ la constipation : il y a fréquemment un besoin d'aller à la selle: mais quand il se présente, le besoin cesse. Le rectum semble sans forces : il se plaint comme si une masse de quelque substance étrangère était dans le rectum : ce symptôme n'est pas le résultat mécanique de la rétention fécale. Ici on note de nouveau la sensation comme d'une masse de substance étrangère s'opposant S la fonction
normale de Torgane. Ces symptômes &ont plus communs qu'on oe pense. Quand ils surviennen*t» nous sommes plus habitués à penser à Nujr, Ignatiu^ et Sulphur, et à oublier Anacardium,
Anac. ressenible spécialement à \ux pour la nausée du ma- Im. Comme Mux, il peut être utile pour le mal de cœur matinal de la ç?ros9t}fts<? ; la malade ^st <K>ulagé€ pendant qu'elle mangct mais les symplijmos reviennent aussitôt après. Il y a aussi une ressemblance dans les »ym[>tômes mentaux des <loux médicamente. En quoi <liiïèiHMil-ils ? Il y a une difféi-em^.c^ essentielle dans les pathologie^ rh^ eas demandant ces remèdes. Tandis que vous noterez quMmw:. a le besoin d'ailer à la selle, il a aussi en plus utio impuissance ou une inauffisance du rectum* montrant ainsi un état parétiqu« qui n'appartient pas à Xux rom., ce dernier j^épondant à une irrégulariié de l'action péri«taltique intestinale. Ainsi cette sensation comme d'une masse dans le r«cVum ne se trouve pas avec Nux vom*
Sepia est semblable à Anacardium, Ce remède a le besoin comme si quelque substance étrangère se trouvait ilans le rectum ; une «xmstante «ensation de plénitude dans le rectum,mème après la garderobe. En ]>lus, il a Tinactivité du rectum, de telle sorte qu'une selle même molle, est difficilement expulsée. Il est vrai que ces symptômes de Sepia réclament presque toujours la présence de quelque maladie utérine pour que ce soit le remède.
N'oubliez pas la distinction que je vous ai donnée entre Nux et Anacardium ; je vous le réitère parce que je sais que souvent nous donnons iVu,r quand nous flevrions donner Anacardium.
Un médecin français a reconmiandé Aiuxcatdium comme un médicament inestimable dans les hémorrholdes internen, 11 administre le médicament ù la 30^ dil.. plusieurs fois par jour, pendant des semaines. Il proclame avoir fait beaucouf) de giiérisons : je n'ai pas été en mesure de confirmer son ex])érienee.
Le même médecin emploie Lotnimn album pour h*s hémorrhoïdes externes <
Kturlions maintenant l'action d'/lnacarcimm sur la peau, \on^ le trouvons utile quand la face est gonflée, papticulièrem<Mil rhi côté gauche^ ôt couverte de ^lelites vésicules (|ui ont une up|>npence pustuleuse. Elles sont ombiliquées ; ell'^î^ peuvent aussi se trouver sur d'autres parties du corps. Elles laiss(*nt éeoulei' une sérosité jaunâtre qui se durcit en croûtes à l'air libre. La démangeaison est extrême, assez grande même pour obliger k malade à enfoncer les ongles dans la peau. Ces symptômes cutanés août Motivent accompagnés de quelques-uns de ces symptômes gastriques que j'ai notés.
204 ^ MATIÈRK MÉDICALE CLINIQUE
IJAnacardium occidentale ou noix d'acajou, cause une éruption v(''siculairc orrlinairement sur la face, mais aussi sur d'au- 1res ])arties du corps, et démangeant d'une iaçon presque intolérable, comme on peut s'y attendre, et avec formation de pustules ombiliquées connue dans la variole. Il produit une éruption érysipélatouse sur la face, ef s*étend ainsi de gauche à droite. Maintenant, ceci est dans les pathogénésies. Vous vous souvenez que j'ai dit que lorsque dans une pathogénésie les symptômes vont dans une direction, le remède produisant les symptômes doit guérir une maladie allant dans la direction opposée. Par exemple, dans la pathogénésie de Rhus, l'inflammation érysipélateuse va de droite à gauche, d'où il guérit Térysipèle allant de gauche à droite. Comme Anaeardium a les symptômes analogues à Rhus, mais allant dans une direction opposée, il i>eut agir comme antidote de Rhus,
Parlons maintenant de l'action d'Aune, orientale sur le cœur. Anac. est indiqué dans les [)alpitations de coeur, particulièrement chez les vieillards, quand elles compliquent de petits malaises tels que le coryza ordinaire. Tolte palpitation est souvent associée à une diminution de la mémoire.
Nous le trouvons aussi indifiué dans les affections rhumatismales du péricarde, dans la péricardite rhumatismale caractérisée par des points piquants aigus à travers la région Ciirdiaque; ces points étant ^louhles, c'est-à-dire que l'un vient d'abord et est tôt suivi d'un ;intre, et qu'il y a alors ini long intervalle.
Nous dirons maintenant quekjues mots de l'action d'Anne, sur l'épine dorsale, le dos et les membres. Anac. peut être choisi dans les maladies de la moelle. Les symptômes qui l'indiquent ici sont une sensation comme si un lien était noué autour du corps, comme si une che\ille était fichée dans la colonne \^rlébrale, de sorte que tout mouvement du corps donne naissance à une douleur comme si la cheville s'enfonçait ainsi j^lus profondément dans le corps. I^es genoux, en particulier, paraissent très faibles dans ces affections spinales. Ils semblent comme paralysés. I^ patient peut à peine marcher et, en plus, a inie sensation comme si les genoux étaient étroitement bandés.
En regardant dans les travaux de Ha'iminghausen, vous trouverez qù'Anac. a une action sur V nrticulalion du genou. Vous verrez aussi que Puisât, agit sur la même r-'^gion. Le gonflement d' Anaeardium a un caractère chronique, et est accompagné d'ime sensation comme s'il y avait une ulcération sous la peau.
Anac, vous vous le rappellerez, n'est pas antidote par Rhus lox., bien que, dans certaines circonstances, ce soit un antidote
KtÀTIÈRE MÉDICALE CLINIQUE 205
de ce médicam-eiit. Mais il est antidote par Juglans et aussi par du café fort sans sucre ni lait,
\ous en arrivons maintenant aux différentes variétés de Rhus. Rhus lox., comme je Tai déjà dit, sera étudié complètement dans ma prochaine leçon. Je \ais dire quelques mots sur Rhus radicans et sur le traitement antidotal de l'empoisonnement par Rhus, Rhus radicans est iiaulement recommandé pour le mal de lêle occipital associé à de* la raideur rhumatismale de la nuque. On a suggéré beaucoup d'antidotes à Tempoisonnement par Rhus, L'un des meilleurs est CroUm tifjlium. Celui-ci, appliqué localement, et aussi quand il est pris à l'intérieur, produit une éruption presque identique à celle de Rhus lox. D'abord apparaît un érythème avec une inflammation marquée et un enfoncement à la pression. De petites vésicules se forment, très confluentes, accompagnées d'une démangeaison presque intolérable, <le brûlure, et de picotements. Les vésicules se rempliss<Mil d'une sérosité jaunâtre et finalement se rompent et forment des croûtes plus ou moins épaisses.
Ammonium carb. a aussi été suggéré. On peut remployer inlus et extra. Il produit une éruption rouge, avec beaucouj) de brûlure et de démangeaison, pire la nuit. I^^s médecins Oi'cidcntaux ont, depuis longtemps, employé Grindella robusta. Il est peu en usage ici.
On doit penser à Arsenicum (juand l'éruption est accompai^née de douleurs ardentes, brûlantes, <lans la j)eau, avec gran<le agitation.
L'empoisonnement chronicpiv par Rhus trouve son meilleur remède en Graphites.
Grindelia robusia, dont je viens de parler si brièvement, est un merveilleux médicament en raison de son action sur les pneumogastriques. Il semble produire une parésie de ces nerfs, <le U*lle sorte que. lorsque le malade se laisse aller au sommeil, il s'arrête de respirer et ainsi, est réveillé par le désir d'oxygène. \'ou.s voyez qu'il va ici de pair avec Lachesis et Geslemium,